RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

La série des Champions, publiée dans les années 1970 et plus ou moins calquée sur le principe de celle des Defenders, à savoir une équipe fourre-tout qui permet de faire vivre quelques personnages-licences tout en jouant sur l’idée d’une non-équipe pas vraiment faite pour être réunie, est un peu oubliée aujourd’hui. Et pourtant, elle a eu droit à des rééditions, d’abord sous la forme des deux tomes de The Champions Classic (l’édition que j’ai) puis sous celle de The Champions Classic - The Complete Collection.

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Le projet est développé par le scénariste Tony Isabella, qui souhaite dans un premier temps associé deux anciens X-Men, Angel et Iceman, au nouveau héros Black Goliath. Mais ce dernier a récemment eu droit à sa propre série mensuelle, ce qui oblige l’auteur à revoir sa copie. La série est dans un premier temps supervisée par Len Wein, qui demande au scénariste d’assembler une équipe de cinq héros, ce qui conduit Isabella à sélectionner Hercule, Black Widow et Ghost Rider. Ce dernier grille la politesse à d’autres prétendants, parmi lesquels Captain Marvel, Power Man ou Son of Satan. D’après la légende, c’est David Anthony Kraft qui trouve le nom du groupe, au départ prévu pour apparaître dans un format Giant-Size, sans doute à un rythme trimestriel.

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Mais des problèmes techniques et des retards dans la production feront que la série sortira officiellement en mensuel, sous l’égide de Marv Wolfman, avec une cover date d’octobre 1975. Un bazar éditorial qui se confirmera tout au long de la série.

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Donc, le premier épisode est écrit par Tony Isabella, illustré par Don Heck et Mike Esposito, et commence avec Warren et Bobby, les deux anciens X-Men qui ont repris leurs études à l’université U.C.L.A. Ils voit un portail dimensionnel s’ouvrir, duquel jaillissent des harpies à la recherche de la déesse Vénus. Rapidement, tout ce chahut attire l’attention de Black Widow, qui cherche un boulot en Californie, de Ghost Rider, qui ne peut pas motarder tranquille sans se faire alpaguer par Cerberus, et bien sûr par Hercules. Une fois réunis, les Champions, qui ne portent pas encore ce nom, se retrouvent face à Pluto.

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Ce dernier court après Venus, dont il veut faire son épouse. Les héros s’y opposent, mais chose intéressante, ils perdent. Venus et Hercules sont emportés au royaume des dieux olympiens, et le groupe… se sépare !

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Bien entendu, l’intrigue a une suite, puisque les membres mènent un assaut sur l’Olympe dans l’épisode suivant. Épisode dont les dialogues sont signés par Bill Mantlo et dont le dessin est assuré par George Tuska : ça y est, la valse des auteurs commence.

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Et ça continue avec le quatrième épisode, écrit par Chris Claremont (encore une affaire de possession mentale) et dessiné par George Tuska…

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… avant le retour d’Isabella et Heck pour le cinquième numéro et l’arrivée du super-vilain Rampage, qui sera le premier ennemi original de l’équipe. Le seul élément stable, c’est Rich Buckler, qui signe de très dynamiques couvertures.

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Isabella semble intéressé par les atermoiements de Natacha, dont l’associé Ivan commente les hésitations en lui rappelant que ses expériences auprès des Avengers ou de Daredevil n’ont jamais été probantes. Avec Hercules, c’est peut-être le seul personnage que le scénariste peut utiliser librement, puisque Ghost Rider dispose à cette époque de sa propre série qui contient les développements importants du personnages.

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En revanche, dès qu’il s’agit d’action, il développe ses intrigues en plongeant Angel et Iceman dans la bagarre : ce sont les deux principaux vecteurs de l’avancée des intrigues. Et dans le septième épisode, c’est au tour de Darkstar et Griffin de surgir, tandis qu’une nouvelle intrigue se développe autour du passé de nos deux ressortissants russes.

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La série semble avoir trouvé son identité : elle dispose de ses propres ennemis, de ses intrigues au long cours, d’une équipe stable (pour l’instant). Cependant, il faut remarquer qu’elle est passé bimestrielle, ce qui indique que les ventes ne sont pas satisfaisantes.

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Quant à l’équipe, non, elle n’est pas stable. Au huitième épisode, Bill Mantlo et Bob Hall reprennent le flambeau. Le scénariste décide de faire un léger bond dans le temps : on a quitté Black Widow alors qu’elle voyait apparaître le Titanium Man. Et Mantlo débute son épisode quand les équipiers de Natacha découvrent des clichés montrant sa capture.

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Le changement d’équipe correspond aussi à l’arrivée d’Archie Goodwin, qui remplace Marv Wolfman au poste de rédacteur en chef. Dans cette deuxième moitié des années 1970, Goodwin est confronté à des chiffres de vente pas toujours encourageant, et son règne correspond à des réductions de voilure assez notable. Pour Champions, il semble vouloir redonner sa chance à la série en dynamisant l’équipe créatrice.

