LE CHAMPION (Mark Robson)

REALISATEUR

Mark Robson

SCENARISTE

Carl Foreman, d’après la nouvelle de Ring Lardner

DISTRIBUTION

Kirk Douglas, Arthur Kennedy, Marilyn Maxwell, Paul Stewart…

INFOS

Long métrage américain
Genre : drame
Titre original : Champion
Année de production : 1949

À son retour de la Guerre, Kirk Douglas, de son vrai nom Issur Danielovitch, poursuit son apprentissage du métier d’acteur en acceptant toutes les opportunités, qu’elles soient à la radio (il joue dans des feuilletons radiophoniques et des publicités) ou au théâtre. C’est grâce à une amie qu’il avait connue sur les bancs de l’American Academy of Dramatic Arts, une certaine Lauren Bacall, qu’il est engagé par le producteur Hal Wallis pour jouer le second rôle masculin de L’Emprise du Crime de Lewis Milestone en 1946. Il se fait vite remarquer et il enchaîne les tournages (3 films en 1947, 2 en 1948), jouant notamment aux côtés de Robert Mitchum dans La Griffe du Passé de Jacques Tourneur et de Burt Lancaster dans L’Homme aux abois de Burt Lancaster.

Mais Kirk Douglas n’allait pas se contenter longtemps de second rôles. Il a ensuite décidé de rejeter un rôle dans Passion Fatale de Robert Siodmak, une grosse production de la MGM pour laquelle il aurait été très bien payé, pour être la vedette d’une petite production indépendante, Le Champion, réalisé par le très bon Mark Robson, monteur et metteur en scène formé à « l’école » Val Lewton (La Septième Victime, Le Vaisseau Fantôme…). Son huitième film, son premier en tête d’affiche…une décision vue comme un risque à l’époque, mais un risque qui a payé…

Car Kirk Douglas est incroyable d’intensité en boxeur prêt à tout pour se sortir de la pauvreté et rester au top. Son Midge Kelly n’est pourtant pas un mauvais bougre…avec son sourire en coin charmeur, il est difficile de lui résister dans le récit de son accession à la célébrité. Mais il est animé par une colère qui lui dicte de mauvaises décisions, se mettant progressivement à dos tous les membres de son entourage. La caractérisation est juste et l’histoire est bien servie par une bonne galerie d’acteurs.

Arthur Kennedy (La Charge Fantastique) est touchant en frère aimant qui reste dans l’ombre jusqu’à ce qu’il ne supporte plus le comportement de son aîné. Paul Stewart (Citizen Kane) livre une composition saisissante en figure paternelle, l’entraîneur chevronné, calme et désabusé. Marilyn Maxwell, Ruth Roman et Lola Albright complètent la distribution en formant le cercle des femmes de la vie de Midge Kelly.

Superbement photographié par Franz Planer (qui sera ensuite le chef opérateur de 20.000 Lieues sous les mers, toujours avec Kirk Douglas), Le Champion est un beau film dramatique (le final est déchirant) et un film sportif très efficace, notamment grâce au montage qui fait un bon usage de la musique de Dimitri Tiomkin sur les scènes d’entraînement et à des combats âpres, à l’impact indéniable, emmenés par un Kirk Douglas habité.

Bref, un superbe premier grand rôle pour l’une des dernières grandes légendes hollywoodiennes, qui vient de nous quitter à l’âge de 103 ans…