Comédie
Long métrage britannique
Réalisé par Alexander Mackendrick
Scénarisé par Angus MacPhail et Compton McKenzie d’après son roman
Avec Basil Radford, Catherine Lacey, Bruce Seton, Joan Greenwood, James Robertson Justice…
Titre original : Whisky Galore !
Année de production : 1949
Pendant la deuxième guerre mondiale, la vie s’écoule tranquillement sur la petite île de Todday, dans l’archipel des Hébrides. Il n’y a pas grand chose pour s’occuper sur ce petit coin de terre éloigné, mais heureusement pour les habitants il y a (bien évidemment) un pub et celui-ci ne désemplit pas. Mais un jour, catastrophe ! Le tenancier annonce une pénurie de whisky. Inconsolables, les hommes sont contraints à l’abstinence. Jusqu’au jour où un navire chavire le long des côtés, avec en cargaison 50.000 caisses du précieux liquide ! Les autochtones vont alors échafauder un plan pour vider les cales…
Whisky à gogo ! est l’adaptation d’un roman de Compton Mckenzie sorti deux ans plus tôt, l’auteur s’étant lui-même inspiré d’une histoire vraie, celle du naufrage d’un navire rempli d’alcool et mis à sac par les îliens de ces mêmes Hébrides. Sujet qui a (at)tisé l’intérêt des responsables de la Ealing, studio qui fit l’heure de gloire de la comédie britannique dans les années 40 et 50. Le producteur Monja Danischewsky a permis à Alexander Mackendrick, qui débuta quelques années plus tôt à la Ealing en tant que storyboarder, de faire ses débuts sur ce film en tant que réalisateur (il signa ensuite l’un des classiques du genre, l’excellent Tueurs de Dames avec Alec Guinness daté de 1955).
Le traitement à la Ealing de l’intrigue évite le piège de la simple « comédie de poivrots », notamment grâce au soin apporté à la description de la vie menée sur cette petite île (quelques petites lenteurs tout de même dans le premier acte mais rien de bien gênant) et à la caractérisation de ces tronches très couleur locale (et pour cause, les figurants sont tous des habitants du coin). Les situations plutôt cocasses ne font jamais oublier la toile de fond plus grave : pendant la Guerre, les insulaires doivent faire face au rationnement, au zèle des autorités policières et à la délation (la patron du pub n’aime pas la concurrence déloyale) face à la tentation de la contrebande.
Whisky à gogo ! trouve vraiment sa vitesse de croisière à partir de la savoureuse scène du vol des caisses de whisky et la suite orchestre un affrontement plein d’esprit et aux dialogues qui ne manquent pas piquant entre les hommes et femmes de Todday et le capitaine Waggett, un officier anglais envoyé sur l’île pour des manoeuvres afin de préparer la populace à une possible invasion nazie. D’allemands il n’y aura pas trace puisque le bougre va tourner en bourrique tout au long d’une malicieuse démonstration d’humour so british.
Au sein du casting, les têtes les plus connues sont celles de Basil Radford (l’infortuné Waggett), vu notamment dans Une Femme disparaît d’Alfred Hitchcock; la belle Joan Greenwood, qui sera ensuite dans Garou-Garou le Passe-Muraille aux côtés de Bourvil et le prolifique second rôle James Robertson Justice (Robin des Bois et ses joyeux compagnons, La Terre des Pharaons, Moby Dick…).





