C est quoi des gens ?
On lui attribue (mais je l’ai entendu pour d’autres) la maxime selon laquelle « ce n’est pas parce que je suis paranoïaque que je n’ai pas d’ennemi ».
Mais si l’on se réfère à ce que tu dis, celui qui ne serait pas parano ne regarderait pas le monde ?

Jim
La relecture de Shadowpact m’a conduit à me replonger dans plusieurs productions DC liées au surnaturel au milieu des années 2000. Il y a de bonnes choses, même si cette période constitue pour moi l’une des plus agaçantes et frustrantes, avec son lot de massacres en règle de bons personnages. Mais, je l’ai déjà dit, même les mauvaises périodes proposent de bonnes séries, et parfois même des pépites.

C’est le cas de Doctor 13, une back-up parue dans la mini-série Tales of the Unexpected de 2006, dont les huit numéros proposent en histoire principale un ravalement du Spectre, dont la nouvelle ancre humaine est l’inspecteur Crispus Allen. Les deux récits ont eu droit à un recueil, mais c’est vraiment le second qui retient l’attention.
Déjà, c’est le magnifique tour de chauffe d’une équipe qui, par la suite, se chargera de reprendre Wonder Woman, là aussi dans un contexte éditorial des plus tendus, et parviendra à donner à la série une personnalité forte : le scénariste Brian Azzarello et le dessinateur Cliff Chiang.
Ensuite, c’est un vaste délire méta qui plonge le docteur Terrance Thirteen dans une aventure qui le dépasse totalement et l’emporte aux confins de la réalité DC. Le récit commence alors que la voix off nous explique que les prologues sont inutiles : pourtant, Azzarello va en écrire trois avant de lancer son intrigue, signe qu’il est bien conscient de la forme et qu’il va en jouer au fil du récit : on aura droit d’ailleurs à de multiples références à des œuvres connues (Star Wars, Peanuts…) mais aussi à des formes narratives balisées (la bande dessinée d’humour, le strip…) dans un jeu infini de clins d’œil.
Le personnage e Doctor Thirteen, apparu en 1951 et protagoniste central d’un feuilleton publié dans différentes anthologies DC de l’époque, appartient à une catégorie de protagonistes bien précise : les enquêteurs de paranormal qui ne croient pas aux phénomènes et tentent de les « débunker », comme on dit. À ce titre, il est comparable au Roy Raymond TV Detective de Ruben Moreira, en cela qu’il met la raison et la logique par-dessus tout. On notera que ces personnages sont nés dans la période de déshérence des super-héros, après-guerre et avant le renouveau propulsé par le nouveau Flash (1949 pour Roy Raymond et 1951 pour Terrance Thirteen), et apparaissent comme un contrepoint malicieux au « sense of wonder » incarné par les super-héros.
C’est donc ce personnage de sceptique qu’Azzarello et Chiang mettent au centre d’une intrigue mobilisant ce que l’univers DC peut proposer de plus étonnant, décalé et saugrenu. Tout commence alors que le docteur Thirteen et sa charmante fille Traci (elle-même précédemment créée dans des Superman de Joe Kelly) enquêtent sur la mort du Premier Ministre français dans un crash d’avion au milieu des Alpes. Les dialogues positionnent bien le père comme un sceptique convaincu et imperméable à toute forme de paranormal, et sa fille comme une ado moqueuse.
Le bon docteur va peu à peu être amené à rencontrer Andrew Bennett, le héros de la série I… Vampire!, puis Genius Jones, Anthro (qui parle français), Captain Fear, l’équipage du Haunted Tank, un gorille nazi ou encore Infectious Lass, membre de la Legion of Substitute Heroes. De quoi mettre à l’épreuve son scepticisme d’airain.
Petit à petit, le périple complètement surréaliste sur lequel Thirteen n’a aucun contrôle commence à avoir un sens (enfin, vaguement) et la menace se précise, une menace qu’Anthro avait déjà identifiée : les Architectes. Et les personnages découvrent qu’en fait, c’est leur existence qui est menacée. Genius Jones, personnage secondaire du Golden Age apparu en 1942, leur apprend que les Architectes ont refaçonné le monde et envisagent d’en effacer nos héros.
