RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

Pareil : j’avais relu ça il y a quelques années, ça reste bordélique, mais c’est plus compréhensible si on a lu « Citizen Kang ».

Alors le paradoxe de ce genre de lectures, pour moi, c’est que ça manipule plein de détails de la continuité, et en tant que tel c’est séduisant, surtout pour un vieux lecteur dans mon genre, parce que j’aime bien ce principe de fouiller dans ce qui a été fait pour en tirer quelque chose. C’est pour ça que des trucs comme « Korvac Quest », je n’en ai que des morceaux alors que j’aimerais bien les lire en entier.
Cependant, dans le cas présent, c’est mal fait. Pas seulement parce que c’est pas bien dessiné. Mais aussi parce que des tas de trucs sont oubliés en cours de route. Vision a donc des composants fabriqués par Kang ? Hop, oublié. Thor et Cap sont perdus dans le temps au milieu de Chronopolis ? Paf, récupérés au détour d’une case. Les meilleures idées sont celles que les deux scénaristes laissent sur le côté. Dommage.

Jim

Je l’ai lu là aussi.

Il est dans l’Epic suivant, que je n’ai pas encore lu (le n°24).
J’ignore si la suite est déjà sortie, d’ailleurs.
C’est un plaisir de se plonger dans ces épisodes, dont je n’ai que des bouts.
(et de lire ENFIN toute la saga de Black Knight par Bob Harras)(oui, on ne se serait pas douté que c’était ma motivation pour lire tout ça)

Justement un des « tp » numerique que sort Comixology… le seul que j ai pris car les Epic ne prennent que les annuals individuels… et donc pas en entier…

Merci pour toutes ces précisions. Les Epic, je les prends petit à petit, mais ils sortent un peu trop vite pour moi…

Apparemment, d’après ce que disait Tsouin quelques années plus haut, il est disponible dans le premier tome de la réédition des Gardiens de la Galaxie par Jim Valentino.

J’ai bien l’impression qu’ils ne sont plus commercialisés, mais je me tournerai vers l’occasion.
De mon côté, je n’ai que le TPB de 1992, qui ne reprend que les six premiers épisodes. J’en ai parlé ici :

Jim

fais gaffe car ils sont vite Out of Print. Certes, Marvel les reedite au bout d un moment mais le moment peut être long…

Et puisque l’on parle de Kang, je profite de l’occasion pour remettre un coup de projo sur un très sympathique TPB, qui ravira sans doute les lecteurs qui préfèrent sélectionner certains récits plutôt que compléter d’interminables collections.

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Avengers: Kang Time and Time Again se focalise sur le voyageur temporel épris de conquête qui enquiquine nos amis Vengeurs depuis la période Kirby. Il reprend sur la couverture une illustration de John Buscema tiré de la période Roger Stern, mais le sommaire compile différents épisodes plus ou moins marquants de la carrière du super-vilain.

Tout d’abord Thor #140, qui oppose le dieu du tonnerre au Growing Man, un androïde serviteur de Kang qui grossit à mesure qu’on lui tape dessus (pour faire court). L’épisode propose quelques images fortes, parmi lesquelles ce fameux tourbillon créé par Mjolnir, au milieu duquel Kang parvient à s’échapper, et qui est souvent cité dans les flash-backs.

Arrive ensuite la fameuse trilogie opposant le tyran temporel au Grand Master dans un duel ayant pour enjeu la vie de Ravonna. L’histoire se déroule dans Avengers #69 à #71, c’est écrit par Roy Thomas qui n’en est pas encore à s’écouter boucher les trous de continuité, et c’est illustré par Sal Buscema, sur qui l’encrage de Sam Grainger fait des merveilles.

Cette trilogie permet d’opposer les Vengeurs (avec une jolie Janet qui semble avoir oublié son costume d’héroïne dans sa penderie) à une première version du Squadron Sinister (détournement de la Ligue de Justice dans l’esprit de Thomas) puis aux Envahisseurs (on en a parlé un peu plus tôt en évoquant les rééditions de la série Invaders), autre fascination du scénariste.

