CRAWL (Alexandre Aja)

DATE DE SORTIE FRANCAISE

24 juillet 2019

REALISATEUR

Alexandre Aja (Haute Tension, La Colline a des yeux…)

SCENARISTES

Michael & Shawn Rassmussen

DISTRIBUTION

Kaya Scodelario, Barry Pepper, Ross Anderson…

INFOS

Long métrage américain
Genre : horreur
Année de production : 2019

SYNOPSIS

Quand un ouragan de catégorie 5 touche une petite ville de Floride, une jeune femme se rend sur place pour aider son père. Elle se retrouve alors prise au piège dans une maison infestée d’alligators…

Ah tiens, je m’aperçois que je n’ai pas vraiment beaucoup suivi ce qu’Aja a fait depuis son Piranha.

Jim

Entre Piranhas et Crawl, Aja a réalisé deux films (que je n’ai pas encore vus),

Horns

et La 9ème vie de Louis Drax.

Il a aussi co-produit quelques films d’horreur, dont Pyramide

et The Door.

Voilà. J’ai aussi noté un short, listé sur IMDB. Mais je crois que j’ai zappé tout ça. Va falloir que je me rattrape.

Jim

Oui, Campfire Creepers avec Robert Englund…

Un court-métrage tourné spécialement pour les casques VR (Réalité Virtuelle).

La bande-annonce :

Les dents de la mer dans la salle de bains.

Jim

HAHAHAHAHA

Jim

Ca devrait nager vite dans ce film XD

Ou couler, si c’est mauvais.

Vu la gueule des dents, je dirais plutôt se faire bouffer …

Donc : en haut de l’image, c’est le film, et en bas, les critiques, c’est ça ?

Tori.

C’est très sympa, ce petit truc.
Je suis allé le voir en me disant que j’allais me faire un film de sale bestiole de l’été, et j’en suis ressorti avec le sentiment positif que j’ai face à des films qui ne roulent pas des mécaniques mais qui tiennent leurs promesses.
Grosso modo, le métrage, assez court (environ une petite heure et demie), prend des parti pris assez intéressant. Il se place directement dans l’ombre des Dents de la Mer (ça dépasse le clin d’œil dans l’auto, il y a des citations évidentes dans la mise en scène), mais choisit des angles diamétralement opposés. Par exemple, après quelques plans peu ragoûtants dans la cave, animés par des jeux d’ombres et de lumières classiques (une silhouette qui passe devant le soupirail, des trucs du genre) et par un son très bien travaillé (les bruits qu’on entend pourraient être des courants d’air ou des gargouillis de tuyauterie… ou autre chose), on voit très clairement un alligator, assez vite dans le film, en entier et sous une lumière bien claire. Paf, les enjeux sont (en partie du moins) posés. Les personnages et les spectateurs savent à quoi ils ont affaire. Dès lors, on peut passer aux choses sérieuses. C’est le propos inverse des Dents de la mer (qui cache son monstre parce que « Bruce », le requin mécanique, tombait tout le temps en panne, on le sait, ce qui a nécessité de jongler avec la grammaire du genre), et en soi c’est assez finaud.
Dès lors, le jeu narratif, consistant à montrer ou pas l’horreur, est décalé, et prend une signification autre : ceux qui sont dans la maison savent mais ne peuvent pas le communiquer à ceux qui sont à l’extérieur et ne savent pas. Et c’est à ce niveau que se réinvestit l’idée que le monstre n’est aperçu qu’en partie, ou que par ses conséquences ou sa présence indirecte.
Les alligators sont plutôt bien animés, et il y a quelques plans qui me laissent penser que certains trucages recourent à des méthodes traditionnelles. Et les décors, notamment sous l’eau, sont bien glauques, les plans aquatiques étant souvent éclairés par des lumières vertes ou jaunes à l’effet dégueu des plus repoussants.
C’est plutôt bien monté, lorgnant vers le film d’action, avec des acteurs assez convaincants (d’autant que je n’en connais aucun, ce qui rend toujours plus intéressante la perception du récit, je crois).
En sortant, je me disais que si le personnage central nageait comme un caillou (genre… moi), le film aurait duré dix ou douze minutes. Effectivement, l’héroïne est une nageuse, mais cette caractéristique dépasse le « how convenient ». Car tout ce que les personnages ont vécu précédemment, évoqué à l’occasion de deux ou trois scènes de parlotte pas lourdes, les a menés à la situation périlleuse où ils sont. Cela permet de sortir du registre « initiatique » souvent associé à ce genre de films, même si les étapes narratives en sont respectés.
Bref, sans être révolutionnaire ni inoubliable, le récit a construit sa propre logique, évitant dans le même temps de tomber dans le pathos ou dans la caractérisation douteuse. Le tout sur fond de catastrophe naturelle qui prend, en filigrane, une allure de métaphore climatique des plus efficaces.

Jim

J’envisageais d’y aller. Jim valide.
Le monde est bien fait. :slight_smile:

Méfie-toi, tu sais aussi que j’ai la dent nettement moins dure que toi.

Mais ouais, dans la catégorie « petite sortie de détente », j’aime bien.

Jim

Barry Pepper (que j’avais découvert dans Il faut sauver le soldat Ryan et qu’on peut aussi voir dans La ligne Verte) est clairement un acteur sous-estimé et sous-employé. Il le prouve encore ici en interprétant un père qui pourrait avoir tout du cliché actuel et qui se révèle bien plus profond et sage qu’on pourrait s’y attendre.

C’est une des nombreuses qualité du film

Ah purée, ouais, le tireur d’élite.
Sans toi, je ne l’aurais pas reconnu.

Zactement.

Jim