FRAYEURS (Lucio Fulci)

REALISATEUR

Lucio Fulci

SCENARISTES

Lucio Fulci et Dardano Sachetti

DISTRIBUTION

Catriona MacCall, Christopher George, Carlo DeMejo, Giovanni Lombardo Radice, Fabrizio Jovine, Venantino Venantini…

INFOS

Long métrage italien
Genre : horreur
Titre original : Paura nella città dei morti viventi
Année de production : 1980

35ème long métrage réalisé par Lucio Fulci, Frayeurs n’est que le deuxième véritable film d’horreur mis en scène par celui que les amateurs du genre appelleront Le Poète du Macabre et Le Parrain du Gore. Si Fulci avait déjà flirté avec l’horreur par l’intermédaire de genres tels que le giallo (La Longue Nuit de l’Exorcisme, Le Venin de la Peur…) et le western (4 de l’Apocalypse), ce n’est que lorsqu’on lui confia la réalisation de L’Enfer des Zombies, production lancée pour surfer sur le succès du Zombie de George Romero, que Fulci se trouva une véritable prédisposition pour le genre en faisant d’une commande une oeuvre véritablement marquante.

En ce qui me concerne, c’est surtout la trilogie non-officielle des “Portes de L’Enfer” qui représente le summum de l’apport de Lucio Fulci au genre horrifique, 3 films sortis sur une période de 2 ans, en 1980 et 1981 : le très bon Frayeurs, dont il est question ici; l’excellent L’Au-delà, son chef-d’oeuvre absolu; et La Maison près du cimetière, moins abouti tout en étant pétri de moments authentiquement terrifants.

Féru de lecture, Lucio Fulci rend hommage avec cette série de films à l’écrivain Howard Phillips Lovecraft (sans oublier une touche gothique à la Edgar Allan Poe). Dès Frayeurs, l’influence du créateur des Grands Anciens est évidente car l’action du scénario se passe en grande partie dans la petite ville de Dunwich. Dans l’oeuvre de Lovecraft, Dunwich est une ville du Massachusetts située dans la vallée de la rivière Miskatonic…une localité pauvre, avec des habitants superstitieux (ce qu’on retrouve d’ailleurs dans Frayeurs), située dans une région étrange, désolée et difficile d’accès.

Malins, Fulci et son co-scénariste Dardano Sachetti reprennent cette idée dans Frayeurs à travers le périple du journaliste Peter Bell et de la médium Mary Woodhouse, qui se rendent à Dunwich suite aux visions horribles de la jeune femme qui ont failli lui coûter la vie (ce qui lui vaudra d’être pratiquement enterrée vivante). Dans l’une de ses séances de spiritisme, Mary a été le témoin du suicide d’un prêtre dans le petit cimetière de Dunwich. Cette mort a eu pour effet d’ouvrir les Portes de l’Enfer, permettant aux morts de revenir sur Terre et de s’en prendre aux vivants. Si les Portes de l’Enfer ne sont pas refermées avant la Toussaint, les zombies envahiront le monde…

Comme souvent, la direction d’acteurs n’est pas la chose que Fulci maîtrise le plus. Si la belle Catriona MacCall est toujours aussi convaincante (tellement que le réalisateur fera d’elle l’actrice principale de sa trilogie), il n’en est pas de même pour Christopher George (Grizzly, le Monstre de la Forêt), qui joue le journaliste Peter Bell avec une désinvolture qui dessert le rôle (il ne s’est d’ailleurs pas très bien entendu avec son réalisateur sur le tournage). Les seconds rôles livrent des compositions parfois un peu limites, mais ce défilé de figures étranges, aux personnalités troubles, renforce le caractère mystérieux de Dunwich.

Là où le film trouve sa force, c’est indéniablement par la mise en scène inspirée de Lucio Fulci, son talent pour composer des atmosphères angoissantes à souhait en faisant une utilisation aussi judicieuse que dérangeante des effets sonores, en composant des plans de toute beauté (les visions nocturnes d’une Dunwich baignée par les brumes) et en soignant l’ambiance particulière de son film afin d’instiller la peur au coeur du spectateur (La Paura fut même le titre de travail du film). Et il y réussit parfaitement : Frayeurs est oppressant du début à la fin et prend aux tripes autant par sa puissance symbolique (les larmes de sang, l’imagerie religieuse…) que par les scènes cauchemardesques concoctées par Fulci.

Car bien entendu, les passages gores, particulièrement réalistes, ne sont pas à réserver aux estomacs les plus sensibles : jeune femme qui vomit littéralement ses entrailles, crânes broyés par les zombies, pluie d’asticots, tête transpercée par une perceuse…et les attaques des morts-vivants, apparitions putrides et infernales dont l’efficacité monte en puissance jusqu’à un final troublant.

La musique de Fabio Frizzi, collaborateur régulier de Fulci, participe aussi à l’impact de Frayeurs, qui fait partie, avec les deux autres films de la trilogie des Portes de L’Enfer, des dernières grandes réussites du cinéma horrifique transalpin (oui, le film a plus de 30 ans, mais à part quelques Dario Argento et Michele Soavi, ce qui a suivi n’a rien de mémorable…ou alors dans le registre nanardesque).

J’étais en train de me dire, tout en lisant ton article, que j’aimerais bien voir ce film et puis …

humm…, et là je me suis dit que finalement non ; je vais me contenter de ce que tu en dis.

Merci. :wink: :slight_smile:

Héhéhé…je m’en doutais un peu. :wink:

Tu n’aimes vraiment pas le genre horrifique ou est-ce surtout le gore qui te rebute ?

[quote=“Le Doc”]Héhéhé…je m’en doutais un peu. :wink:

Tu n’aimes vraiment pas le genre horrifique ou est-ce surtout le gore qui te rebute ?[/quote]

Plutôt le gore, et l’explicite.

Mais j’aime bien l’horreur, mais si c’est trop “démonstratif”, sanguinolant, *gore *quoi, j’aime moins.
J’ai vu récemment Bone Tomahawk, et il y certaines scènes qui m’ont franchement rebutées. :slight_smile:

Grand fan du genre, Francesco Francavilla choisit chaque année un thème horrifique pour son Inktober . Le sujet du mois : les films d’horreur des années 80.

FRAYEURS

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