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L’intrigue autour du fils d’Ivan Petrovich se conclut de manière musclée et rocambolesque dans le dixième épisode. Et dans le numéro suivant (la série est redevenue mensuelle), c’est un jeune dessinateur prometteur qui rejoint le scénariste Bill Mantlo et l’encreur Bob Layton : John Byrne.

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Et là, l’espace de quelques courts numéros, la série est en état de grâce : des personnages bien écrits, la volonté d’avoir un groupe cohérent sans faire fi du passé de ses membres, et des aventures trépidantes.

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L’ironie veut également que ce soit avec Mantlo et Byrne que le Black Goliath trouve enfin sa place dans le groupe : la première volonté de Tony Isabella est concrétisée, alors que le scénariste est parti travailler chez DC.

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La première aventure réalisée par la nouvelle équipe (et qui conclut le premier tome de l’édition en deux volumes) voit le retour du Warlord Kaa, une créature faite d’ombre, issu de l’époque des « monster comics », et que Hulk avait déjà rencontrée dans un épisode dessiné par Herb Trimpe. Le tout dans un récit faisant apparaître Hawkeye et le Two-Gun Kid. Du bonheur pour les fans !

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Et les choses s’enchaînent à grande vitesse. Le tome 2 de la première réédition débute donc avec l’épisode 12, dans lequel Black Goliath affronte le Stilt-Man. Ce dernier est à la recherche d’un artefact appartenant au Stranger (ce qui permet à Mantlo et Byrne de glisser un flash-back renvoyant à l’excellent Silver Surfer #5), ce qui conduit les héros dans la dimension de Kamo-Tharn.

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Les auteurs signent deux épisodes endiablés, riches comme trois TPB d’aujourd’hui (oui, j’exagère… un peu !). Et visiblement en pleine forme, ils livrent un nouveau diptyque dans lequel ils inventent un terrible vilain, the Swarm, que Mantlo réutilisera par la suite dans ses Spectacular Spider-Man.

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On notera que, pour l’occasion, John Byrne participe à l’élaboration de l’intrigue avec Mantlo, crédité du rôle de « storyteller » avec son scénariste.

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Les cinq épisodes de Mantlo et Byrne dévoilent tout le potentiel de la série, où des personnages attachants affrontent des menaces de tous ordres. Ça fonctionne très bien. Visiblement, la rédaction soutient la série, puisque les personnages apparaissent dans d’autres titres. C’est ainsi que ce tome 2 reproduit Iron Man Annual #4, où les Champions affrontent MODOK aux côtés de Tête de Fer, dans une histoire écrite par Bill Mantlo et dessinée par George Tuska.

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Encore George Tuska, cette fois-ci sur un scénario de Jim Shooter (alors l’assistant d’Archie Goodwin), pour Avengers #163. Cette nouvelle confrontation avec Iron Man les conduit à affronter Typhon, encore un personnage mythologique.

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La suite des aventures des Champions se déroule dans Super-Villain Team-Up #14, une série alors écrite par Bill Mantlo et illustrée par Bob Hall. L’épisode voit le triomphe de Doctor Doom et le retour de Magneto en pleine forme.

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L’intrigue se clôt dans Champions #16, également par Mantlo et Hall. Et le dernier épisode voit des mutants chercher secours auprès des Champions, dans des pages dessinée par George Tuska et, étonnamment, encrées par Byrne.

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Le recueil se conclut avec deux épisodes d’une série consacrée au Tisseur, Spectacular Spider-Man #17 et 18, où le héros s’allie aux Champions afin d’affronter Rampage, dans ce qui ressemble à une volonté de la part de Bill Mantlo de résoudre quelques intrigues en cours.

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À nouveau, ce sont Angel et Iceman qui sont au centre de l’intrigue, dans un juste retour des choses, puisqu’ils figuraient dans les premières pages de l’histoire du groupe. Une histoire qui mérite d’être redécouverte.

Jim

1 « J'aime »

et en masterworks qui sera a priori adapté par Panini en intégrale en janvier 2022.
J ai les deux classics mais je me tâte pour prendre l intégrale

Et qui le sera en VF si l’on en croit les premières informations sur le planning de 2022 de Panini !

Merci pour cette rétrospective sur les Champions qui réhabilite une équipe qui n’a pas toujours bonne réputation, voire est synonyme de blague. Il y a eu l’un ou l’autre one-shots sur les champions fin 90’s/courant 2000’s me semble-t-il, dommage qu’ils ne soient pas reproduits dans ce recueil.

Tant mieux, tant mieux.

C’était dans Titans, et ça fait partie de mes premières découvertes chez Marvel (je les trouvais dans des paquets d’invendus, l’été, mes premières explorations « patrimoniales »). J’aime beaucoup, c’est un plaisir à reparcourir. Et vraiment, les cinq épisodes de Mantlo et Byrne, c’est du top niveau. Un groupe que j’aimerais bien revoir.