On voit bien que l’ensemble de la mini-série est une méta-fiction s’interrogeant sur le statut des héros de papier et sur l’impact des forces créatrices à l’œuvre, pesant sur le destin des protagonistes de manière arbitraire. Le tour de force d’Azzarello consiste à forger une critique acerbe de la politique éditoriale de DC tout en étant validé par la rédaction (le titre est supervisé par Bob Schreck). On peut sans doute lire dans cette aventure un reproche de la part du scénariste qui s’attriste de voir éteint le merveilleux propre aux personnages les plus fantaisistes du catalogue (ce qui peut paraître surprenant de la part d’un auteur réputé notamment pour ses histoires sombres plongées dans le réel).
(Notons que la dénomination « architectes » pour désigner les gens derrière les histoires précède de quatre ans l’appellation employée par Marvel en vue de caractériser l’équipe de scénaristes à l’œuvre pour tracer les grandes de l’évolution de son univers.)
Azzarello évite les facilités propres à l’effondrement du quatrième mur, à savoir notamment l’adresse à l’auteur ou les cadrages « eye to eye ». Au contraire, avec son personnage de sceptique, il repousse toujours à plus tard la révélation du statut de héros de papier, laissant au lecteur le soin de comprendre la métaphore, l’énième degré. En revanche, le scénariste étant ce qu’il est, à mesure que progresse l’histoire, les jeux de mots et les polysémies se multiplient, soutenant même le discours sur la fiction. Un casse-tête pour un traducteur, potentiellement.
C’est un peu l’histoire ultime du Doctor Thirteen. Depuis lors, il n’est plus souvent réapparu dans les comics DC. Comme si, en atteignant les limites de son univers, la marge des pages, il avait mis à l’épreuve une fois de trop son rationalisme. Moi, personnellement, j’aimerais bien le revoir, lui et Roy Raymond.
Jim
Ou aurait un petit problème à conclure ?
Ranger des comics, c’est pas simple. Genre, j’ai une étagère « Batman », tout un pan. Donc, j’y mets aussi les séries périphériques : Batgirl, Nightwing, Robin… Et puis, bien sûr, avec toutes les VF auxquelles j’ai participé, ça s’est rapidement rempli. Donc j’ai mis les autres séries ailleurs, dans mon étagère « DC » (qui est en double rayonnage). Avec des piles par terre, en plus. Et puis j’ai fait quelques cadeaux (notamment les VF en question, et donc, j’ai recommencé à mettre les séries annexes dans la même étagère… Sauf que ça ne rentre pas : pour Robin, j’ai mis le début là et la suite ailleurs… Et puis j’ai oublié. Et récemment, je me suis mis à chercher les recueils du Robin de Chuck Dixon, et impossible de les trouver : j’avais oublié que le rayon était séparé en deux parties… Quel souk !

Mais tout content de retrouver les premiers TPB, je les ai ressortis. Ça fait bien longtemps que je n’ai pas remis le nez dans cette série, et mes souvenirs sont lointains. Donc j’ai ressorti le recueil Robin: A Hero Reborn. Cette compilation, sortie en 1991, donc dans la foulée de l’arrivée définitive du personnage (opérée entre Detective Comics, Batman et la mini-série en 1990-1991), a plein de choses pour me plaire : une couverture inédite par Brian Bolland, une introduction signée Chuck Dixon (qui raconte ses doutes face à la présence d’un adolescent coloré aux côtés de Batman, en oubliant de préciser que c’est son travail sur Airboy, et donc sur un personnage jeune, qui a attiré l’attention de Denny O’Neil), un papier proche de celui des comics de l’époque (donc pas terrible) mais qui permet de retrouver cette sensation de produit populaire propre aux histoires de super-héros.
