LE MONSTRE EST VIVANT (Larry Cohen)

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REALISATEUR & SCENARISTE

Larry Cohen

DISTRIBUTION

John P. Ryan, Sharon Farrell, Andrew Duggan, Guy Stockwell…

INFOS

Long métrage américain
Genre : horreur
Titre original : It’s Alive
Année de production : 1974

It’s Alive (titre original du Monstre est vivant) est une exclamation rendue célèbre par le Frankenstein de James Whale puisqu’elle est proclamée par un Henry Frankenstein (Colin Clive) en pleine transe divine après avoir donné naissance à sa créature. Une référence intentionnelle au mythe sorti de l’imagination de Mary Shelley de la part de Larry Cohen puisque Frank Davis, le personnage principal du Monstre est vivant, tire à un moment un parallèle entre le célèbre monstre et son fils mutant.

Formé à la télévision dans les années 60 (il a notamment créé la fameuse série Les Envahisseurs avec Roy Thinnes), Larry Cohen a fait ses débuts en tant que réalisateur sur grand écran au début des années 70 en pleine Blaxploitation. Il a signé l’un des succès du genre avec Black Caesar, le parrain de Harlem, avec Fred Williamson en tête d’affiche. Larry Cohen s’est ensuite préparé à tourner son premier film d’horreur, mais la Warner voulait à tout prix une suite à Black Caesar. Parce qu’il ne voulait pas reporter son autre projet, Cohen a alors tourné les deux longs métrages en même temps (ce qu’il a regretté par la suite) : Le Monstre est vivant en semaine et Casse dans la ville le week-end (et pour ce dernier il lui a fallu jongler avec le planning de Fred Williamson qui était engagé sur Opération Hong Kong à la même période).

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Avant Le Monstre est vivant, d’autres films ont exploité une certaine peur, celle que les parents ressentent quand ils découvrent que quelque chose ne tourne décidément pas rond avec leurs enfants (Le Village des Damnés, Rosemary’s Baby…). Le Monstre est vivant fait partie des premiers longs métrages (et est peut-être bien le premier) à faire de l’accouchement en lui-même un sujet d’horreur. Les dix premières minutes annoncent bien la couleur : par le biais des dialogues, on sait déjà que la grossesse de Lenore Davis n’est pas normale. Alors que son mari tourne comme un lion en cage, le travail commence…et il se finit très mal car Frank découvre les corps ensanglantés des docteurs et des infirmières. Seule sa femme a survécu à ce qui s’est passé dans cette pièce…

Les quelques indices ne laissent pas de doute : le tueur n’est autre que le bébé qui se révèle être un mutant amateur de chair humaine (bon, pas que puisqu’il tue aussi le chat de la famille). Larry Cohen ne donne pas vraiment d’explications sur la nature de la créature, mais plusieurs théories sont données par les protagonistes…pollution, radiations, médicament non testé ce qui donne lieu à une petite critique des corporations qui font tout pour assurer leurs arrières afin d’éviter la mauvaise publicité. La scène est rapide mais bien vue, Larry Cohen préférant se concentrer sur le drame vécu par le couple Davis (très bien interprétés par le solide John P. Ryan et Sharon Farrell) et leurs sentiments conflictuels concernant leur horrible progéniture.

Larry Cohen ne montre jamais frontalement le bébé, privilégiant les vues subjectives et de brefs aperçus, une façon de cacher les mouvements pas toujours convaincants de la marionnette créée par un jeune Rick Baker. Les choix de cadrage sont le plus souvent assez efficaces et renforcent le malaise de la situation, tout comme les cris atroces lancés par le petit mutant. Si elle n’échappe pas à quelques maladresses, la réalisation de Larry Cohen sait maintenir un véritable climat de tension, renforcé en cela par la très bonne partition musicale du maestro Bernard Herrman.

Cette bonne petite série B a engendré deux suites, à nouveau écrites et dirigées par Larry Cohen : Les Monstres sont toujours vivants en 1978 et La Vengeance des Monstres en 1987, ainsi qu’un remake sorti directement en DVD en 2009 (et que Larry Cohen a détesté).