Il y a une histoire liée à Gambit (donc nettement plus récente) qui a été réalisée, avec Tuska au dessin. On la trouve dans le recueil Tales from the Marvel Vault, déjà évoqué dans cette colonne.

Jim

Oui vraiment une equipe interessante fauchée au moment où justement elle a trouvé sa voie surement avec la nebuleuse, Goliath…
Les débuts sont poussifs mais la fin avec Doom Imperator avant l heure…

Si le personnage de Speedball est durablement associé à Steve Ditko, avec certains héros duquel il partage des signes distinctifs évidents, il naît de l’esprit de Tom DeFalco.

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Ce dernier développe un héros adolescent au début des années 1980, qu’il appelle « Ricochet ». Gagnant de l’assurance au sein de la rédaction Marvel, il propose le personnage. Mais à l’époque, le projet d’un « nouvel univers » est en route, et à la demande de Jim Shooter il intègre certaines caractéristiques de son héros au sein de la série Kickers Inc., elle-même publiée sous l’éphémère label « New Universe ».

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Les Kickers Inc., pour faire court (et ne pas m’obliger à aller plus loin que les premiers épisodes de DeFalco et Frenz constitue une sorte de pendant sportif aux Challengers de l’Inconnu ou aux Quatre Fantastiques. Dans la mouture qui voit le jour, DeFalco a intégré quelques idées, mais pas tout. Si bien qu’après l’échec de cette nouvelle ligne éditoriale, il reprend son projet de base.

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Entre-temps, DeFalco est devenu rédacteur en chef de Marvel. Il ne peut donc approuver ses propres projets. Il constitue par conséquent un comité éditorial autour de Mark Gruenwald et glisse son dossier, rebaptisé « The Bouncer », dans la pile, sous couvert d’anonymat. Le comité retient quelques projets, dont celui-ci (sous réserve qu’on lui trouve un autre nom : ce sera Speedball), et y assigne… Steve Ditko, le co-créateur de Spider-Man et Doctor Strange.

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Dès le début, Steve Ditko s’investit dans le projet, suggérant des idées et livrant même des intrigues. Bien sûr, très vite, DeFalco se retrouve débordé par ses nouvelles responsabilités. Il parvient à rédiger l’intrigue de deux histoires mais très vite, il cède la place. Si Ditko continue à inventer la plupart des histoires, c’est d’abord Roger Stern (pourtant débordé à l’époque) qui se charge des dialogues, avant d’être remplacé par Mary Jo Duffy, sur les conseils de Ditko.

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Le premier numéro, daté de septembre 1988, suscitera l’enthousiasme de la rédaction, si bien qu’une petite histoire de présentation sera proposée dans Marvel Age Annual #4, ainsi qu’un récit dans Amazing Spider-Man Annual #22. Ditko répond à l’appel à chaque fois et les dialoguistes tentent de suivre le rythme. Petite bizarrerie, le premier fascicule, censé présenter le personnage, le montre… de dos !

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La série présente donc les aventures de Robert Phillip « Robbie » Baldwin, jeune lycéen de la petite ville de Springdale, qui gagne ses pouvoirs à la manière Marvel, à la suite d’une expérience ratée. Cette expérience a d’ailleurs la particularité de toucher également Niels, un chat que le héros va passer son temps à essayer d’attraper. Ce qui vaudra une savoureuse histoire de Mary Jo Duffy, dans Speedball #6, où notre héros sont félin bondissant croisent le chemin de chats extraterrestres qui se méprennent sur l’espèce dominante sur Terre.

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L’investissement de Ditko se fait sentir de bien des manières. Ses super-vilains sont bien souvent des hommes sans pouvoirs mais dont les masques définissent en grande partie leur rôle et leur personnalité. De même, Robbie vit avec son père assistant du procureur et sa mère actrice : tous deux se chamaillent sans cesse, discutant de politique et affichant des opinions irréconciliables : on retrouve, en plus édulcoré (Stern et Duffy n’occupent pas le rôle de contradicteur qu’avait Steve Skeates à l’époque), la dialectique « faucon / colombe » qui prévalait à la série Hawk & Dove chez DC. Une partie des intrigues consistera à fouiller le passé des parents de Robbie, qui entretiennent leur lot de non-dits et de secrets.

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La série, souvent constituée de récits d’une dizaine de pages, contient quelques chouettes surprises. Par exemple, un récit sur les dérives de la science dans le domaine agro-alimentaire (Speedball #10)…

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… ou encore l’arrivée d’une belle brune richissime parmi les élèves de Springdale High (Speedball #8). Monica de Luis ne sera pas sans rappeler une certaine Veronica vivant à Riverdale, Robbie endossant pour l’occasion le rôle d’un Archie de circonstance.

