DEMONS 6 : DE PROFUNDIS (Luigi Cozzi)

Horreur
Long métrage italien
Ecrit et réalisé par Luigi Cozzi
Avec Florence Guérin, Urbano Barberini, Brett Halsey, Caroline Munro…
Titre original : Il gatto nero
Année de production : 1989

Comme ce fut souvent le cas à l’époque du cinéma d’exploitation italien, le long métrage de Luigi Cozzi est connu sous plusieurs titres. L’histoire n’a absolument rien à voir avec Le Chat Noir de Edgar Allan Poe mais c’était une demande du distributeur américain (un certain Menahem Golan) qui avait déjà pré-vendu le film sous cette condition. Cozzi a donc ajouté des plans de chats noirs qui se baladent au hasard ainsi qu’une ligne de dialogue mentionnant la nouvelle…et Le Chat Noir est devenu ici un film dans le film, une série B d’horreur réalisée par Michele Soavi dans un cameo non-crédité.

Ca, c’est pour l’exploitation américaine. Pour l’européenne, la chose a été rattachée artificiellement à la saga Démons de Lamberto Bava et Dario Argento. Démons 3 à 5 n’avaient strictement rien à voir avec Démons 1 et 2 et c’est également le cas du 6, à part une petite dimension méta mais loin du délire gore et suintant du diptyque du fiston Bava. À l’origine, il y avait un script écrit par Daria Nicolodi pour terminer la « Trilogie des Trois Mères » de Dario Argento après Suspiria et Inferno. Mais le film ne s’est finalement pas fait (Argento a réalisé sa version en 2007) et Daria Nicolodi a donné son script à Luigi Cozzi (Starcrash). Ce dernier ne voulait pas marcher sur les plates bandes de Argento et il a alors décidé de le retravailler pour en faire une sorte d’hommage. Comme ce n’est pas ce qu’elle avait en tête, Daria Nicolodi a préféré s’écarter du projet…

Un réalisateur à succès veut monter un projet basé sur le Suspiria de Profundis de Thomas de Quincey, qui avait déjà inspiré Dario Argento quelques années auparavant. Il veut offrir le rôle de la sorcière Levana à sa femme Anne. Mais cette dernière commence à être hantée par des visions de plus en plus réelles. Il semble que la véritable Levana est revenue à la vie et qu’elle cherche à se réincarner en possédant le corps de l’enfant de Anne. Enfin, c’est ce que j’ai compris…parce que le déroulement est quand même bien confus…

Avec son budget de misère, Luigi Cozzi a concentré l’action sur à peine deux ou trois décors, et principalement la demeure de l’actrice et de son époux. Le metteur en scène use et abuse des éclairages fluos, peine à insuffler de la tension aux manifestations surnaturelles et balance du métal à fond la caisse même quand l’héroïne descend l’escalier. L’intrigue prend alors la forme d’un patchwork incohérent qui passe par de nombreux changements de ton : il y a du giallo, du gore qui tâche, des maquillages dégoulinants, un final S.F. avec yeux qui brillent, rayons lasers (tout ça dans une salle à manger) et création d’une nouvelle réalité. Bref, ça part dans tous les sens, le souci de cohérence vite oublié en cours de route…

Niveau interprétation, ça ne vole pas non plus très haut. Dans le rôle principal, Florence Guérin (Le Déclic) est inexpressive; Caroline Munro (qui retrouvait Cozzi dix ans après Starcrash) n’est pas non plus très inspirée en actrice pétasse prête à coucher avec tout le monde pour avoir le premier rôle et les acteurs masculins, Urbano Barberini (vu dans Démons et Opéra) en tête, se font surtout remarquer par leur fadeur. Rien à sauver de ce Black Cat/Démons 6, donc…même pas Caroline…

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