Enfin, ce dernier revient sur le personnage du Black Knight, qui a déjà fait un peu de figuration dans la série et dont l’intervention ici lui vaudra d’être accepté dans l’équipe officiellement (c’est d’ailleurs l’une des astuces du scénario, que je laisse découvrir aux amateurs). Bref, entre détournement des figures de la concurrence, évocation de ses lectures d’enfance et souci de la continuité, ces trois épisodes sont vraiment représentatifs du travail du scénariste à cette période).

Le sommaire accueille ensuite Hulk #135, qui marque la rencontre fugace entre le Titan Vert et Kang, ce dernier projetant le monstre d’émeraude dans le passé, ce qui nous permet de voir en action l’aviateur appelé Phantom Eagle. Herb Trimpe saisit l’occasion de dessiner ce personnage qu’il affectionne (en bon fan d’avions), et livre des planches qui rappellent le dessinateur classique mais généreux qu’il était avant de saborder son style dans l’espoir d’avoir du boulot à l’époque où l’esthétique « à la Image » saccageait tout le paysage éditorial.

Tout ceci sert de mise en bouche avant la réédition d’une autre trilogie marquante concernant Kang, celle que Roger Stern, John Buscema et Tom Palmer consacre au personnage dans Avengers #267 à #269, soit presque deux cents épisodes après Thomas.

Dans le premier épisode, les lecteurs assistent à l’arrivée de Storm parmi les héros, et découvrent, au bout de quelques courtes pages, que Kang parvient à les détruire tous, mais qu’il s’agit d’un monde parallèle et qu’en réalité, il y a de nombreux Kang, nés de créations de réalités alternatives, et que celui qui dirige le « Council of Cross-Time Kangs » s’arrange pour sélectionner les doubles de lui-même qui y siégeront. Une idée qui révolutionne le personnage et lui redonne un intérêt que ses tentatives répétées de se débarrasser de ses adversaires avait sérieusement émoussée.

Ce premier épisode met en lumière, une fois de plus, le talent de Roger Stern : il raconte plein de choses en peu de temps avec une limpidité sans faille ; il bouleverse le statu quo d’un personnage important sans rien chambouler de son passé ; et enfin, il déploie une caractérisation impeccable, pour ses héros, ses vilains, ses personnages secondaires avec une équité qui force le respect. Du travail d’orfèvre.

C’est l’époque où Namor vient de rejoindre le groupe. Le scénariste prend donc le soin de mettre en avant les choses que les uns et les autres savent ou pas (Cap dit « Kang », Namor croit entendre « Krang », ce qui permet de les caractériser, même chose pour le jargon scientifique, dont l’usage plus ou moins altéré permet de filer de l’information au lecteur tout en laissant transparaître les traits psychologiques de chacun des personnages).

À la recherche de leurs équipiers perdus dans les limbes, les héros vont renouer avec ce que l’on sait de Kang et de sa biographie, revoir le Space Phantom ou le GrowingMan, croiser Immortus, etc… C’est l’occasion aussi pour le scénariste de faire le point sur ce que sont les « Limbo » en question, et notamment d’évoquer celles où Rom plonge ses ennemis, les Dire Wraiths : un peu d’éclaircissement de continuité en passant ne fait jamais de mal.

Splendide trilogie faisant le point sur le personnage, cette « Kang Dynasty » synthétise tout le charme de la série : des aventures exotiques, des vilains surpuissants, une équipe pleine de charme, des idées SF, une continuité forte mais pas encombrante… Comme souvent chez Stern, le super-vilain apparaît plus puissant que jamais, plus menaçant (il l’a déjà fait avec le Beetle dans Spectacular Spider-Man, avec Egghead dans Avengers, il le refera avec les Master of Evil dans la foulée de ces trois épisodes). Dans le même temps, il ravive les fragilités de l’antagoniste, faisant de Kang un colosse aux pieds d’argile.

Les lecteurs de Strange n’auront pas droit à ces épisodes, pour une raison qui m’échappe. J’ai mis du temps à les trouver, à une époque où je n’avais pas beaucoup de sous. Quelques années plus tard, en 2005 je crois, le TPB est sorti, offrant un vrai plaisir de lecture et un sommaire contenant deux sagas importantes, qui méritent une (re-)découverte.