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Faute de succès, la série s’arrête à son dixième numéro. Sous la houlette de Terry Kavanagh, alors responsable éditoriale du titre, d’autres histoires avaient été commandées. Elle trouveront refuge soit dans Marvel Comics Presents, soit dans l’anthologie Marvel Super Heroes, qui accueille bien souvent des histoires sans écrin. En 2019, l’éditeur fait paraître un recueil de toutes ces histoires de Ditko, avec toutes les couvertures et une préface très éclairante de Roger Stern. Occasion de retrouver une série un peu datée, mais souriante, dans laquelle Ditko livre une prestation grand public sans se trahir.

Jim

Je ne peux pas vérifier mais on n’a pas tout eu en VF ?

Je dirais que ce qui manque, c’est l’Annual d’Iron Man.

Jim

Ah ouais ? Va falloir que je relise alors

En tout cas, en découvrant le tome 2, j’avais l’impression de lire cette histoire pour la première fois. J’ai un doute pour Avengers #163, je pense qu’il était dans un numéro de Vengeurs des années 1980, mais c’est à vérifier aussi.

Jim

Quand j’ai lu ton résumé, il y a des trucs dont je ne me souviens pas, notamment la fin.
Après, ces Titans, je les ai lus dans un désordre complet !

Dans le numéro 12.

Quant à l’annual d’Iron Man, il est dans l’intégrale Panini 1977-1978.

Tori.

Ah bah ouais, mais moi, je suis de la génération Strange, j’ai pas lu ça chez Lug. Et comme je n’ai pas les intégrales Panini, je ne l’ai lu qu’en VO.

Jim

Le catalogue des recueils VO pour janvier-avril :

Le cochon géant c’est Okja 30 ans avant !! :hushed:

Personnage secondaire de l’univers Marvel, Man-Wolf, l’Homme-Loup dans nos contrées, est indiscutablement lié à l’évolution des règles du Comics Code, qui se sont assouplies au début des années 1970, réinjectant la figure du loup-garou dans l’univers de super-héros développé par Marvel. Protagoniste intermittent dans les titres consacrés à Spidey, il a même eu le droit à sa propre série d’aventures au milieu des années 1970.

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Quoique développé au cours des années 1960 (sous sa forme de colosse incontrôlable) puis 1970 (sous l’apparence de l’Homme-Loup), John Jameson, fils du célèbre patron de presse et ancien astronaute, est presque aussi vieux que Spider-Man lui-même, puisqu’il apparaît dans Amazing Spider-Man #1, en 1963 : c’est lui l’astronaute dans la capsule en danger que le Tisseur parvient à sauver.

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Dans Amazing Spider-Man #42, le jeune homme découvre que son expérience dans l’espace n’est pas sans conséquence puisqu’elle a altéré sa physionomie, faisant de lui un colosse à la force redoutable, équipé d’une tenue qui lui permet de contrôler sa nouvelle puissance.

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N’écoutant que son père, l’homme de l’espace décide de mettre sa puissance au service d’une mission essentielle, capturer Spider-Man. Mais à la fin de l’épisode (qui voit Mary-Jane dévoiler enfin son visage dans la toute dernière case), John Jameson perd son pouvoir.

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Au début des années 1970, Gerry Conway, alors scénariste de la série, estime que le personnage est un peu oublié. Réfléchissant à la manière de le ramener dans la série, il réfléchit à son statut d’astronaute et se dit que l’exploration spatiale a pu le conduire à ramener un artefact dont les conséquences pourraient être fâcheuses. C’est ainsi qu’apparaît la fameuse gemme que John porte au cou, et qui occasionne sa transformation. Et c’est aussi là que commence le recueil Man-Wolf: The Complet Collection, de près de 400 pages.

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Dans Amazing Spider-Man #124-125, Conway, aidé de Gil Kane puis de Ross Andru, raconte comment la gemme provoque des transformations dans le corps de John, faisant de lui un loup-garou incontrôlable.

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À l’issue de l’altercation, Spider-Man parvient à arracher la gemme au cou de John, interrompant la transformation. Mais la violence de l’acte nourrit à nouveau le ressentiment de Jonah, qui reprend sa croisade contre le Tisseur.

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Signalons que la compagne de John, Kristine Saunders, sort de cette expérience traumatisante d’une manière originale : son esprit a gommé tout souvenir de cette rencontre, et elle ne sait pas que son cher et tendre est en réalité un lycanthrope.

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C’est pour John une raison supplémentaire de cacher son secret : préserver la tranquillité mentale de sa compagne. Mais bien entendu, Morbius l’entend d’une autre oreille. Le « vampire vivant », ayant compris que la gemme avait été jetée dans le fleuve, parvient à la récupérer et à la greffer à nouveau sur John, afin de faire du Man-Wolf son allié.

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Les vieux lecteurs comme moi n’ont pas connu ces trois épisodes, passés sous silence par Lug (le troisième avait contre lui de proposer deux monstres pour le prix d’un et de ne même pas appartenir à la série principale). Si depuis lors Amazing Spider-Man #124-125 ont trouvé leur chemin auprès des lecteurs VF, leur présence en ouverture du recueil VO est une raison déjà suffisante de s’y pencher.

