SPÉCIAL ZEMBLA #1-175

Hmm, je n’y avais pas pensé. Mais je continue à comparer à OMAC, parce que les deux héros sont des agents du système, parce qu’il s’agit d’un système capitalisme futuriste, parce que le tout est teinté de critique sociale car ledit système est une métaphore du nôtre…

Non.
Ce qui rend ces Spécial Zembla encore plus collector, héhéhé…

Jim

C’est malin, j’ai aussi envie d’enfin me prendre le OMAC de Kirby maintenant !

Quelqu’un aurait un site avec le sommaire détaillé de Special Zembla ? Bedetheque et GCD ne sont pas du tout complets sur le sujet.

Peut-être mon Kirby préféré de la période DC… avec Demon.

J’ai pas, et vu les références données par les copains un peu plus haut, c’est visiblement pas facile de trouver des références exhaustives.

Jim

Les histoires des numéros 170 et 171 provenant du Nevada 424.

Hélas, ce n’est pas facile de trouver les sommaires complets pour les petits formats…
Pour Spécial Zembla, il y a le sommaire des numéros par là (sur chaque numéro, on peut accéder aux précédents, mais pas aux suivants… C’est pour ça que j’ai mis le lien du 175) :
http://www.pimpf.org/semic/zembla/szembla175.htm

Tori.

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Merci pour ce lien, c’est pile ce que je cherchais ! Le site PIMPF est effectivement assez peu ergonomique, il faut pas mal se débrouiller pour circuler dessus.

Dans Spécial Zembla n°170-172 pour ceux qui veulent la référence exacte. :wink:

Je vois que tu as aussi participé à la série Spiro Anaconda ; un titre d’heroic fantasy si j’ai bien compris ?

Ah ça, j’en suis très content, et ça devait faire une série au long cours, mais le dessinateur, qui réalisait ici sa première bande dessinée en France (et peut-être sa première bande dessinée tout court) est allé ensuite faire Central Zero, écrit par un certain Nikolavitch.

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Le dessinateur en question, c’est Toni Fejzula, qui a par la suite illustré Veil, un polar fantastique par Greg Rucka, ou encore Dead Inside avec John Arcudi, et qui fait aujourd’hui ses propres albums en franco-belge, à l’exemple de Patria. Un gars dont le style est en perpétuelle évolution, il essaie constamment des choses nouvelles.

Et pour revenir à « Spiro Anaconda », c’était un monde de fantasy, ouais, mais qui lorgnait aussi vers le post-apo (Toni a rajouté quelques détails dans les coins qui pourraient laisser penser que l’action se passe « après », pas « avant »).
C’était mes débuts sur de la série à suivre, et franchement j’aurais bien aimé continuer cette série, pour laquelle d’ailleurs j’ai eu de très chaleureux retours, à la fois par les lecteurs et aussi par des professionnels. Je crois que le dessin de Toni y était pour beaucoup.

Jim

En novembre 2000, il a participé au premier numéro d’El reino salvaje de Conan :
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Avec cette histoire :
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Tori.
PS : Et il n’avait même pas vingt ans…

Ah ouais, sorti deux mois avant notre premier épisode de « Spiro Anaconda ».
D’après mes vieux fichiers, j’ai dû développer la série à l’été 2000. Apparemment, les deux premiers épisodes ont été bouclés en septembre (mais peut-être avant). Je pense que Toni a dû se mettre à travailler dessus à l’été (août ?). Les pages de Conan sont donc de la même période. Est-ce qu’il nous les avait montrées lors de notre rencontre (à Angoulême, je dirais), aucune idée.

Purée, ça tabasse.
Je n’ai pas le souvenir de les avoir vues, j’ai l’impression de les découvrir.
Merci, ça réjouit les yeux.

Jim

Oui, je ne sais pas si c’est antérieur ou pas… La publication est antérieure, mais il a pu travailler sur les deux en parallèle…

Tori.

Oui, ça doit se jouer à quelques semaines ou mois près. Je crois me rappeler qu’il nous disait travailler sur quelque chose, mais est-ce que c’était en cours ou fini, aucune idée.
J’aime beaucoup cette veine Alex Niño / Walt Simonson / Philippe Druillet de ses débuts.

Jim

C’est alléchant tout ça ! Il y a eu combien d’épisodes du coup ?

Là tu m’intrigues, qu’est-ce que ce magazine ? Des traductions de production US (les liens en espagnol que je trouve mentionnent Roy Thomas) avec du contenu créé pour l’occasion ?

