EVIL DEAD III : L'ARMÉE DES TÉNÈBRES (Sam Raimi)

REALISATEUR

Sam Raimi

SCENARISTES

Sam Raimi et Ivan Raimi

DISTRIBUTION

Bruce Campbell, Embeth Davidtz, Marcus Gilbert, Ian Abercrombie…

INFOS

Long métrage américain
Genre : aventures/comédie/fantastique
Titre original : Army of Darkness
Année de production : 1992

Chez Prix Bas, les prix sont bas !

À la fin du génial Evil Dead II, Ash Williams, le héros de la saga, est aspiré par un vortex temporel et projeté au Moyen-Age pour y poursuivre son combat contre les Cadavéreux (Deadites en V.O.). Il s’agit d’une idée qui aurait pu servir de base au second opus, mais le budget modeste accordé par l’italien Dino De Laurentiis, qui a financé le film sur la suggestion de Stephen King, n’a pas permis de la concrétiser. Sam Raimi l’a donc réservé pour ce qui était alors un hypothétique troisième épisode qui a mis 5 ans à arriver sur grand écran.

Evil Dead II ne fut pas un succès au box-office aux Etats-Unis, ce sont les bons résultats à l’international qui décidèrent Dino De Laurentiis à poursuivre l’aventure avec Sam Raimi. L’étape de l’écriture du scénario de Evil Dead III, sur lequel Sam Raimi a travaillé avec son frère Ivan, eut lieu pendant la production de Darkman qui se révéla être un succès pour la Universal. Dino De Laurentiis, qui avait signé avec le studio un contrat portant sur plusieurs films, n’eut donc pas de difficultés à inclure Evil Dead III au deal. Evil Dead III est donc devenu un film de studio…et ce faisant, Sam Raimi et ses équipes ont perdu une partie de leur contrôle sur la série…

C’est Universal qui imposa le titre original Army of Darkness, afin de différencier le long métrage des deux premiers épisodes. Le studio a également fait changé la fin, jugée trop négative (Ash prend une potion qui le plonge dans un long sommeil…mais il se trompe dans le dosage et se réveille dans un futur post-apocalyptique), et ajouté un nouveau prologue qui contredit les événements précédents (mais la continuité n’a de toute façon jamais été le fort des Evil Dead). En déposant le titre Army of Darkness, Universal a pu vendre la licence pour des produits dérivés (dont de nombreux comics), sans que Sam Raimi et Bruce Campbell puissent y redire quelque chose.

Mais malgré ces problèmes dans les coulisses, et un budget qui n’a jamais été suffisant (ce qui explique notamment certains aspects cheap de la production…il y a tellement peu de figurants qu’on retrouve le frangin Ted Raimi dans plusieurs rôles), Sam Raimi a pu parachever la transformation de la saga Evil Dead, les éléments comiques prenant de plus en plus d’importance et l’horreur des débuts laissant place à une héroïc-fantasy référentielle.
Dans L’Armée des ténèbres, Sam Raimi invoque Un américain à la cour du Roi Arthur de Mark Twain, les films de Ray Harryhausen (Jason et les Argonautes, Le Septième Voyage de Sinbad…) et les gags des Trois Stooges (comme pour les précédents opus de la trilogie) pour une aventure frénétique qui ne laisse pas le temps de souffler.

Evil Dead III : L’Armée des Ténèbres est bien entendu un festival Bruce Campbell, qui donne à nouveau de sa personne dans une suite de scènes délirantes et jouissives. “Incompétent dans presque tous les domaines sauf pour combattre les Deadites” (dixit Bruce Campbell), Ash doit à nouveau combattre les manifestations de son côté obscur (la fabuleuse et cartoonesque scène du moulin avec les mini-Ash et la création du Evil Ash) avant de retrouver le Necronomicon. Mais comme il est incapable de se rappeler d’une formule magique composée de trois mots, Ash se plante et réveille l’Armée des Morts. Une péripétie hilarante, qui doit énormément au slapstick des Trois Stooges, comiques très célèbres aux Etats-Unis entre les années 30 et 60 !

L’assaut de l’armée des squelettes, qui emploie plusieurs techniques dont l’animation image par image, est un superbe hommage aux longs métrages du grand Ray Harryhausen, au son d’un excellent thème composé par Danny Elfman, la “Marche des Morts”. Et ce n’est que le début du passage obligé que représente l’attaque du château, truffé de morceaux de bravoure et de dialogues savoureux.

Groovy !

Sam et Ivan Raimi ont eux-même adapté leur scénario en comic-book (publié à l’origine par Dark Horse puis réédité par Dynamite).
La partie graphique est signée John Bolton.

Une tuerie … un classique