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Faisant désormais partie des personnages Marvel dont l’éventail s’élargit avec l’assouplissement du Comics Code, le Man-Wolf a droit à sa propre série d’épisodes. C’est ainsi qu’il arrive au sommaire de Creatures on the Loose #30, une série d’ordinaire dévolue aux héros de fantasy (King Kull, Gullivar Jones, Thongor…) ou aux réimpressions de « monster comics » des années 1950.

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La série débute de manière assez classique : John Jameson subit une nouvelle transformation, menaçant à nouveau son père et Kristine. Au scénario, Doug Moench reprend les classiques du monstre et les poncifs du fugitifs, pour une histoire rondement menée où un nouveau personnage, un pisteur de la police du nom de Simon Stroud, prend le loup-garou en chasse.

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La traque dure deux épisodes, sur lesquels Moench prend le temps de s’arrêter sur le calvaire de Kristine, qui voit son couple à nouveau menacé. Mais c’est Tony Isabella, qui écrit le troisième chapitre toujours illustré par George Tuska, qui s’interroge sur l’état mental de la jeune femme, sur le point de se rappeler les images traumatisantes qu’elle a tenté de chasser de son esprit.

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Ce même épisode met en scène Kraven, chasseur de fauves qui apparaît dès qu’il s’agit de dompter des surhommes aux traits animaux (on l’a croisé récemment en évoquant Tigra). Pour l’heure, la série est classique, adoptant la structure d’une course-poursuite, sans doute afin de reproduire le schéma qui avait si bien fonctionné pour Hulk.

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Mais c’est avec Creatures on the Loose #33 que l’intrigue prend un tournant différent. En effet, l’épisode marque l’arrivée d’un nouveau scénariste, David « pas encore Anthony » Kraft, et d’un nouveau dessinateur, un certain George Pérez. Ce dernier, ancien assistant de Rich Buckler, reproduit dans un premier temps certains tics visuels de son mentor, mais son style va très rapidement progresser : regarder de près les Creatures of the Loose de Pérez fait le même effet que la lecture des Iron Fist de Byrne : on voit le dessinateur en pleine formation. Spectaculaire.

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Sous la houlette d’abord de Roy Thomas puis de Len Wein, dont l’importance semble grande dans l’évolution de la série, Kraft et Pérez vont appuyer sur l’accélérateur et livrer une saga pleine d’idées et à la surenchère permanente.

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Kraft fonce : il montre que Kristine commence à se souvenir (enfin). Il laisse entendre que Kraven a un associé, un mystérieux commanditaire dont les consignes ont tendance à agacer le Chasseur. Et enfin il aboutit à l’arrestation de John Jameson par Simon Stroud.

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Mais dès l’épisode suivant, Kraft fait un saut dans le temps et nous montre le Man-Wolf en fuite dans les contrées sauvages de Georgie. Après s’être fendu d’un flash-back dans lequel il fait le lien depuis l’arrestation, il confronte le héros à un projet secret mené par quelques habitants du coin qui n’ont pas hésité à faire dérailler un train afin de le piller.

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Dans l’épisode 35, le Man-Wolf découvre que les criminels travaillent pour le Hate-Monger, et se retrouve mêlé à une intervention du SHIELD. Prenant de l’assurance, Pérez commence à livrer des doubles pages de plus en plus spectaculaires.

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Nouveau saut temporel dans l’épisode 36, où John Jameson a pour mission d’explorer le satellite du Hate Monger, qui avait été reconquis par les troupes américaines mais qui ne donne plus signe de vie. Sous l’influence de la Lune, l’astronaute se transforme et entre dans la station, où il découvre deux factions : des guerriers aux allures étranges qui semblent y être entrés de manière clandestine, et des humains, qui sabotent la gravité artificielle afin de gêner les déplacements des autres.

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Pendant ce temps, sur Terre, Kristine Saunders, qui reçoit des leçons de dessin, est hypnotisée par son professeur. Ce dernier semble emporté par son complexe de divinité, mais on n’en saura pas plus.

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Autre subplot, celui de la symbiose entre John Jameson et la pierre qu’il porte au cou. La fin du dernier épisode laisse entendre qu’il n’est plus tout à fait humain, et qu’il est désormais le produit de l’union de deux créatures.

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Malheureusement, pour l’heure, les lecteurs n’en sauront pas plus. En effet, la série Creatures on the Loose s’interrompt avec son trente-septième numéro, daté de septembre 1975. Il faudra attendre plus de trois ans, et Marvel Premiere #45-46, pour avoir la fin de la saga.

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Les auteurs disposent de deux fois dix-sept pages afin de boucler leurs idées en cours. Kraft et Pérez se concentrent donc sur les raisons de la présence du héros sur Terre, expliquant au passage pourquoi les guerriers présents sur la station semblaient reconnaître sa « gemstone ».

