RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

La série Solo Avengers, qui changera de titre plus tard, présentait une aventure de Hawkeye, le chef des Vengeurs de la Côte Ouest et personnage de plus en plus populaire dans les années 1980, agrémentée d’un chapitre consacré à un autre membre de cette fameuse équipe. L’intérêt de la série repose bien souvent sur la qualité de cette back-up, en fonction de la qualité des auteurs ou de l’intérêt de l’intrigue. Titre secondaire mais anthologique donc un peu fourre-tout, il a eu droit à un premier TPB intitulé Avengers - Solo Avengers Classic en 2012, qui n’aura pas de suite, et que nous avons chroniqué déjà en ces colonnes. Mais sans suite, il aura fallu la parution du deuxième tome de Hawkeye Epic Collection, intitulé « The Way of the Arrow », en 2023, pour profiter de la suite.

Si le recueil est consacré à l’archer et non à toute l’équipe, il a tout de même le bon goût de présenter les sommaires intégraux des vingt-et-un premiers épisodes, ce qui satisfait les gourmands et les complétistes. Soit onze livraisons de plus que dans le précédent recueil :

Les curieux seront donc ravis de pouvoir découvrir la suite à partir de Solo Avengers #11 (et pour ma part, si j’en connais certains, j’en découvre de nombreux autres). Ils retrouveront ainsi Tom DeFalco et Mark Bright pour une petite histoire à dimension humaine, celle d’un homme d’affaires capable de projeter son esprit, et qui consacre ses derniers instants de vie, car il est mourant, à vivre par procuration un combat dans la tête de Clint Barton. L’épisode rappelle un peu le chapitre précédent, avec l’astrologue, mais sur un ton ici empli de pathos.

En complément, on retrouve Hercule, de retour après son passage à tabac dans les Avengers de Roger Stern, sous les crayons de Bob Layton, familier du personnage. Le récit bénéficie d’un lettrage somptueux de John Workman.

Dans les deux numéros suivants, Ron Lim, qui décidément aura dessiné tout le catalogue Marvel à un moment ou un autre, illustre une rencontre avec l’Abomination et une mission de protection. Tom DeFalco ne signe que l’intrigue, épaulé par Ralph Macchio pour les dialogues, et il y a un naturel et une fluidité supplémentaires dans les échanges qui font plaisir.

Solo Avengers #12 présente une aventure de la nouvelle Yellowjacket, chapitre que je n’avais jamais lu et qui, pour oubliable qu’il soit (mis à part le dessin d’une Amanda Conner débutante encrée par Stan Drake dans un assortiment qui fonctionne), permet de faire le point sur un personnage que, en tant que lecteur VF, je ne situais pas très bien. Et puis, l’apparition d’un certain chevalier noir peut ne pas laisser indifférent certains membres du forum.

L’épisode 12 propose une aventure de Wonder Man, dont les tournages sont perturbés par un documentariste venu d’une autre dimension. Écrit par Gregory Wright et Dwayne McDuffie, le récit est illustré de manière dynamique par Butch Guice.

Sous une couverture de Sandy Plunkett et Scott Hampton, Solo Avengers #13 propose un sommaire intéressant. En premier lieu, l’aventure de Hawkeye ouvre sur une saga, chose qui n’était plus arrivée depuis quelques numéros. Clint s’y associe à la Black Widow afin d’affronter l’AIM et un robot de leur invention, l’Attackoid.

La back-up propose une aventure de She-Hulk, écrite par Chris Claremont et illustrée par Alan Davis, qui montre que la journée professionnelle de l’avocate Jennifer Walters n’est pas de tout repos.

La qualité de l’encrage de Joe Rubinstein, le lettrage expressif de Tom Orzechowski et l’humour global du récit fait de ce treizième numéro une petite pépite.

Dans les deux numéros qui suivent, on retrouve un chapitre consacré à Wasp et illustré d’une manière presque semi-réaliste par Tom Morgan…

… et la première partie d’un feuilleton épisodique dédié à Moondragon. Peter Gillis signe ici une rareté dans la série, à savoir une back-up à suivre. Il donne une explication à la disparition de Moondragon dans les pages de Defenders. Explication un peu étirée, voire complexe, dont les suites paraîtront dans les numéros 18 et 20, et qui permettront également de faire revenir Gargoyle, membre éminent, mais secondaire, du groupe.

Les deux chapitres suivants de la trilogie de Hawkeye confronte l’archer et l’espionne à une cellule de l’AIM, apparemment dirigée par… Hawk Pym.

Dans la troisième partie, on comprend qu’il ne s’agit que d’une double robotique, le véritable savant ayant été capturé. C’est aussi l’occasion pour Tom DeFalco et Al Milgrom de donner une suite à un épisode étonnant de West Coast Avengers signé Englehart, dans lequel on apprenait que sa première épouse avait survécu sous la forme d’une créature au cerveau hypertrophié, à l’image de MODOK. Les deux auteurs décident de ne pas suivre cette piste et laissent entendre que la créature appelée… SODAM n’est pas Maria Pym.

Je découvre ces épisodes, dont j’avais cependant lu le résumé, et je trouve dommage que l’idée ait été abandonnée, ça aurait offert à Pym une raison d’enquêter et de travailler, et à son couple (avec Janet) une motivation supplémentaire pour s’engueuler… mais peut-être aussi se retrouver.

Dans le numéro suivant, DeFalco retrouve Macchio et ses dialogues très vivants, et Milgrom est associé à l’encrage de Don Heck pour une association de l’archer avec le Sandman repenti, contre Doc Octopus et Madame Menace (dans un costume que je ne lui connaissais pas, mais je n’ai pas suivi toute la carrière de cette méchante-là). Les dialogues sonnent juste et l’encrage de Heck, très pesant, est cependant une excellente idée et confère au récit une énergie étonnante.

En complément, nous retrouvons un vilain récemment évoqué dans les Hulk de Roger Stern, Goldbug, à la recherche de l’or apparu quand le Beyonder a transformé a transformé un immeuble entier en métal convoité. Cette aventure de Submariner est illustrée par Dave Cockrum, très bien encré par Kim DeMulder.

Don Heck reste à l’encrage pour les numéros à suivre, et là encore c’est une bonne idée. Ainsi, il embellit les planches de Ron Wilson, qui remplace Al Milgrom pour le premier segment. Dans le numéro 18, Clint rencontre Texas Twister pour une suite à l’intrigue de West Coast Avengers #8-9, à base de démons et d’histoire d’amour.

Les deux épisodes suivants voient Hawkeye affronter d’abord The Orb puis le Plantman. Wilson encré par Heck, ça associe la narration solide du premier (malgré quelques cadrages pas toujours équilibrés) au trait tout en volumes du second. C’est une belle et surprenante réussite.

Le dernier chapitre des aventures de Hawkeye voient le retour de Milgrom au dessin pour des pages pleines d’action, avec toujours Heck à l’encrage.

Solo Avengers #19 propose une autre pépite, avec une back-up consacrée à Black Panther :

Le recueil se conclut sur la back-up du numéro 21, consacrée à Starfox et réalisée par Peter Gillis et Tom Artis. Un petit récit sans prétention, mais qui témoigne de la diversité du titre, tant en matière de personnages et de tonalité que de qualités narratives et esthétiques.

Jim

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