RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

Ha cool il ré-édite l’Epic Spider-man de la mort de Gwen

En janvier d’après la vidéo ci-dessus.

Sans titre 2

Youpi !!!

Jim

Je me rend compte que quand je repondais à Jim… c etait pas clair…
Donc oui le TP eternal contient la maxi, un annual iron man (celui par Odonnel avec les deux deviants alliés des eternels je présume), les avengers avec Eros/eternels et 2 what if (surement ceux avec leurs origines)

Merci pour les précisions.

Jim

Tu t’es rendu compte que pour ce moment là ?

Que tu es taquin !

Jim

Vil Taquin est son nom!

Evil Blake : check

Résumé

https://bleedingcool.com/comics/donny-cates-darkest-comic-yet-thor-10-in-december/

J’avais gardé un souvenir très mitigé de la série Immortal Iron Fist. Recemment, j’ai été amené à chercher des références dedans et donc à relire le premier TPB.

Et c’est bien meilleur que dans mon souvenir.
Bon, certes, c’est complètement connecté au passé, l’intrigue puisant à fond dans les épisodes de Claremont et Byrne (Aja cite tantôt Byrne tantôt Miller et s’inscrit dans cette lignée). Mais les scénaristes s’arrangent pour développer plein de choses intéressantes : les précédents Iron Fist, la révélation (auprès du héros et des lecteurs), les différentes cités… C’est bien troussé, très cohérent par rapport à ce que l’on sait du personnage, donnant du corps au premier épisode de Thomas et Kane, par exemple).

Le personnage d’Orson Randall est très rapidement attachant. La gestion des flash-backs est bien structurée, mais surtout les scènes dans le présent, qui nous montre un personnage usé, sont plutôt réussie.

L’autre bon point est la gestion de l’univers contemporain à la série. Le monde Marvel est hanté par l’enregistrement des héros et par l’ambiance Civil War. Mais ceci ne dépasse pas le stade de quelques dialogues ou récitatifs. C’est léger, éclairant mais pas encombrant.

Dans une récente conversation sur ce forum, quelqu’un expliquait que Brubaker avait fourni l’intrigue et Fraction les dialogues. Cela se sent, et la série profite des forces respectives des deux auteurs. La structure bien construite facilite l’entrée dans l’intrigue, et les dialogues, modernes et plein de références et de jeux de langage, dynamisent les relations entre les personnages. Une bonne alliance.

Le TPB se conclut sur une première intrigue, celle d’Orson Randall, et ouvre sur celle du tournoi. J’espère avoir le temps de relire ce tome 2 et de venir en parler ici.

Jim

C est pas cela… en fait Brubaker avait un plot… Fraction aussi… Marvel les a unit mais en fait au delà d une forme de controle editorial c est Fraction qui est plus aux commandes.
Faut que j eretrouve ca mais ca vient du bouquin d interview de Bruabker…
Tiens j en ai une autre

Comics Bulletin (CB): Ed, Matt, first of all, can you let us in on the reasons behind you leaving the book? A lot of people are going to be really sad to see you go, myself included.

Ed Brubaker (EB): Well, I had already been quietly doing less and less work for a few months on the book, and was planning to make the end of the second arc my official exit, since it was clear that Matt didn’t need me anymore. We’d plotted out the first two arcs together, and I had written parts of each one, and done some rewriting on the book every issue, just as Matt does, but I was starting to feel like more of an extra editor or overseer or something other than a co-writer, since Matt had come so far so quickly. Monthly comics have a steep learning curve, but Matt got it faster than most people do.
http://comicsbulletin.com/immortal-iron-fist-ed-brubaker-matt-fraction-and-duane-swierczynski/

J’ai commencé à relire le deuxième TPB, et je trouve que, dans les dialogues, ça sonne un poil moins Fraction et un poil plus Brubaker. C’est peut-être une erreur de ma part, cela dit.

Jim

Nouveautés & reprints du côté des omnibus…

rééditions : Venom & Annihilation Conquest

Et surtout le Ka-Zar de Jones (après le tpb mince d’il y a quelques années) et la suite du Hulk de PAD avec le tour de la période Gary Frank (après la période Kubert/fin du run avec le vol.4 il y a même de quoi faire un 5ème volume avec les retrouvailles de Hulk & PAD au cours des années 2000 & 2010).