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Échoué à la surface de la Lune, le Man-Wolf découvre que son pouvoir y est plus grand : il est plus fort, il peut survivre dans le vide spatial… et il parvient à se diriger, retrouvant au fond d’un cratère un portail dimensionnel qui le conduit… sur un « autre monde ». Dans cet « autre royaume », il est le Stargod, sorte d’élu dont les guerriers locaux attendaient la venue.

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Sans renoncer à l’action, Kraft explique que le souverain de ce royaume, avant de mourir, a placé son essence dans une gemme qu’il a dissimulée sur la Lune, de l’autre côté du portail. Si jamais son royaume tombait entre de mauvaises mains, il était donc possible de raviver son énergie et de sauver l’endroit.

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Dans le même élan, Kraft explique pourquoi le pouvoir du Man-Wolf s’accroissait : ce n’était pas l’attraction lunaire, mais la proximité du portail dimensionnel. Désormais, sur ce monde, le héros est capable de formuler sa pensée et de s’exprimer, signe qu’il contrôle ses talents.

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Le dernier épisode raconte la rébellion menée par Man-Wolf / Stargod contre l’usurpateur, qui s’avère être le professeur de dessin de Kristine, qu’il a enlevée afin de s’assurer un moyen de pression sur le fédérateur des forces rebelles.

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Kraft parvient à façonner un récit épique qui mélange fantasy et science-fiction, et à boucler les principales pistes qu’il avait lancées dans Creatures on the Loose. Il trouve même l’espace afin de renvoyer John et Kristine sur Terre, dans l’espoir évident qu’ils poussent vivre des aventures parmi les super-héros.

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Le sommaire de cette « collection complète » continue avec Marvel Team-Up #36-37, deux épisodes dans lesquels Spidey affronte un savant fou aux côtés du Monstre de Frankenstein et du Man-Wolf, tout un bataillon de créatures qui ont sans doute refroidir les ardeurs de Lug à l’époque. Gerry Conway et Sal Buscema livrent une prestation vigoureuse mais classique et passe-partout, avec la tonalité de monstre tragique qui convient si bien aux créatures surnaturelles (chez Marvel ou ailleurs).

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Cependant, on peut s’étonner de la raison pour laquelle ces deux épisodes ont été placés à cet endroit du sommaire. Ils auraient très bien fonctionné entre le Giant-Size Super-Heroes et le Creatures on the Loose : sans environnement éditorial, le lecteur qui n’a pas en tête les dates de publication pourrait croire que le personnage régresse après l’évolution qu’il a connue grâce à Kraft.

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C’est tout de même un peu le cas dans Amazing Spider-Man #189-190, deux épisodes réalisés par Marv Wolfman, John Byrne et Jim Mooney, dans lesquels John Jameson, sous le contrôle de Spencer Smythe, se transforme à nouveau et met en danger ses proches.

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Le récit est bondissant et s’inscrit dans des plans plus vastes qu’entretient le scénariste, mais pour John Jameson, c’est un retour en arrière. C’est sans doute ce que se dit David Anthony Kraft, et il saisit l’occasion de donner à son monde de fantasy et à son héros lupin un destin dans The Savage She-Hulk #13-14.

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Il commence par expliquer que le héros, disparu dans un éclair après son altercation avec Spider-Man, a cru un instant être renvoyé dans « l’autre royaume », avant de comprendre qu’il a atterri dans un monde intermédiaire.

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De leur côté, ses alliés se servent de la « shadow cloak » de Hellcat afin de se matérialiser sur Terre à la recherche de She-Hulk.

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Il s’avère bientôt que leur monde a subi une transformation, réduit à la taille atomique, ce qui a déclenché des énergies destructrices qui menacent son existence.

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Les deux épisodes donnent l’occasion à David Anthony Kraft d’offrir à ses personnages une conclusion, aussi épique et frappadingue que sa saga précédente. C’est aussi, de la part du scénariste, une dernière tentative pour asseoir son héros dans son statut de guerrier sauveur.

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Le recueil se conclut sur Peter Parker the Spectacular Spider-Man Annual #3, dans lequel le même David Kraft fait la grâce à son héros de le débarrasser de sa gemme.

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Le récit est prenant, plutôt pas mal graphiquement, même si le tandem composé de Jim Sherman et Alan Weiss n’est peut-être pas bien servi par l’encrage de Steve Mitchell (là où un Bob Wiacek aurait été peut-être plus discret).

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Sur cette note apaisante, peut-être un peu douce-amère, le recueil s’achève. John Jameson cesse, pour un temps du moins, sa carrière héroïque. Il sera par la suite embauché en tant que pilote pour le compte de Captain America et des Avengers (grâce à Mark Gruenwald), officiera comme chef de la sécurité de l’institut Ravenscroft (grâce, je crois, à Jean-Marc DeMatteis), puis le Stargod reviendra dans les pages de She-Hulk version Dan Slott. Mais tout ceci… est une autre histoire.

Jim

Bonus Man-Wolf #1 :
Réédition de la chronique « Viens dans mon comic strip » consacrée à Man-Wolf en VF !

