THE SHADOW (Russell Mulcahy)

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REALISATEUR

Russell Mulcahy

SCENARISTE

David Koepp, d’après les histoires de Walter B. Gibson

DISTRIBUTION

Alec Baldwin, Penelope Ann Miller, John Lone, Peter Boyle, Ian McKellen, Tim Curry…

INFOS

Long métrage américain
Genre : aventures/fantastique
Année de production : 1994

- Qui sait quel mal se cache dans le coeur des hommes ?
- Le Shadow le sait !

À l’origine, le Shadow était le narrateur d’une émission radiophonique qui faisait la promotion des publications de l’éditeur Street & Smith, spécialisé dans les pulps et les dime novels (ou “romans à deux sous”). Celui qui n’était alors qu’une simple voix a ensuite été développé sous la forme d’un personnage littéraire, un justicier aux mystérieux pouvoirs qui a été décliné sur de nombreux supports, des pulps (en grande partie écrits par Walter B. Gibson) aux comics en passant par le cinéma et la radio (un certain Orson Welles lui a même prêté sa voix pendant plusieurs mois de retransmission du feuilleton radio).

Le Shadow est apparu pour la première fois sur grand écran dès 1937, pour des productions à petit budget librement inspirées par les histoires papier. Il y a d’abord eu deux films en 1937 et 1938 (The Shadow Strikes et International Crime), suivis par un serial de 15 épisodes en 1940 puis par trois autres quickies (des séries B dont la durée dépasse à peine les 60 minutes) en 1946.
Dans les années 50, le Shadow manqua son rendez-vous avec la télévision, puisque deux pilotes distincts furent tournés sans déboucher sur une commande de série dans les deux cas (voir The Invisible Avenger pour en savoir plus).

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Le producteur David Bregman a acheté les droits de The Shadow en 1982, mais ce n’est pas avant 1990 et l’implication du scénariste David Koepp que le projet a trouvé le ton souhaité. Grand fan du feuilleton radio, David Koepp (qui a ensuite co-signé le premier Spider-Man de Sam Raimi, un réalisateur qui a lui aussi un temps voulu transposer l’univers du Shadow sur grand écran) a puisé les éléments de son scénario dans le riche matériel à sa disposition. Un matériel que je connais peu, n’ayant lu qu’une poignée de bandes dessinées, mais d’après ce que j’ai lu sur l’histoire du personnage et pour ne donner que quelques exemples, Shiwan Khan, le descendant de Gengis Khan, est un vilain récurrent des pulps, et la capacité d’“obscurcir l’esprit des hommes” vient principalement de la radio.

David Koepp donne aussi une origine au héros en s’appuyant sur la phrase iconique “Qui sait quel mal se cache dans le coeur des hommes ?”…et si le Shadow le sait, c’est parce qu’il a du combattre le mal qui était dans son propre coeur. Avant de devenir le Shadow, Lamont Cranston était du mauvais côté de la loi et a passé plusieurs années sous l’identité du seigneur de la guerre et caïd de la drogue Yin-Ko avant que le sage Tulku lui ouvre la voie de la rédemption. David Koepp a écrit le rôle spécialement pour Alec Baldwin, qui avait le regard et la voix qu’il cherchait pour le Shadow. Si je trouve le deuxième frère Baldwin convaincant en playboy à la Bruce Wayne et dans son très fidèle costume de justicier de l’ombre, il n’est par contre pas du tout crédible (et même assez ridicule) dans ce prologue exotique.

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La caractérisation (et pour certains l’interprétation) n’est pas spécialement le point fort de The Shadow. Peter Boyle campe un sympathique Moe Schrevnitz (le chauffeur de taxi) et Penelope Ann Miller ne manque pas d’aplomb en Margot Lane, mais John Lone n’élève pas son Shiwan Khan au-delà d’un Fu Manchu de pacotille, Ian McKellen (qui n’était pas encore devenu Magneto et Gandalf) est réduit à un second rôle sans saveur et Tim Curry (The Rocky Horror Picture Show) cabotine comme un gros sagouin.

Parmi les points positifs, la direction artistique est soignée (l’aspect visuel est très réussi, les décors sont superbes); la réalisation de Russell Mulcahy (Highlander) ne manque pas de très bonnes idées, dans les cadrages, dans la mise en scène des combats comme dans les passages les plus surréels (il y a des plans de toute beauté…d’autres sont par contre un peu plombés par des effets spéciaux qui ont très mal vieilli); la bande originale de Jerry Goldsmith est excellente, avec des sonorités inspirées et bien adaptées à ce divertissant cocktail d’aventures et de mystère au charme délicieusement suranné.

Comme les autres super-héros “rétro” du début des années 90 (Les aventures de Rocketeer, Le Fantôme du Bengale), The Shadow fut un échec au box-office mondial, dans un été 1994 dominé par des longs métrages à succès comme Le Roi Lion de Disney et The Mask avec Jim Carrey.

Le long métrage de Russell Mulcahy a été adapté en bande dessinée par Joel Goss et Michael Kaluta. La version française a été publiée par Dark Horse France.

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Tiens, je ne savais pas que c’était sorti en français…
Ça fait bien longtemps que je n’ai pas vu ce film (pourtant, j’ai le DVD)… Je n’en ai que de vagues souvenirs.

Tori.

Purée, c’est peu de le dire : ça rend parfois le film impossible à revoir, malgré de chouettes plans. C’est un peu le problème de plein de films de Mulcahy, parasités par des effets pas soignés.

jim