Janvier 2021




Recueils des solicitations de janvier :

Ah chouette !

Jim

Au tour du Predator ensuite.

Je ne suis pas grand lecteur du Punisher, mais j’aime bien la production autour du personnage durant les années 1990. Et j’étais passé à côté de la mini-série Year One publiée en 1994. La réédition de 2009, récemment achetée à un célèbre contributeur de ce forum, m’a permis de découvrir un récit assez sympa.

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Bon, on connaît tous l’histoire : Frank Castle profitait d’un bel après-midi ensoleillé avec sa famille quand tout le petit groupe a été pris au milieu d’un règlement de compte. Seul le père de famille a échappé de peu à la mort. Et comme c’est un ancien soldat, vétéran du Viêt-Nam, ça va chauffer. Voilà les bases.

La mini-série The Punisher: Year One, qui date de 1994, est écrite par Dan Abnett et Andy Lanning, et illustrée par Dale Eaglesham. Comme à son habitude, le tandem de scénariste trouve un angle d’attaque intéressant : la scène de crime est découverte par un flic fatigué et par un journaliste aux méthodes contestables. On va donc suivre le parcours de ces deux-là, qui délimitent peu ou prou celui du héros.

Contre toute attente et à la surprise des policiers, du journaliste et des urgentistes arrivés sur les lieux, le père de famille est toujours vivant, et il est conduit en urgence à l’hôpital. Reprenant conscience, il est confronté à la tragique évidence : sa famille a disparu. Le désespoir d’ailleurs l’emporte sur la colère qu’il peut ressentir en découvrant que des tueurs ont été envoyés pour finir le travail.

C’est d’ailleurs l’un des points forts du récit : les auteurs dressent le portrait d’un personnage qui a tout perdu et qui est hanté par ses pulsions suicidaires. Personnellement, je trouve que ça fait assez bien écho au portrait du justicier tel qu’il est dépeint vers les mêmes périodes dans ses mensuels. Mike Baron puis Chuck Dixon ont pris soin de faire du Punisher un dingue de la gâchette doublé d’un fin stratège triplé d’un forcené qui fonce droit dans le danger. L’individu brisé dont Abnett et Lanning font le procès est au diapason de ça, sauf qu’il n’a pas encore trouvé de cause à défendre.

Graphiquement, Eaglesham n’a pas encore ce trait lisse qu’on lui connaît aujourd’hui. Il accorde un soin évident au détail et à la mise en scène des corps en mouvement, souvent torturés, et il y a quelque chose d’un Bart Sears dans les silhouettes massives et les visages épais des protagonistes.

Si le récit peut-être lu indépendamment, Abnett et Lanning s’ingénient à glisser quelques références à l’univers Marvel. Mais ils ne cherchent pas à moderniser ce dernier. Au contraire, les références renvoient à la période éditoriale qui a vu arriver le personnage (la période Amazing Spider-Man par Conway) et donc on croise Peter Parker ou encore le docteur Miles Warren (alias le Jackal). De même, ils s’amusent à vêtir leurs personnages (surtout les hommes) à la mode seventies, les pantalons à pattes d’eph étant nombreux. Plus qu’une continuité, c’est une atmosphère qu’ils veulent retranscrire.

Depuis, le passé de Frank Castle a fait l’objet de plusieurs explorations, notamment par Garth Ennis. Si bien que cette mini-série, malgré sa réédition (et ses couleurs un peu… pimpantes, dirons-nous), est aujourd’hui un peu oubliée. Mais elle bénéficie d’une écriture solide et riche, et s’intéresse surtout à la psychose d’un homme brisé.

Jim

Cela fait des mois que j’ai commenté Thor: Worldengine, le TPB regroupant les épisodes que Warren Ellis et Mike Deodato ont consacré au Dieu du Tonnerre, marquant une rupture avec ce qui précédait. Et donc, depuis juin, je devais évoquer les deux tomes suivants… et… le temps a passé.