Le recueil s’ouvre sur Batman #455 à 457, une aventure du Chevalier Noir qui enquête sur de mystérieuses agressions commises par des citoyens de Gotham hors de soupçon : il comprend vite que les coupables ont agi dans un état de crise. Il parcourt la ville à la recherche d’indices tandis que son jeune protégé, Tim Drake, qui vient de perdre sa mère et dont le père est l’hôpital, reste au manoir. (D’ailleurs, les épisodes de Detective Comics racontant le calvaire du jeune homme ne sont pas réimprimés ici, ils seront compilés dans un autre recueil en 1993, on y reviendra, mais effectivement, à la relecture de ce triptyque pourtant passionnant, on sent bien qu’il manque des infos, même si ce n’est pas rédhibitoire).
Pendant que Batman baguenaude, Tim fait son enquête en exploitant la base informatique de la Batcave. Et il finit par identifier le criminel derrière les attaques : le Scarecrow. Tim parvient à convaincre, au téléphone, Gordon d’allumer le Bat-Signal, ce qui déconcentre le héros suffisamment pour qu’il se retrouve prisonnier de son ennemi.
Tim interviendra pour sauver son mentor, mais sans utiliser le costume de Robin. Les explications sont plutôt très bien trouvées et la caractérisation est réussie. Alan Grant, le scénariste, louvoie entre les attentes du lecteur et fournit un récit qui met en valeur les qualités de Tim, à savoir la débrouillardise et le courage. Le jeune personnage est moins drôle et insouciant que Dick Grayson, moins sombre et torturé que Jason Todd, et cet équilibre, on le doit beaucoup à Grant.
J’aime beaucoup ces épisodes, ce triptyque en particulier, notamment parce qu’il s’agit de numéros qui comptent parmi les premiers que j’ai achetés au début des années 1990, quand j’ai commencé à me procurer de la VO. Le dessin de Breyfogle, son Batman pyramidal, les jeux de cape, les traits de vitesse, c’est toute une époque, des récits trépidants consacrés aux personnages. Et puis, ouais, on voit aussi Vicky Vale, dans ces chapitres.
Donc, à la fin de Batman #457, Tim Drake adopte une nouvelle version du costume de Robin. Une version, dit-on, qui a été dessinée par Neal Adams (Denny O’Neil en parle dans le recueil suivant). Le personnage va donc désormais voler de ses propres ailes. Ce numéro est daté de décembre 1990, et le premier volet de la mini-série Robin de janvier 1991, signe que Denny O’Neil orchestre un développement de son personnage sur le long terme, avec une évidente ambition.
Dans une sorte d’émulation de Batman, Robin part à l’étranger se former. Il se rend à Paris, un Paris un peu crapoteux où il s’inscrit à un dojo privé d’électricité et d’eau courante. Chuck Dixon, le scénariste, mixe le dépouillement des lieux d’entraînement aux clichés sur la France. Plutôt que montrer la simple formation du jeune héros auprès de maîtres accomplis, Dixon choisit de lancer Robin dans une mésaventure où il croisera le chemin de plusieurs personnages nouveaux (ou ancien, dans le cas d’une d’eux).
Tout commence avec Clyde Rawlins, un ancien membre d’une agence américaine, enquêtant sur un trafic de drogue. Chuck Dixon, qui est familier du personnage du Punisher, réinvestit en Rawlins la caractérisation qu’il a utilisée pour Frank Castle, celui du combattant déjà mort à l’intérieur. Autres personnages, voici Lynx, une jeune combattante qui veut monter dans la hiérarchie des gangs, et King Snake, un trafiquant de stupéfiants opérant sur plusieurs continents. En plus de ces deux protagonistes nouveaux, Dixon ramène Shiva, maîtresse ès arts martiaux provenant de la série Richard Dragon que Denny O’Neil écrivait dans les années 1970.
L’enquête de Rawkins attire les représailles des troupes de King Snake, aristocrate aveugle à la force colossale et aux moyens, financiers et logistiques, vertigineux. Rapidement, les associés découvrent qu’il projette de récupérer un produit chimique créé durant la Seconde Guerre mondiale pour un usage inconnu. L’aventure les mènera jusqu’à Hong Kong où ils parviendront à empêcher King Snake de répandre la peste bubonique.
