PASSEPORT POUR PIMLICO (Henry Cornelius)

Comédie
Long métrage britannique
Réalisé par Henry Cornelius
Scénarisé par T.E.B. Clarke
Avec Stanley Holloway, Hermione Baddeley, Margaret Rutherford, Paul Dupuis, Basil Radford…
Titre original : Passport to Pimlico
Année de production : 1949

Avant de retourner à l’écriture de romans dans les années 60, T.E.B. Clarke fut l’un des principaux scénaristes du studio Ealing. Il y travailla en effet sur une quinzaine de longs métrages entre 1944 et 1957, dont la moitié furent des comédies comme ce Passeport pour Pimlico de Henry Cornelius, De L’Or en Barre et Tortillard pour Titfield de Charles Crichton ou encore Un Détective très Privé de Basil Dearden. Il participa également aux quelques incursions de la Ealing dans le fantastique, L’Auberge Fantôme de Basil Dearden et l’excellent film à sketches Au coeur de la nuit. On dit de lui qu’une de ses marques de fabrique était « le développement logique d’idées absurdes » et c’est ce qu’on retrouve dans le film dont il est question ici.

Comme beaucoup de comédies de la Ealing, le contexte social à la base de l’intrigue puise son inspiration dans la réalité. Le quartier de Pimlico attend toujours sa reconstruction après le deuxième conflit mondial et l’argent est difficile à trouver même pour la simple proposition de construction d’une piscine, ce qui serait bien utile aux habitants du quartier pendant la pire canicule qu’ait connu le pays. L’explosion d’une bombe allemande met au jour l’existence d’un trésor et d’un décret qui rattache Pimlico au duché de Bourgogne ! Parce qu’ils en ont assez des restrictions en vigueur, les résidents décident alors de faire sécession, devenant ainsi des étrangers au sein de leur propre pays…

Ce qui était au début une simple blague après une soirée trop arrosée devient vite réalité et les hommes et femmes de Pimlico vont devoir en affronter les conséquences. Situation certes assez saugrenue mais imaginée d’après des anecdotes réelles (dont une qui s’était déroulée au Canada). La vie change du tout au tout dans ce petit quartier londonien et l’observation du microcosme souligne aussi bien les défauts et les qualités de tout ce petit monde, le côté mesquin par exemple mais aussi la façon dont les londoniens se serrent les coudes dans les jours difficiles.

Cette jubilatoire (et rondement menée jusqu’à une chute joliment ironique) démonstration de l’humour à la Ealing réunit une belle brochette de comédiens habitués du studio, comme Stanley Holloway (De L’or en Barre), Basil Radford (Whisky à Gogo !), ainsi que la fantasque Margaret Rutherford (qui sera ensuite la Miss Marple d’Agatha Christie dans plusieurs productions des années 60) et le filiforme Charles Hawtrey, pilier de la comédie britannique qui a ensuite intégré la joyeuse troupe des acteurs de la franchise des Carry On.

Le réalisateur Henry Cornelius est quant à lui moins connu que Charles Crichton et Basil Dearden puisqu’il quitta rapidement le studio Ealing (fait rare à l’époque) pour développer ses propres projets de manière indépendante. Une carrière très courte puisqu’il mourut prématurément en 1958 à l’âge de 44 ans.

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