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Succédant à Ellis, c’est William Messner-Loeb qui reprend la série là où son prédécesseur l’a laissée : Thor ne dispose plus de pouvoirs hérités d’Odin, il a des doutes, il est coupé du pouvoir d’Yggdrasil, et il vit avec l’Enchanteresse dans un appartement luxueux au sommet d’un gratte-ciel.

Le premier épisode, dessiné par Geoff Isherwood, un illustrateur dont j’aime beaucoup le style et que j’aurais aimé voir plus souvent, présente le couple de dieux déchus à la rencontre d’une jeune femme qu’ils sauvent d’un enlèvement. Au fil des épisodes, on apprendra que le père de celle-ci, collectionneur fortuné, souhaite la protection de Thor.

De fil en aiguille après un détour par le cross-over « First Sign », étalé également sur Captain America et Iron Man, et dont Mike Deodato assure la partie Thor avec l’énergie qu’on lui connaît, le héros retrouvera un Odin amnésique et clochardisé, indice qu’il se passe quelque chose en Asgard que le héros et les lecteurs ont encore à découvrir, puis sera confronté à une arme magique associée au collectionneur et qui aura une influence étrange sur Thor et ses amis.

Si Messner-Loeb écrit un récit bien rythmé et ponctué par des thèmes qu’il affectionne (notamment la rédemption, mais aussi la notoriété…), il semble toutefois jouer la montre en attendant l’arrivée du numéro 500.

La série souffre d’un déclin graphique évident. Deodato délègue de plus en plus à d’autres dessinateurs brésiliens, parmi lesquels Luke Ross qui n’a pas encore le style réaliste développé plus récent, ou Adriana Melo et d’autres. L’ensemble est très inégal et parfois bien repoussant, absolument pas à la hauteur d’un récit qui, sans être renversant, aurait pu laisser un bon souvenir s’il avait été doté d’un bon dessin régulier.

Et alors qu’un autre détenteur du pouvoir divin, Red Norvell, issu des épisodes de Roy Thomas peu avant le trois centième épisode, fait son retour dans la série, Thor obtient le fin mot concernant le sort d’Asgard.

Le royaume éternel est en ruines, les Asgardiens ont disparu, les Trolls et les Géants des Glaces ont envahi les lieux. Avec l’aide de Doctor Strange, il parvient à chasser les envahisseurs et à recouvrer son pouvoir. Mais il lui reste désormais à retrouver les autres Asgardiens et la dernière bulle du numéro 300 (assez chouettement dessiné par Deodato, qui ne fait pas énormément d’effort mais qui, au moins, assure une certaine cohérence énergique aux planches) laisse entendre que la suite se déroulera sur Terre.

Sauf que bien sûr, rien n’est aussi simple. En effet, la rédaction de Marvel a mis en branle le cross-over Onslaught, qui va tout ravager sur son passage, y compris les habitudes d’édition et de lecture, notamment en démontrant qu’on peut créer l’événement et générer des ventes en renumérotant / confiant les personnages à des auteurs vedettes même s’ils n’ont rien à dire / sacrifiant les héros / faisant fi de toute continuité.

Thor #501 est un épisode très dense dans lequel Messner-Loeb règle le subplot du prisonnier lancé peu avant (et qui devait sans doute réserver des développements plus longs), raconte les retrouvailles entre Thor et Norvell et fait le point sur le sort de l’Enchanteresse.

Le dernier épisode, sans doute le plus réussi de cette prestation où le scénariste n’est pas ménagé par l’éditorial, constitue une sorte de bilan, un instant de calme avec la tempête Onslaught qui s’annonce. Les deux porteurs de marteaux devisent sous les étoiles, Jane Foster vient dire bonjour, et soudain les personnages sont emplis d’une vie et d’une épaisseur que le scénariste a tenté de mettre en scène précédemment, dans le foutoir éditorial et l’agitation contradictoire où il a été amené à travailler.

On peut imaginer ce qu’aurait donné la série si Messner-Loeb avait eu les coudées franches, s’il n’avait pas été embauché pour jouer la montre et mettre en place les intrigues dictées par l’éditorial, et si le dessin avait été à la hauteur. Ce Thor #502 semble en être un échantillon aussi tardif qu’explicite.