MAN-WOLF

Mettez un loup dans votre moteur !

Je l’ai déjà dit, mais je suis assez consommateur des différents scannblogs fleurissant sur le ouaibe américain. Souvent animés par des passionnés, ces sites proposent à lire différents comic books, certains issus de l’Âge d’Or (années 1940) ou de l’Âge d’Argent (années 1960). L’une de mes crémeries préférées demeure le site Diversions of the Groovy Kind, où je peux lire, relire ou découvrir des produits pour l’essentiel issus des années 1970.

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En fonction des humeurs et des goûts du tenancier, il est parfois possible de reconstituer un bataillon d’épisodes, voire un run . Récemment, il s’est laissé aller à deux coups de cœur. D’une part les Master of Kung-Fu de Moench, Zeck et Day (quelle merveille) et d’autre part les aventures du Man-Wolf réalisées par David Anthony Kraft et George Pérez.

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Si les premiers me sont encore bien connus (c’est la période où Arédit décide d’abandonner les petits formats et passe cette série - que nous ne verrons sans doute jamais en TPB, ce qui est un scandale d’ampleur cosmique - du pocket Eclipso au mensuel format comics Thor , que j’ai lu avec gourmandise à l’époque), les autres me semblent encore assez flous…

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Je suis donc retourné dans ma collection afin d’y regarder de plus près. Les aventures du Man-Wolf sont à l’origine publiées dans Creatures on the Loose , une série vaguement anthologique abritant des rééditions d’histoires de monstres et des adaptations de héros fantasy tels que Gullivar Jones ou Thongor, épisodes en partie rédigés par George Alec Effinger, futur romancier de science-fiction, et Gardner Fox, également à ses heures auteur de roman de fantasy et d’espionnage parfois un peu olé-olé.

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Au numéro 30, Creatures on the Loose accueille une nouvelle série consacrée à Man-Wolf. Ce personnage lycanthropique (dont l’identité secrète est John Jameson, fils du célèbre patron de presse) fait son apparition, discrète, dans Amazing Spider-Man #1, en 1963. Exposé à des radiations, il développera une super-force avant d’afficher des poils envahissants et un mauvais caractère qui ne l’est pas moins, dans Amazing Spider-Man #124, onze ans plus tard. En 1974, les règles du Comics Code se sont assouplies et les personnages horrifiques font discrètement mais régulièrement leur retour, soit dans le sommaire de revues en noir et blanc échappant de toute façon aux foudres de la censure, soit au sein d’anthologie plus anonymes. Après tout, ça avait bien fonctionné, dix ans plus tôt, quand les super-héros s’étaient installés dans les pages de Tales of Suspense , Journey into Mystery , Tales to Astonish ou Strange Tales .

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Et donc le Man-Wolf devient le héros de Creatures on the Loose . Les premiers épisodes sont rédigés par Doug Moench et Tony Isabella, qui modernisent le thème du loup-garou en plongeant l’Homme-Loup dans les canyons artificiels de la grande ville. Mais rapidement, David Anthony Kraft s’empare du feuilleton, lui donnant un ton inclassable et fou comme il le fera plus tard dans Defenders . Les premiers chapitres, se déroulant à New York, sont dessinés par George Tuska. Le tôlier de Diversion of the Grooy Kind semble ne s’intéresser qu’aux épisodes de Pérez (et pourtant, Tuska, c’est cool), puisqu’il n’entame la publication en ligne de la série qu’à partir du numéro 33. Les aventures continueront jusqu’au numéro 37, daté de septembre 1975, dernier numéro du titre. La suite ne paraîtra pas avant Marvel Premiere #45 et #46, datés de fin 1978 et début 1979.

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En France, c’est le bazar (et dans ma collection, il manque des numéros, ce qui n’arrange rien), la série débutant dans Frankenstein #6, en 1976. Le titre, compilant séries d’horreur et de fantasy , avait déjà accueilli les aventures de Thongor, donc sans discrimination l’éditeur, semblant avoir acquis les droits de toute la série, enquille sur les péripéties vécues par notre homme-loup préféré (il n’occupera jamais la couverture, squattée par Deathlok). Bizarrement, les deux derniers épisodes de Creatures on the Loose demeurent inédits en France, sans raison apparente, rendant la compréhension de l’ensemble problématique (c’est toute l’histoire des pockets Arédit). Alors que les deux épisodes de Marvel Premiere atterriront dans le sommaire d’ Eclipso #70 (en 1980, soit quatre ans après les épisodes de Frankenstein), numéro bien connu des amateurs de John Byrne puisqu’il accueille, en première place et en couverture, le Marvel Team-Up où Spider-Man s’associe à l’Homme-Chose.

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Autant dire que si la série n’est pas facile à suivre pour les lecteurs américains, ça devient de l’acrobatie pour les fans français, privés de certains morceaux de la saga.

