LES MONSTRES DE L'ESPACE (Roy Ward Baker)

Science-fiction/horreur
Long métrage britannique
Réalisé par Roy Ward Baker
Scénarisé par Nigel Kneale, d’après sa mini-série pour la BBC
Avec James Donald, Andrew Keir, Barbara Shelley, Julian Glover…
Titre original : Quatermass and the Pit
Année de production : 1967

Dix années ont séparé les sorties de La Marque et des Monstres de l’Espace, les deux dernières entrées de la trilogie Quatermass de la Hammer. Le studio avait pourtant acheté les droits du dernier serial télévisé de Nigel Kneale juste après sa diffusion fin 1958/début 59 et il était question que le duo formé par le réalisateur Val Guest et l’acteur Brian Donlevy soit réuni pour ce troisième film au début des années 60. Mais les productions de la Hammer dépendaient en grande partie de l’argent des distributeurs américains et la Columbia, en contrat avec la Hammer jusqu’au milieu des années 60, n’était pas du tout intéressée par Quatermass and the Pit.

Le projet est donc entré dans les limbes du development hell jusqu’en 1966 avant de recevoir finalement le feu vert grâce au soutien de la 20th Century Fox. Occupé par le tournage compliqué de Casino Royale, Val Guest a été remplacé par Roy Ward Baker, qui débuta avec ce film sa collaboration avec la Hammer (Les Cicatrices de Dracula, Dr Jekyll et Sister Hyde…). ll y a eu également un changement pour le professeur Quatermass, pour la plus grande satisfaction de Nigel Kneale qui n’a jamais apprécié Brian Donlevy. Cette version de Quatermass, d’emblée plus sympathique et plus proche des intentions initiales de son auteur (pour cette fois seul au scénario), est interprété par Andrew Keir, vu l’année précédente dans Dracula, Prince des Ténèbres.

Pendant les travaux d’une station de métro à Londres (l’endroit s’appelle Hobb’s End…nom réutilisé plus tard par John Carpenter, grand fan des Quatermass, à l’occasion de son excellent L’Antre de la Folie), les ouvriers mettent au jour d’étranges fossiles. Des paléontogues sont appelés sur les lieux mais la découverte d’un engin métallique fait que l’armée est également appelée en renfort. Pour l’obtus colonel Bree campé par Julian Glover (L’Empire contre-attaque), il s’agit d’un engin de propagande nazi datant de la Seconde Guerre Mondiale. Mais pour le professeur Quatermass, obligé de travailler avec Breen contre son gré, l’engin ne peut être d’origine humaine…

Avec ses 275.000 £ de budget, Les Monstres de l’Espace (titre V.F. pas vraiment subtil) a été doté de moyens plus importants que les précédents Quatermass. La priorité n’a pourtant pas été donnée à l’action, l’aspect spectaculaire n’intervenant (très efficacement, avec des scènes de chaos tendues) que dans le dernier acte. Roy Ward Baker et Nigel Kneale ont construit un suspense qui va crescendo autour de révélations bien dosées opposant la science au surnaturel…ainsi qu’au scepticisme des hautes autorités, les joutes verbales entre Quatermass et Breen servant avec brio le propos général.

Bien ficelée, l’histoire possède une dimension mythologique qui est pour beaucoup dans le traitement intéressant de cette invasion extraterrestre pas comme les autres, avec de bonnes idées amenant notamment ces touches horrifiques spécifiques à la trilogie Quatermass de la Hammer. L’ensemble est de plus en plus intriguant et monte en puissance jusqu’à une deuxième moitié particulièrement palpitante. La distribution est solide et aux côtés de Andrew Keir et Julian Glover se distinguent principalement James Donald (Le Pont de la Rivière Kwaï) et Barbara Shelley, l’une des grandes dames de la Hammer.

En plus d’être décliné sur différents supports, le professeur Quatermass a fait son retour en 1979 à la fois sur le petit et sur le grand écran, pour une mini-série ITV en 4 parties et un ultime long métrage intitulé The Quatermass Conclusion. Et Jason Flemyng a repris le rôle de Quatermass en 2005 pour un remake télévisuel du tout premier scénario de Nigel Kneale, The Quatermass Experiment.

1 « J'aime »

Ah tiens, pas vu, ça : j’aime bien l’acteur, donc je vais me mettre en quête.

Jim

C’est un téléfilm tourné dans les conditions du direct, comme les mini-séries Quatermass des années 50. Il y a aussi David Tennant et Mark Gatiss dans la distribution…

Ah la vache !!!

Jim

Chef d’œuvre. Aussi, pour enfoncer le clou à propos de Carpenter, c’est à cause de ce film qu’il commença à utiliser Martin Quatermass comme pseudo lorsqu’il devait dissimuler certains de ses postes dans ses films. Il est ainsi crédité comme scénariste sur « Prince Des Ténèbres », par exemple (probablement le plus knealien des films de Big John).

C’est aussi pour ça qu’il confia le scénario de « Halloween 3 » à Nigel Kneale, d’ailleurs.

Et il ne faut pas hésiter à regarder le reste de la filmo de Kneale, d’ailleurs. The Stone Tape, en particulier.

Autre hommage au film, si vous avez du goût pour la musique électronique vaguement dissonante, je ne peux que conseiller le disque « The séance at Hobs Lane » du Mount Vernon Arts Lab (avec la participation de Coil sur le morceau « Hobgoblins »). Sur l’éminemment recommandable label Ghost Box.

C’est clair. Il y a des similitudes comme cette opposition science/surnaturel que l’on retrouve dans les deux films et l’influence du « mal » (aux origines différentes dans les deux récits) sur les personnes extérieures. À l’époque, j’avais vu les Quatermass (dans le désordre) après avoir visionné Prince des Ténèbres pour la première fois, découvrant ainsi la référénce du pseudo employé par Carpenter pour son scénario…

Robert Hack

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J’ai un doute pour celui-ci :

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C’est bien dans le film :