Rétrospectivement, toute cette période (Ellis / Messner-Loeb / DeFalco) semble correspondre à un vaste plan éditorial, une intrigue globale qui serait sans doute restée comme un chouette moment dans la vie du personnage si elle n’avait pas été étalée entre trois scénaristes, une trop grande floppée de dessinateurs, deux séries, le tout tronçonné par des cross-overs qui n’ont contribué qu’à couper l’élan de l’intrigue et diminuer son impact.

Onslaught a frappé. La ligne Heroes Reborn est lancée. La continuité autour des Fantastiques et des Vengeurs est interrompue ici et relancée là. Et pendant que de nombreux titres sont lancés (autre signe que Marvel, sous couvert d’une certaine vitalité, est en fait lancée dans une fuite éperdue en avant), Thor n’a plus de titre à son nom, ni dans un univers ni dans l’autre.

Reprenant son titre d’origine, la série redevient Journey into Mystery à partir du numéro 503 et propose une nouvelle série, « The Lost Gods », qui met en scène les amis, alliés et peut-être adversaires du Dieu du Tonnerre. Sous une couverture plutôt dynamique de Mike Deodato Jr., c’est un bataillon d’artistes, regroupés sous l’appellation floue et fumeuse de « Deodato Studios », qui se charge de l’illustration des histoires racontées par Tom DeFalco, qui revient pour l’occasion sur l’univers qu’il a animé pendant de longues années avec Ron Frenz.

Tout ceci concourt à laisser penser que les efforts de l’éditeur sont concentrés sur les séries reprises par Jim Lee, Rob Liefeld et leurs complices, véritables forces vives d’un catalogue apparemment déserté par les enthousiastes. Le savoir-faire de DeFalco n’est certes pas à remettre en question, bien entendu, mais le rappeler au chevet d’une série qui vient de s’arrêter afin de maintenir sur le devant de la scène le petit décor asgardien témoigne bien du désintérêt des auteurs pour le titre mais aussi du désintérêt de Marvel pour ses auteurs (à la même époque, Peter David est plus ou moins clairement délesté de Hulk, qu’il finira bientôt par quitter, Spider-Man survit au délire éditorial, DeFalco là encore revenant à Amazing, une série qu’il a animée longtemps, et la jeune génération incarnée par Mark Waid est prestement découragée par les manœuvres éditoriales paniquées de la direction).

Le principe de la série est le suivant : Thor a disparu, Asgard est en ruines, Odin, aux dernières nouvelles, est un vieux clochard, et les dieux ont été réincarnés sous des identités de terriens amnésiques. Le « jeu » consiste donc à fédérer autour de Red Norvell l’équipe que l’on connaît, et qui a pris des formes diverses. Une fois assemblés, les héros devront se redécouvrir eux-mêmes avant d’élucider le plus grand mystère de tous : comment Asgard a-t-elle pu chuter ?

En soi, le pitch est sympa (et montre que la grande idée soufflée par Gaiman à Straczynski pour sa reprise de Thor quelques années plus tard n’est pas étourdissante d’originalité) et l’ambition affichée de proposer un grand récit épique apportant une conclusion aux prestations d’Ellis et Messner-Loeb tout à fait louable. Cependant, comme pour les épisodes précédents, l’ensemble est laid comme tout.

DeFalco, de son côté, fait son travail assez soigneusement : il caractérise les personnages, il s’amuse de leurs découvertes progressives, il explique ce qu’il est arrivé à l’Enchanteresse, et il commence à glisser des indices. Dans Amazing, il s’était amusé autour de l’identité du Hobgoblin. Dans Thor, il s’était ingénié à brouiller les pistes concernant Don Blake, de la même manière qu’il avait glissé des informations trompeuses sur l’identité de Kristoff dans Fantastic Four. Il a une certaine expérience des attentes de ses lecteurs et des moyens de les tromper. Donc ici, il joue à nouveau sur ces ressorts et s’amuse à surprendre les fans sur l’identité de tel membre de l’équipe ou tel autre. Toute cette partie, c’est plutôt bien ficelé.

