LA LEGENDE DES 7 VAMPIRES D'OR (Roy Ward Baker)

REALISATEUR

Roy Ward Baker

SCENARISTE

Don Houghton

DISTRIBUTION

Peter Cushing, David Chiang, Julie Ege, Robin Stewart, John Forbes-Robertson…

INFOS

Long métrage britannique/hong-kongais
Titre original : The Legend of the 7 Golden Vampires
Genre : action/fantastique
Année de production : 1973

En 1804, Kah, grand prêtre tyrannique du temple de Pan Kwei, cherche à ressusciter les 7 vampires d’or afin de restaurer son ancienne puissance. Il se rend en Transylvanie pour solliciter l’aide de l’archi-vampire, le Comte Dracula. Dracula préfère tuer le prêtre et prendre son apparence avant de se rendre en Chine pour y faire régner la terreur.
100 ans plus tard, le professeur Van Helsing donne une conférence à l’université de Chungking. Son exposé de la légende des 7 vampires d’or est accueilli par des réactions sceptiques. Mais parmi les étudiants et professeurs se trouve Hsi Ching, un jeune guerrier venu à Chungking avec sa fratrie. Ils viennent du village de Pan Kwei, toujours affligé par le fléau des 7 vampires. Après quelques péripéties, Van Helsing, accompagné par son fils Leyland et la riche Vanessa Buren, accepte l’offre de Ching de former une expédition jusqu’au village maudit…

Après avoir régné pendant deux décennies sur le cinéma fantastique, la Hammer, légendaire studio britannique, se retrouve en perte de vitesse au début des années 70 après une série d’échecs. Michael Carreras, jusque là réalisateur et producteur, prend donc les rennes d’une firme moribonde, un peu ringardisée par le renouveau de l’horreur U.S., et qu’il va s’échiner à essayer de sauver de la faillite. Ce qui est notamment passé par des tentatives de transposer Dracula à l’époque moderne, via Dracula 73 et Dracula vit toujours à Londres…mais Christopher Lee n’y croit plus. L’iconique interprète du plus célèbre des vampires a toujours détesté ces Dracula des seventies, qu’il a déclaré avoir tourné contraint et forcé par un chantage émotionnel (du genre “si tu ne tournes pas le prochain Dracula, tu mettras plein de monde au chômage”).

Face au succès grandissant des films de kung-fu, Michael Carreras pensa qu’une collaboration avec le légendaire studio Shaw Brothers pourrait donner un nouveau souffle aux productions de la Hammer. Ce mariage étonnant ne déboucha finalement que sur deux longs métrages : La légende des 7 vampires d’or et le thriller mâtiné d’action Un dénommé Mr Shatter.

La Légende des 7 vampires d’or est historiquement le dernier film de vampires de la Hammer et c’est aussi le seul volet du cycle Dracula à ne pas mentionner le nom du comte dans son titre. À l’origine, Dracula ne devait d’ailleurs faire partie de l’aventure, mais il a été ajouté sur l’insistance des investisseurs chinois. Vu qu’il passe la grande majorité du récit sous la forme du maléfique Kah, le comte n’apparaît physiquement qu’à deux reprises : dans le prologue et pour l’habituel affrontement final (expédié et décevant) avec le professeur Van Helsing. Et ce n’est franchement pas un mal…
Christopher Lee ayant jeté l’éponge, il a été remplacé ici par John Forbes-Robertson, qui livre une insipide prestation. L’acteur n’est également pas aidé par des dialogues ineptes et par un maquillage absolument ridicule. Bref, on est loin de la prestance et du charisme de Christopher Lee.
Face à lui, Peter Cushing est indétrônable dans le rôle de Van Helsing, à qui il insuffle à nouveau son énergie et son magnétisme. Il demeure le meilleur interprète de la fade distribution britannique.
En ce qui concerne les acteurs locaux…j’avoue ne pas les connaître. La tête d’affiche est David Chiang, qui avait déjà une carrière prolifique dans le cinéma d’action (Les 13 fils du dragon d’or, Le karatéka au bras d’acier, La rage du tigre…), sans que sa renommée ne dépasse vraiment le continent asiatique.

La réalisation des 7 Vampires d’or ne fut pas de tout repos pour le vétéran Roy Ward Baker (Quatermass and the pit, Le caveau de la terreur, Les cicatrices de Dracula…), qui a eu du mal à s’habituer aux conditions de tournage en Chine, autant en studio qu’à l’extérieur, et qui a du déléguer les multiples scènes de combats au maître Chang Cheh (Un seul bras les tua tous, Le Bras de la Vengeance…).
Le scénario a également été réécrit plusieurs fois pendant la production sans que celui-ci ne réussisse à satisfaire pleinement les différentes parties. Le récit est assez incohérent (si Dracula a passé cent ans en Chine sous la forme d’un grand prêtre, comment a-t-il pu combattre Van Helsing en Transylvanie…ce n’est jamais clairement expliqué) et est de ce fait rattaché artificiellement aux autres volets du cycle Dracula de la Hammer

Si le film ne manque pas de défauts, il est aussi bien rythmé, avec un bon dosage entre l’action (bondissante) et l’horreur. Les vampires et leur armée de serviteurs sont au centre de passages visuellement bluffants (les goules qui surgissent de leurs tombes), à l’atmosphère envoutante et baignée de couleurs chamarrées. Les maquillages des vampires chinois sont un peu trop surchargés mais c’est un élément qui ajoute au charme baroque de l’ensemble…un mélange des genres qui n’a pas connu un grand succès à sa sortie, tout en préfigurant en un sens les films de fantômes à la sauce kung-fu qui feront florès les années suivantes.