Jim

PS : Photonik avait évoqué la trilogie de Kang ici :

yep je les ai racheté en singles il y a 10 ans avec le run de Simonson inédit aussi en VF… Lug devait avoir peur de Kang… trop compliqué pour le lecteur (ou le fan arachnéen ou de muties :wink: )

J’ai pensé à ça, ouais. Parce que fatalement, ses apparitions les plus importantes ont été publiées chez la concurrence. Mais tout de même, c’est étonnant.

Jim

Merci !

Ah là on est sur la même longueur d’onde.

Que nous arrive-t-il ?
Vite, un dépistage !

Jim

De rien.

Tiens, tu peux en reprendre une tranche :

Jim

Haha, j’ai souvent lu l’évocation de ce passage mais je ne l’ai jamais vu !
Merci, Jim ! Merci beaucoup ! :smiley:

Les Vengeurs contre le Sinistre Escadron, c’est la première publication consacrée au groupe que j’ai achetée (enfin, c’était ma maman qui achetait, à l’époque). Selon ComicsVF, il date du premier trimestre 1981, donc vraiment au tout début de ma « carrière de lecteur », puisque mes premiers pas officiels, c’est Nova #38, qui date de mars, mais que j’ai dû trouver à la fin du mois ou au tout début d’avril.

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Donc ouais, Kang et le Chevalier Noir font partie de mes premiers souvenirs de lecteur, et des bases de ma compréhension du groupe. C’est sans doute pour ça qu’à chaque fois qu’il revient sur le devant de la scène (au milieu de la période Stern avec Vision qui veut conquérir le monde, ou durant la période Harras), je suis content. Et il se trouve que c’est souvent d’excellentes périodes. Je ne sais pas s’il y a un lien.
:wink:

Après, je crois que mon Vengeur préféré, c’est Hawkeye. Parce que c’est une forte tête, un râleur, j’adore ça. Mais Dane Whitman, j’aime beaucoup.

Jim

Black Knight a plusieurs aspects « cool » qui plaisent régulièrement aux lecteurs. Il a une épée, ça plaît souvent. Le côté chevalier, ça parle à des souvenirs d’enfance qui sont aussi nombreux. Le fait qu’il arrive chez les super-héros par hasard, aussi, puis son caractère aventureux, direct, « il faut le faire alors je le fais », c’est assez efficace.
Et la malédiction, puis l’héritage du titre et de l’épée sur plusieurs générations, ça créé du potentiel et de l’envie.

J’apprécie beaucoup Hawkeye, aussi. Même si le personnage a beaucoup erré depuis Disassembled, hélas.

Il est surtout méconnaissable depuis Disassembled, mal écrit par Bendis, complètement réinterprété en loser par Fraction et depuis on est sur cette version loin du personnage d’origine, forte tête râleur, et chef d’équipe.

Plus que le coté loser local mis en avant par Fraction, ce qui m’ennuie le plus, c’est le côté agent secret (même si Spencer a joué la carte du « à l’insu de son plein gré »). En définitive, celui qui l’a écrit le mieux, c’est Remender dans Secret Avengers : le gars qui devient chef tout en doutant parfaitement de sa fonction.
Ce qui fait un peu maigre depuis quelques années.

Jim

Oui. J’ai aimé la série Hawkeye de Fraction et Aja en faisant fi de l’historique du personnage, et en appréciant la série pour ce qu’elle est : un titre magnifique graphiquement, et « fun » malgré le peu de liens avec le personnage de départ.
Je le voyais comme une sorte de Hawkeye Earth One, pour évoquer ce que propose la concurrence comme approche déconnectée de la continuité.

Après, le personnage est maltraité depuis Bendis mais par les autres aussi, oui.
Quand je le vois tuer Hulk sans vraie hésitation, hein…

Ben c’est pas par Bendis justement ? Dans le cadre de Civil prout II

si…
d ailleurs Spencer revient là dessus dans secret empire