L’enquête en elle-même est sympathique et exotique. On sent la patte d’O’Neil, qui apprécie les menaces un brin jamesbondiennes et les héros globe-trotters, comme il l’a prouvé dans ses propres récits batmaniens. Même le dessin de Tom Lyle n’a pas encore acquis cette raideur qui le caractérisera plus tard, et l’encrage de Bob Smith arrondit bien des choses et minimise les hachures qu’on verra se développer plus tard.
Mais le gros intérêt de cette mini-série en cinq parties, c’est l’apprentissage du héros, qui, véritablement, profite de ces expériences nouvelles. Il apprend à se battre auprès de Clyde ou de Shiva, mais également il choisit son équipement, ses armes, ses trucs à lui. Dixon prend soin de mettre la poursuite internationale au premier plan, sans trop insister sur l’évolution du jeune héros, et pourtant, à la fin du cinquième épisode, quand il revient à Gotham et retrouve son mentor, le justicier juvénile est transformé.
La série est un succès qui surprend tout le monde dans la rédaction. La légende veut que le premier numéro ait été promptement réimprimé afin de répondre à la demande croissante, un phénomène observable déjà quelques mois plus tôt pour les épisodes de Batman. La nouvelle version de Robin emporte l’adhésion par sa modestie et son parcours. Le personnage est lancé.
Jim
Ravi de t’avoir fait faire du tri ![]()
Oh, ça ressemble plutôt à une vague cartographie. Que je risque d’oublier à nouveau…
![]()
Jim
Va y avoir bagarre ?
S’ils peuvent se mettre d’accord pour rééditer des trucs cools, c’est bien. C’est déjà ça.
Jim
Ah c’est cool.
Mais bordel où sont mes amalgams ?
Bon, ce we je me lance et je n arrete pas avant de les avoir trouvé.
@soyouz tu as trouvé ce que tu cherchais ?
Le deuxième recueil consacré à Robin s’intitule Tragedy & Triumph et date de 1993, soit deux ans après le premier recueil et une grosse année après la deuxième mini. Il propose une couverture inédite signée Travis Charest qui officie encore dans le style sous-Jim Lee qu’il développait à ses débuts.

Sur le modèle du tome précédent, il assemble une intrigue publiée dans une autre série, en l’occurrence Detective Comics, et le contenu de la mini-série Robin: Joker’s Wild.
Deux intrigues, donc. La première est extraite de Detective Comics #618 à 621, datés de fin juillet à septembre 1990, soit juste avant Batman #455 à 457 reproduits dans Robin - A Hero Reborn. Ce deuxième recueil s’ouvre donc sur une intrigue qui se situe avant le précédent et se referme sur une mini qui se déroule après. Il demeure cependant assez logique d’associer les deux récits, en ce sens où la mini-série renvoie à la situation du père de Tim et donc jette un pont entre la première histoire et la seconde.
Le principe est simple : Tim Drake, qui a deviné l’identité secrète de Bruce Wayne, vit tranquillement dans le Manoir tandis que ses parents font le tour du monde. Au début du récit, Tim enquête sur un pirate informatique, Moneyspider, qui détourne de l’argent chez les riches occidentaux pour ensuite le redistribuer aux fermiers des pays du Tiers-Monde. De temps en temps, il prend des nouvelles de ses parents. Jusqu’à ce que ces derniers soient portés disparus dans un crash d’avion en Haiti. Très vite, il devient évident qu’ils sont détenus par des rebelles locaux, adeptes du vaudou.
Le deuxième chapitre montre en alternance l’enquête de Batman, qui se rend sur place, et les inquiétudes de Tim. Dans le troisième volet, nous suivons ce dernier qui se consacre à son enquête, afin d’oublier ses tracas. Il retrouve la trace de Moneyspider, qui s’avère en réalité Lonnie Machin, alias Anarky, un personnage apparu quelques mois plus tôt dans la même série.
L’astuce consistant à consacrer une bonne moitié de Detective Comics #620 à l’enquête de Tim, en écartant Batman, permet de faire diversion. On s’attend à une construction classique et à un retour, tôt ou tard, au justicier. La dernière page du chapitre fait donc tout son effet.