Mais bon, bien dessiné, ou au moins dessiné avec constance, ça aurait été chouette. Bref, DeFalco nous conduit petit à petit à la révélation : le grand méchant, c’est Seth, le dieu-serpent égyptien. Et l’on découvre bientôt que la disparition des dieux de la cité d’Asgard est un mécanisme de défense automatique, implémenté par Odin dans le cas où l’arbre-monde Yggdrasil serait attaqué. C’est ce qui s’est produit dans les épisodes d’Ellis, et le plan d’Odin s’est donc mis en branle, réincarnant les Asgardiens loin, sur Midgard, afin de les protéger.

Mais Seth a profité de tout ce bazar pour avancer ses pions, s’emparer de l’installation souterraine branchée sur Yggdrasil (et montrée par Ellis), et profiter de l’absence des dieux asgardiens pour asseoir son influence. Joli retournement de situation qui, rétrospectivement, donne de la cohérence à une série dont les derniers numéros donnaient pourtant l’impression qu’elle partait dans tous les sens. On se doute bien (par le suivi du sort de l’Enchanteresse ou la déchéance d’Odin et quelques autres indices…) que l’éditorial avait l’ensemble de l’intrigue en tête, mais tout de même, le peu de soin accordé aux dessins a considérablement nui à une intrigue au potentiel pourtant prometteur.

Au fil des épisodes, les héros retrouvent leur souvenirs et leur identité, et se lancent dans la bagarre. L’épisode 507 est dessiné par Marc Campos (dont nous avons déjà parlé à l’occasion de l’évocation de ses épisodes sur Justice League), dans un style cartoony pas si éloigné d’un Mike Wieringo. Une bouffée rafraîchissante qui laisse songeur : si toute la saga avait été dessinée comme ça, ça aurait été pas mal.

Le combat est d’autant plus féroce que Seth a acquis à sa cause des surhommes, parmi lesquels Red Norvell, considéré comme mort et possédé. Ça bastonne, l’essentiel des épisodes est consacré à des missions contre l’ennemi. Question lettrage, à part quelques remplacements par l’excellent John Costanza, c’est hélas le nettement moins bon Jon Babcock qui assure la mise en bulle, parfois très maladroite. Décidément, ces épisodes ne bénéficient pas du soin qu’ils méritent.

Les deux derniers épisodes (512 et 513) voit l’arrivée du dessinateur Sal Buscema à la rescousse. Il est sans doute engagé à cause de sa rapidité et de son sens de la narration. La présence d’Al Milgrom à l’encrage, lui aussi compétent et rapide, semble confirmer l’idée que l’éditorial a besoin de tenir les délais. Les rumeurs qui veulent que l’agent du Deodato Studio ait du mal à traduire les textes (c’est ce qui est arrivé sur Avengers…) laissent imaginer que les conditions de travail ne sont pas optimales pour Journey into Mystery.

Toujours est-il que les deux derniers épisodes sont bien entendu les plus agréables à lire, à défaut d’être les plus originaux. Scénariste et dessinateur font preuve d’un classicisme un peu élimé mais parfait pour la conclusion. On notera aussi que Bobbie Chase, l’éditrice, est remplacée par Joe Andreani : ça bouge en coulisse, mais ce n’est pas toujours bon signe.

La conclusion du récit, qui s’en remet à des expédients classiques, tape dans un genre bien installé : Odin réveillé affronte Seth, tous deux revêtant des statures de géants au milieu des ruines, dans un déferlements d’effets pyrotechniques. Ces deux épisodes contrastent avec la volonté affichée de Marvel d’être plus moderne, plus « in your face », plus « à la Image ». Si des lecteurs comme moi peuvent se réjouir d’une lecture aux recettes éprouvées, on peut lire dans ces deux derniers épisodes une forme de constat d’échec : ils ne sont pas parvenus à maintenir le style tape à l’œil à la Deodato sur l’ensemble des épisodes. Pour ma part, je dirais que c’est dommage qu’ils soient parvenus à le maintenir si longtemps.

Au final, ces épisodes, réunis en un TPB, mettent un point final aux aventures (du petit monde) de Thor, avant la relance de Heroes Return. Sur le papier, la vaste saga qui couvre trois scénaristes aurait pu donner un véritable feu d’artifice final. Mais elle a pâti des grandes maœuvres éditoriales d’un Marvel alors exsangue ou presque. Un joli gâchis, somme toute, dont Thor a fait les frais.

Jim