Quatre.
Je viens de vérifier, j’en ai écrit trois autres.
Chose étonnante, les quatre épisodes publiés sont les 1, 2, 4 et 5. Je ne sais plus pourquoi le troisième n’a pas été dessiné. Sur des séries, il m’arrive de travailler sur plusieurs épisodes en même temps. Il est possible que le quatrième et le cinquième aient été finis avant le troisième. Faut que je relise tout ça.

On dirait bien, hein.
J’ai l’impression qu’il y a eu des productions italiennes dans des revues transalpines aussi : faudrait que je retrouve dans ma collection personnelle, pour être sûr que je confonds pas).

Jim

C’est exactement ça : la traduction de King Conan complétée par une production locale (par un/des auteur(s) différent(s) à chaque numéro).

Tori.

Hop, hop, hop.
Je profite de votre discussion sur Spiro Anaconda pour… y revenir moi-même, après que Jim m’ait permis de découvrir les Spécial Zembla n°158, 159 et 160.

Bon, j’ai lu les autres récits du magazine, et j’admets ne pas tout aimer. J’ai apprécié Dharkhold pour son chevalier perturbé, mais le dessin ne m’a pas emballé. Kabur est une lecture agréable, tandis que le personnage qui donne son titre, Zembla, m’a laissé de marbre. Trop rempli d’un humour ou d’une décontraction qui ne me touchent pas.

Passons ici à Spiro Anaconda, donc !
J’ai découvert ici ce que le rédactionnel appelle les trois premiers épisodes, même si Jim dit plus haut que cela doit correspondre aux n°1, 2 et 4.
On a ici des petits récits, qui n’ont pas de « à suivre ». Essentiellement des scènes de vie, des « moments » qui permettent de définir le personnage et, un peu, son univers.

Qui est Spiro Anaconda, donc ?
Un chasseur de dragons, dans un monde d’Heroic-Fantasy qui surfe vaguement sur le post-apocalyptique. Un monde âpre, dur, violent, sans concession et sans justice.
Le premier épisode, « Regarde Spiro Anaconda !!! », montre la lutte de Spiro, au look assez paramilitaire, contre un dragon qui terrorise un village. Sauf qu’il découvre que le dragon est une dragonne qui protégeait son bébé, que les villageois veulent revendre pour leur profit. Spiro viendra délivrer la bête, pour qu’elle fuit en causant des dégâts, après avoir été chassé comme un malpropre.
Le deuxième épisode, « Divna », amène Spiro à recueillir une enfant mordue par une vipère alors qu’elle jouait avec ses camarades (avec des masques de dragon). Alors que les villageois se demandent qui il est, et le rejettent, Spiro soigne l’enfant et est remercié… puis on exige de lui son départ, car « on n’aime pas les chasseurs de dragons ! »
Enfin, le troisième épisode, « Drago Eden », en dit plus sur Spiro, qui confronte ici Drago Eden, son mentor, qui lui rappelle l’avoir recueilli dans un village anonyme, avec le jeune Spiro qui a pris le train en marche pour chasser les Dragons. Drago en a été fier mais s’emporte car Spiro « l’abandonne » en trouvant une femme… et Spiro, pour se défendre, doit tuer Drago, qui le remercie (de mettre fin à une triste vie).

Bon, que dire ?
J’ai passé de bons moments de lecture, ici. J’aime bien le principe de scènes de vie, de « moments » qui permettent de caractériser un personnage et un univers par petites touches. Je suis intimement persuadé qu’il est extrêmement difficile d’écrire des petits récits, de faire court, et Jim s’en sort bien, ici.
Très vite, Spiro est caractérisé efficacement, certes en invoquant des éléments bien connus, mais sans en faire un cliché. L’univers est abordé, sans en faire trop, et l’ensemble est froid, sombre, terrible.
Il y a une mélancolie générale, un sentiment d’abandon, de lutte perdue d’avance non pas contre les dragons mais un destin contraire qui est particulièrement intéressant. Ce n’est pas une série « positive », mais elle n’est pas déprimante. Spiro Anaconda est un personnage qui évolue, qui erre, qui subit mais qui avance ; même si on le rejette, toujours.

En pleine lecture, j’ai rapidement pensé à un phénomène récemment adapté sur Netflix : The Witcher / Le Sorceleur.
Je retrouve chez Spiro des éléments proches, avec ce chasseur de monstres (de dragons ici, précisément) rejeté de tous, mais embauché pour faire la besogne, avant d’être évacué comme un malpropre. Leurs existences sont tristes, brutales, violentes, solitaires, avec la perte d’êtres chers souvent par sa propre faute, ou par la faute de décisions pour tenter d’avoir « quelque chose » à eux.
Le parallèle me frappe assez, j’ignore si Jim connaît la franchise à l’époque, j’en doute car l’ensemble paraît avoir été publié fin des années 2000, en France.

