QUELQUE PART DANS LE TEMPS (Jeannot Szwarc)


(Le Doc) #1

V1

REALISATEUR

Jeannot Szwarc

SCENARISTE

Richard Matheson, d’après son roman Le Jeune Homme, la Mort et le Temps

DISTRIBUTION

Christopher Reeve, Jane Seymour, Christopher Plummer, Teresa Wright…

INFOS

Long métrage américain
Genre : drame/romance/fantastique
Titre original : Somewhere in time
Année de production : 1980

Dans le roman Le Voyage de Simon Morley de Jack Finney (que je n’ai pas lu), le héros-titre voyage dans le temps d’une manière tout à fait particulière, en s’immergeant dans l’histoire de l’époque voulue et en s’y projetant en utilisant l’auto-hypnose. Ce concept, qui aurait été inspiré à l’auteur de L’Invasion des Profanateurs par un essai paru en 1964 (L’Homme et le Temps de John Boynton Priestley), a fasciné Richard Matheson (Je suis une Légende, L’Homme qui rétrécit) qui préparait lui aussi sa propre histoire de voyage dans le temps, Le Jeune Homme, le temps et la mort (que je n’ai pas lu non plus, je le précise).

Le héros de Quelque part dans le temps (le titre choisi pour l’adaptation cinématographique dont Matheson a lui-même signé le scénario) est Richard Collier, un auteur de théâtre en panne d’inspiration qui décide de passer quelques jours dans un hôtel de luxe chargé d’histoire. Là, Collier est captivé par le portrait de Elise McKenna, une actrice qui s’est produite dans ce même hôtel soixante ans plus tôt, en 1912 (dans la réalité, Matheson avait également fait une fixation sur la photo d’une comédienne de la même période, point de départ de l’élaboration de son roman).
Ce portrait l’obsède tellement qu’il est persuadé que son destin et celui de Elise McKenna sont liés…et qu’il doit la rejoindre à tout prix…quelque part dans le temps…

Pour son premier rôle post-Superman, le regretté Christopher Reeve a livré une prestation passionnée et habitée. L’acteur a même demandé au réalisateur Jeannot Szwarc de ne pas voir la fameuse photographie de Elise McKenna (superbe Jane Seymour) jusqu’au jour du tournage, afin que la caméra capture l’intensité de sa réaction, la naissance du sentiment amoureux qui s’empare de son personnage (et une très jolie idée liera cette photo à cette scène par delà les décennies). Une très belle prise, magnifiée par les choix du chef-opérateur Isidore Mankofsky…

La force de l’obsession amoureuse est le moteur du voyage dans le temps de Richard Collier et je pense que c’est quelque chose qui n’a pas du être facile à restituer à l’écran. Mais grâce à l’interprétation fiévreuse de Christopher Reeve et aux subtiles idées de mise en scène (qui met plus l’accent sur le montage et les fondus enchaînés que sur les effets spéciaux), l’auto-suggestion qui déclenche le transfert temporel de Richard Collier fonctionne pleinement.

Quelque part dans le temps est le plus beau film d’un Jeannot Szwarc (Les Dents de la Mer 2, Supergirl, Hercule & Sherlock…et une flopée de séries TV) qui n’a plus jamais été aussi inspiré. La reconstitution d’époque est soignée, la direction d’acteurs est excellente et cette romance ménage de très beaux moments. Il y a de l’humour lors de l’arrivée de Richard Collier en 1912, un petit côté vaudeville savoureux. De l’émerveillement sur le visage du héros quand il se rend compte du côté fantastique de son expérience. Et des passages qui vont droit au coeur, notamment lorsque les deux amoureux se rencontrent, comme si le temps lui-même les avait attirés irrésistiblement l’un vers l’autre. Il y a de la mélancolie, aussi…

Christopher Reeve et Jane Seymour sont absolument touchants…et Christopher Plummer est comme à son habitude très bon en élément perturbateur. Porté par la bande originale de John Barry (qui fait un bel usage de la Rhapsodie sur un thème de Paganini de Rachmaninov), Quelque part dans le temps est un long métrage furieusement, douloureusement romantique, jusque dans ses derniers instants.


(Marko) #2

Un excellent film, trônant en haut du podium de la filmographie de Reeve, aux côtés du premier Superman.
En bon fan de certains films de Schatzberg (Panique à Needle Park et surtout L’Épouvantail), il faudra un jour que je prenne le temps de découvrir La Rue.


(Jim Lainé) #3

J’adore ce film. Et le couple d’acteurs est méga-glamour.

Jim


(Vik) #4

Il est très chouette ce film. J’étais tombé dessus complètement par hasard il y a quelques mois. Même si la fin est assez prévisible, l’ensemble est tout de même touchant.