Western/comédie
Long métrage italien/espagnol/américain/hong-kongais
Réalisé par Antonio Margheriti
Scénarisé par Antonio Margheriti et Giovanni Simonelli
Avec Lee Van Cleef, Lo Lieh, Patty Shepard, Femi Benussi…
Titre original : La Dove Non Batte Il Sole
Année de production : 1974
Au début des années 70, la Shaw Brothers, historique maison de production hong-kongaise, cherchait à diversifier son public en multipliant les co-productions à l’international. Ces collaborations avec d’autres studios amenaient des mélanges de genre à priori improbables, comme La Légende des Sept Vampires d’Or, rencontre entre le film de kung-fu et les vampires de la Hammer. Les producteurs de western spaghetti ont également appliqué cette recette à un genre qui attirait moins de spectateurs dans les salles que la décennie précédente.
L’âge d’or du western spaghetti (la deuxième moitié des années 60, en particulier le pic qu’a représenté l’année 1968) était en effet passé. Le succès des spagh’ à la mode comique, popularisés par les Trinita avec Terence Hill et Bud Spencer, lui a donné un second souffle, même si cela n’a pas été du goût de tous les amateurs de western. La Brute, le colt et le karaté est l’un des titres les plus connus de cette vague de longs métrages qui ont fait se rencontrer les univers des cow-boys et des combattants venus d’Orient…le plus souvent avec une pointe d’humour.
Dans cette réalisation signée par le vétéran Antonio Margheriti (Danse Macabre, Avec Django, la mort est là…), un voleur appelé Dakota doit faire équipe avec Ho Chiang, un spécialiste des arts martiaux venu en Amérique pour retrouver le trésor d’un seigneur que son oncle aurait dérobé. Le premier est joué avec une amusante décontraction par Lee Van Cleef, dont la filmographie des seventies ne compte quasiment que des westerns. Et Ho est campé par Lo Lieh, qui s’est fait un nom avec la sortie de La Main de Fer en 1972 et qui fut en 1974 au générique d’une autre co-production italo-hong-kongaise, le nanar Les 3 Supermen du kung-fu.
La Brute, le colt et le karaté ne met pas vraiment l’accent sur le kung-fu. Il y a bien évidemment quelques combats, histoire d’utiliser les capacités physiques de Lo Lieh, mais ils ne sont pas très bien mis en valeur par le montage maladroit, les effets sonores et la mise en scène de Antonio Margheriti. Le scénario se concentre principalement sur la quête des deux héros, qui prend la forme d’une chasse au trésor très particulière car les indices ont été tatoués sur les fesses de quatre femmes par le vieil oncle libidineux.
Cela donne une structure un brin répétitive et des répliques qui ne tournent qu’autour du fondement de ces jolies dames mais malgré ses faiblesses, le divertissement est sympathique et souriant, notamment grâce à quelques personnages secondaires savoureusement caricaturaux (comme le pistolero prédicateur) et à la dynamique très buddy movie du duo formé par Lee Van Cleef et Lo Lieh.