LA MALÉDICTION (Richard Donner)

Horreur
Long métrage américain/britannique
Réalisé par Richard Donner
Scénarisé par David Seltzer
Avec Gregory Peck, Lee Remick, Harvey Stephens, David Warner, Patrick Troughton…
Titre original : The Omen
Année de production : 1976

La Malédiction est le long métrage qui a fait de Richard Donner un réalisateur reconnu , le succès de ce suspense surnaturel ayant attiré l’attention des producteurs Ilya et Alexander Salkind qui préparaient alors ce qui allait devenir l’un des grands blockbusters des années 70, Superman. Donner avait déjà une longue carrière derrière lui puisqu’il avait passé 15 ans à travailler pour la télévision. On retrouve ainsi son nom au générique de nombreuses séries télévisées, de Au nom de la Loi à Kojak en passant par La Quatrième Dimension, Des Agents très spéciaux, Les Mystères de l’Ouest ou encore Les Rues de San Francisco.

Pendant ses prolifiques années télévisuelles, Richard Donner a tout de même tourné trois films, passés inaperçus et largement oubliés de nos jours : X-15 en 1961, Sel, poivre et dynamite en 1968 et L’ange et le démon en 1970. C’est en se frottant à un thème en vogue (l’horreur qui surgit dans un cadre quotidien) et popularisé par des longs métrages comme Rosemary’s Baby et L’Exorciste que Richard Donner a pu se faire un nom et enchaîner les projets sur grand écran (sans oublier pour autant le petit puisqu’il fut l’un des producteurs et réalisateurs de la série Les Contes de la Crypte).

L’idée principale de La Malédiction vient du producteur Harvey Bernhard qui a ensuite chargé le scénariste David Seltzer d’écrire un script sur la venue de l’Antéchrist sur Terre. La vision de Seltzer a souvent été en contradiction avec le ton que Richard Donner (choisi après que Curtis Harrington ait un temps été envisagé) voulait donner au film. Donner souhaitait injecter un peu plus d’ambiguïté sur la nature des événements étranges liés au jeune Damien tandis que pour Seltzer, il ne faisait aucun doute que les morts violentes sont causées par des forces sataniques.

Le résultat final est pour moi un bon compromis entre les deux. Le premier acte prend le temps qu’il faut pour décrire la façon dont une tragédie se transforme en bonheur pour la famille Thorn quand le père, un diplomate américain, décide d’adopter un bébé orphelin après la mort subite de son propre fils…tout en cachant la vérité à sa femme. Pendant plusieurs années, tout se passe bien. Thorn obtient une promotion et devient ambassadeur, la petite famille s’installe dans une superbe demeure à Londres…bref, tout se passe bien jusqu’au jour où la babysitter du petit Damien se suicide pendant la fête d’anniversaire du gamin…

La Malédiction est un long métrage qui dose bien ses effets. Le récit monte en puissance, en entretenant les doutes de Robert Thorn (très bonne interprétation de Gregory Peck, star hollywoodienne dont la carrière avait décliné pendant les seventies et qui avait été séduit par le caractère tourmenté du personnage) tout en soignant des scènes-chocs efficaces, bien filmées et montées, sans jouer sur le gore et la surenchère (la bande-originale de Jerry Goldsmith participe beaucoup à rendre ces passages percutants). Le drame familial laisse ensuite la place à une enquête menée par Thorn et un journaliste impliqué malgré lui (dont le destin fait partie des moments mémorables du film et qui est campé par le regretté David Warner).

Dans cette deuxième moitié, Richard Donner n’hésite plus à y aller à fond sur le symbolisme, notamment lors de la scène du cimetière à l’ambiance digne des films de la Hammer, et fait monter les enjeux jusqu’à un final palpitant. L’ultime plan, avec ce sourire qui n’annonce rien de bon, prépare la suite, Damien : La Malédiction II, rapidement mise en chantier suite au succès de La Malédiction et sortie dans les salles obscures deux ans plus tard.

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