MORT OU VIF (Sam Raimi)

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REALISATEUR

Sam Raimi

SCENARISTE

Simon Moore

DISTRIBUTION

Sharon Stone, Gene Hackman, Russell Crowe, Leonardo DiCaprio, Lance Henriksen, Pat Hingle, Keith David, Gary Sinise…

INFOS

Long métrage américain
Genre : western
Titre original : The Quick and the Dead
Année de production : 1995

Le scénariste Simon Moore a terminé le premier jet de son script pour The Quick and the Dead (Mort ou Vif en version française) en 1992, l’année qui a marqué un nouveau regain d’intérêt pour le western suite au succès de Impitoyable de Clint Eastwood. Pendant les trois ans qui ont suivi se sont ainsi succédé des longs métrages comme Tombstone, Wyatt Earp, Belles de l’Ouest, Frank & Jesse ou encore Wild Bill. Moore a pensé son scénario comme un hommage aux westerns spaghettis de Sergio Leone, mais avec une femme au sombre passé en tant qu’héroïne pour apporter une dynamique différente à ce genre d’histoire.

Sony a fait l’acquisition de Mort ou Vif en 1993, spécifiquement en tant que « véhicule » pour Sharon Stone. L’actrice, auréolée du succès de Basic Instinct, s’est impliquée en tant que co-productrice et c’est elle qui a choisi Sam Raimi à la mise en scène parce qu’elle avait apprécié son travail sur Evil Dead III : L’Armée des Ténèbres. Sharon Stone a également imposé Leonardo DiCaprio (qui n’était pas encore la star internationale qu’il allait devenir peu de temps après grâce au Titanic de James Cameron) pour le rôle du Kid et un inconnu du nom de Russell Crowe (pour son premier film américain) dans celui de Cort, le pistolero repenti.

L’intrigue de Mort ou Vif joue avec à peu près toutes les figures imposées du genre. Dans la petite ville de Redemption, dirigée par le tyrannique Herod (références bibliques, tout comme le titre The Quick and the Dead), un tournoi du meilleur tireur se déroule tous les ans. Herod le remporte à chaque fois et se sert de l’occasion pour resserrer son emprise sur les habitants. Pour la première fois, une femme s’inscrit au concours. Et elle n’est pas peut-être pas si étrangère que ça à l’histoire de Redemption…

Sur ce plan, Mort ou Vif est assez prévisible…mais loin d’être inintéressant pour autant. Le film est porté par une très bonne distribution, avec un Gene Hackman qui n’a pas à se forcer pour voler la vedette à l’actrice principale dans le rôle du détestable Herod. Et j’aime beaucoup le défilé de tronches qui constitue les participants au tournoi (avec une préférence pour des seconds rôles toujours impeccables comme Keith David et Lance Henriksen).

Et ce qui rend Mort ou Vif divertissant, c’est bien son style, la signature visuelle typique de Sam Raimi qui en fait un western baroque qui flirte régulièrement avec l’horreur et le cartoon, les marques de fabrique du réalisateur d’Evil Dead. Il y a onze gunfights dans le film, jusqu’à l’explosif final (imaginé par un Joss Whedon non crédité, le créateur de Buffy faisant souvent office de script doctor à l’époque), mais ce n’est pas répétitif car chaque affrontement est filmé et orchestré d’une manière différente. Mort ou Vif a souvent été comparé à un exercice de style…et dans un certain sens, ce n’est pas faux…mais ce n’est pas un exercice de style creux.

L’échec de Mort ou Vif a tout de même poussé Sam Raimi à se remettre en question et c’est pour cela que son long métrage suivant, le très bon thriller Un Plan Simple sorti en 1998, se repose plus sur ses acteurs, en mettant les effets de côté.

2 J'aimes

J’adore ce film ! C’est une véritable réappropriation des codes du western, visuellement fulgurant et surtout, jamais cynique, ironique ou parodique (ce qui lui a souvent été reproché).
Ce qui est fascinant, c’est que sous ses airs extrêmement divertissant (dû au style de Sam Raimi qui personnalisé chaque duel, dans une volonté jusqu’au boutiste de cinéma comme art visuel), le film est cruel.
C’est une vraie tragédie, revoir ce film en ne se focalisant pas sur l’esthétique du film permet de constater qu’il traite d’infanticide, de parricide, de prostitution infantile et de pédophilie, d’une société sans foi ni loi. Même la scène dénudée « imposée » ne l’est pas ! Le film se sert de l’icône Sharon Stone pour créer un personnage qui se sert de sa sexualité pour manipuler son interlocuteur à des fins personnels.
L’un de mes Raimi préférés, parce qu’il n’est pas qu’un exercice de style, n’est pas un banal véhicule pour star (qui a su s’entourer de talents confirmés ou en devenir) , c’est un vrai film d’auteur, qui assume son parti pris baroque et tragique !
Une pépite !

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