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Pour ma part, la fréquentation de Diversions of the Groovy Kind m’a permis de redécouvrir la prestation de Kraft et Pérez. L’évolution de ce dernier est impressionnante. Les grands dessinateurs ont bien fait leurs armes quelque part, et il est toujours intéressant de les voir évoluer au sein d’une série régulière. Ainsi de John Byrne sur Iron Fist , ainsi de George Pérez sur Man-Wolf. Il développe une narration complexe, alternant petites cases et grandes illustrations, bandes serrées de cases étroites ornées de gros plans, bref, tout l’arsenal qui fera son style. Son dessin n’est pas encore au point dans les deux premiers épisodes, mais il prend forme, et Pérez développe rapidement les portraits de trois quarts et les décors fignolés jusqu’à l’obsession qui lui vaudront sa célébrité. Les deux derniers numéros de Creatures on the Loose sont complètement péreziens. Il signe notamment des doubles pages impressionnantes, remplies jusqu’aux marges de personnages en pleine action. Les progrès sont d’autant plus sensibles qu’il est encré par des styles différents, que ce soit Klaus Janson, Frank McLaughlin ou Fred Kida, puis Frank Giacoia et Ricardo Villamonte.

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Le scénariste, David Anthony Kraft, s’empare rapidement de l’intrigue et la propulse dans des directions plus personnelles. Les premières aventures reprennent le schéma classique du récit de loup-garou, confrontant l’animalité et l’individu à la société et au groupe. S’émancipant des idées de Tony Isabella (sans les jeter : il reconstruit ses propres subplots sur les pistes lancées), il envoie l’Homme-Loup à la campagne puis dans l’espace et, à l’issue du dernier Creatures on the Loose , dans un autre univers. Le héros est ballotté d’aventure en aventure, constamment poursuivi par différentes factions. Dans Creatures on the Loose #36-37, John Jameson se retrouve coincé sur une station spatiale entre les anciens prisonniers et leurs geôliers. En cela, la construction évoque le Hulk de la même époque, tentant constamment de s’arracher aux griffes des super-vilains et du gouvernement américain. Et durant cette course effrénée, l’Homme-Loup ne fait que réagir.

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Les choses changent dans les deux épisodes de Marvel Premiere (traduits dans Eclipso #70, pour ceux qui suivent). Jusque-là, Kraft avait mené une réflexion sur les pouvoirs du loup-garou, expliquant que la conscience de Jameson revenait à mesure qu’il s’éloignait de la pleine lune, et que ses pouvoirs de lycanthrope croissaient s’il se rapprochait du satellite terrestre, par exemple à bord d’un engin spatial. Les prisonniers de la station spatiale tentent de s’emparer de la gemme qu’il porte au cou, et dans Marvel Premiere #45, les lecteurs découvrent qu’elle provient d’un autre monde, dont un portail ouvre sur la Lune. Là, l’Homme-Loup apprend qu’il est considéré comme un dieu stellaire, le Stargod. La conscience de Jameson prend alors le contrôle de son double lupin et, endossant un costume de guerrier de fantasy , il part à la reconquête d’un royaume que convoite Arisen Tyrk, le ravisseur de Krystin Sanders, sa dulcinée sur Terre.

En deux épisodes, Kraft parvient à boucler (de longues années après la série régulière) les différentes intrigues de son récit dans des pages fatalement assez denses, mais qui laissent tout de même au dessin de Pérez la place pour respirer. D’un univers de monstre, il arrive à un monde d’ heroic-fantasy en passant par une atmosphère de science-fiction. L’ensemble acquiert une tonalité à part, d’une grande richesse, un mélange des genres assez savoureux. Qui plus est, il offre non seulement au personnage une construction de soi, le paria victime de sa malédiction devenant un héros, mais il offre aussi à Marvel une nouvelle licence, le Stargod dont Dan Slott se souviendra près de trente ans plus tard dans ses She-Hulk .

Vaste saga à l’identité multiple, la carrière du Man-Wolf devenu Stargod a été courte mais fructueuse, marquant la révélation d’un dessinateur promis à une longue carrière. À ces titres, elle mériterait une réédition en TPB.

Jim

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Bonus Man-Wolf #2 :
Télé Junior #52, 1981, surprise !

En 1981, Télé Junior publie depuis quelques années des histoires inédites de super-héros, dessinées pour la plupart par Gérald Forton ou Yves Chantereau (on trouve ici et là un récit de Rich Buckler ou de Mike Zeck).
Au bout d’un certain temps, on voit apparaître des récits signés par des scénaristes américains : Bill Mantlo, Jean-Marc DeMatteis ou… David Anthony Kraft. Et dans Télé Junior #52 (soit l’avant-dernier numéro de la deuxième formule), en fin 1981, soit quelques mois après les deux épisodes de She-Hulk, le scénariste revient sur son personnage fétiche à l’occasion d’une petite histoire courte qui reprend les codes du récit de loup-garou : amour contrarié, danger immédiat, confinement…

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Jim

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Billou :

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Excellent.

Jim