Au niveau de la structure des histoires elles-mêmes, c’est efficace et prenant. J’admets que je n’ai pas immédiatement « capté » qu’il y avait un bébé dragon dans la première, et la troisième demeure finalement un monologue illustré… mais de quelle manière !
Cela me permet de parler de Toni Fetzula, qui dessine l’ensemble avec un style léché. Les deux premiers épisodes ont une approche « classique », mais de très haut niveau, avec des planches très solides, une narration efficace (un peu moins sur le premier, quand même) et un style sec, tranché qui fonctionne idéalement dans cette ambiance. Le dessinateur propose cependant un travail encore plus épatant dans le troisième épisode, avec un encrage plus massif, qui forme une ambiance extraordinaire et superbe, toutes en ombres intenses.
C’est top.

Spiro Anaconda, c’est en tout cas une belle découverte, de bons moments dans un univers (l’Heroic-Fantasy) avec lequel j’ai souvent du mal… et qui, aussi, « montait » quand même bien le niveau de Spécial Zembla. Sans être trop dur, je dois admettre que les autres productions m’ont paru plus faibles à côté, même si cela a été agréable de les découvrir.

C’est parce que tu n’aimes pas les comics rigolo.

Et je n’ai aucun souvenir de la raison pour laquelle l’ordre du début a été chamboulé. C’est peut-être moi qui avais plusieurs idées en tête, mais certaines sont arrivées plus tôt.

Ça, c’est une idée de Toni.
Au départ, la série est ma « réponse » à l’heroic fantasy, un genre que je goûte fort modérément. Et Toni a glissé des éléments plus modernes, ce qui du coup projette la série dans une ambiance plutôt post-apo. Et on a décidé de garder le flou.

À mes yeux, ça a plusieurs avantages, qui tiennent justement au fait que ce soit court et que le regard ou l’esprit peut embrasser l’ensemble assez facilement. Une histoire courte permet de savoir très vite le début, le milieu et la fin, permet de concentrer les effets en direction de la chute, voire facilite les effets de style (je repense à un épisode d’Ozark où j’avais décrit le destin parallèle de deux malfrats par un système de colonnes : faire ça sur cinq, huit ou dix pages, c’est à mon avis plus simple que de le faire sur un album entier).
En plus, une série permet des rendez-vous régulier et donc offre la possibilité de jouer les thèmes et variations, en donnant une personnalité et une tonalité à chaque livraison.

À l’époque, c’est clair que non.
Aujourd’hui, je connais, même si je n’ai rien lu et que je n’ai vu que quelques images.
En fait, au moment de la sortie de Spiro Anaconda, les potes faisaient souvent le lien avec un petit film que j’aime bien, Le Règne du feu.

J’aime bien le dessin de Pat Lesparre. C’est bizarre, avec une technique d’encrage incomparable, mais y a un truc qui me plaît. J’ai toujours trouvé une influence starlinienne dans son trait (il avait aussi illustré une série d’aventuriers cosmiques dans une revue jeunesse, et c’était frappant), et quand je lui en ai parlé, il était très content parce qu’il est fan de Starlin.

Jim

Vas-y, dis que j’ai pas d’humour ! :smiley:
Mais tu as complètement raison : l’humour dans les comics, j’ai beaucoup de mal.

Après, le fait que chaque récit soit très autonome permet aussi de bien jouer avec l’ordre.

C’est cool, alors. Ca fait partie des indices sur le post-apo’.
Perso’, comme toi, l’heroic-fantasy, j’ai du mal (« meh », dédicace @soyouz :wink: ). Mais quand ça diverge un peu, je peux adhérer. Le Trône de Fer, j’ai aimé pour la politique.

Oui. Je suis très sensible aux styles, notamment dans la narration, et j’ai bien aimé ici.
Bien que, si je peux me permettre, le troisième épisode m’ait semblé avoir une structure trop « scolaire », dans le sens déjà-vue, avec ce monologue explicatif à la fin d’un combat. Mais ça fonctionne malgré tout !

Ca a l’air bien, ça.

Bien vu. Mais ça ne m’a pas autant marqué déjà du fait du temps passé depuis ce film (The Witcher est un succès plus récent ; et un succès tout court, par rapport au Règne du Feu, d’ailleurs), notamment car, finalement, on ne voit un dragon que sur un récit sur trois (enfin, combat avec un dragon).
Mais Le Règne du Feu est un bon film, oui !

Non, c’est beaucoup

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Ça dépend : pour le Trône de fer, pas tant que ça…

Tori.

C’est pas faux.

Jim

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