À la fin de Detective Comics #620, nous quittons un Batman blessé et affaibli, annonciateur de mauvaises nouvelles. Au début du chapitre suivant, nous retrouvons un Tim en deuil, qui a perdu sa mère et dont le père, empoisonné, est à l’hôpital, paralysé et muet. Le choc. Et si l’épisode est constitué d’un flash-back expliquant les circonstances d’un tel drame, le lecteur est avec Tim, sidéré.
L’autre force du récit, c’est d’opposer Batman à un méchant exotique et folklorique, l’Obeah Man, sorcier vaudou dont le caractère inédit renforce l’illusion faisant croire qu’il n’est pas dangereux. On pense à une aventure anecdotique et on finit en plein drame. Le récit parle aussi des rapports père-fils, puisque des personnages haïtiens figurent au centre de l’intrigue, reflet de la relation entre Bruce et Tim.
Le sommaire accueille donc, ensuite, la seconde mini-série consacrée à Robin, destinée à vérifier, à l’époque, si le succès inespéré et inattendu de la première se confirme. Les épisodes sont datés d’octobre 1991 à février 1992, autant dire qu’ils ont été mis en chantier assez vite après la publication du précédent cycle.
Cette seconde saga, sous-titrée Joker’s Wild, est également connue pour l’avalanche de couvertures spéciales qui ont été éditées à cette occasion. L’équipe commerciale, bien décidée à ne pas courir après les réimpressions comme précédemment, monte un plan ambitieux. La mini-série compte quatre numéros (un de moins que la précédente). Le premier numéro aura donc cinq couvertures, le deuxième quatre, le troisième trois et le dernier deux. En plus de ces quatorze illustrations, un gadget sera proposé : dix couvertures (réalisées par des gens aussi talentueux que Chris Sprouse, Kevin Maguire, Tom Mandrake…) arboreront des illustrations dites « holographic » au sein de l’image. Un casse-tête logistique pour l’équipe éditoriale (en particulier Kelley Puckett, assistant de Denny O’Neil) et technique pour les imprimeurs. Voici un petit aperçu (merci à @tsouin pour la photo) :

L’intrigue, rédigée par Chuck Dixon qui se retrouve associé au jeune héros et consolide sa place au sein de l’écurie batmanienne, est assez simple : le Joker s’évade à un moment où Batman n’est pas à Gotham City. C’est donc le jeune Robin qui doit veiller au grain. Tim Drake est impressionné à l’idée d’affronter le Clown du Crime (et les conseils d’Alfred sont les bienvenus) tandis que le Joker pense que sa victime est réincarnée et s’acharne contre son juvénile adversaire.
Dans la cellule désertée par le Joker, Robin découvre des magazines d’informatique. Il ne tarde pas à comprendre que l’évadé s’intéresse à un théoricien de l’informatique. Et il a raison, car l’essayiste est rapidement enlevé. Le criminel utilise les compétences de son captif afin d’exercer un chantage sur la ville de Gotham City, dont les services publics sont paralysés. Robin tentera de gruger son adversaire en vue de le faire sortir du bois, et parviendra à l’arrêter et à le renvoyer derrière les barreaux.
Si l’intrigue est classique, surtout avec un dessin raide signé Tom Lyle, qui commence à fixer son style et, donc, ses faiblesses, ces quatre épisodes valent par la caractérisation du jeune héros, souvent en proie au doute mais bien décidé à se montrer digne de son nouveau statut. L’autre intérêt de cette mini-série est de donner de l’importance à Tim Drake sous le masque de Robin, notamment en mettant en avant d’autres lycéens de l’établissement qu’il fréquente. On sent que le scénariste et le responsable éditorial ont, cette fois, réellement envie de développer ce petit univers.
Un deuxième recueil qui permet de bien installer le personnage. O’Neil et Dixon ont réussi leur pari en imposant un troisième Robin à la fois populaire et attachant. À ce sujet, la préface d’O’Neil est intéressante, retraçant l’histoire éditoriale des trois Robin à la lumière de la réflexion agitant l’équipe à cette époque.
Jim
Je cherchais quelque chose ?
Benis soit l oubli.
Indeed, tu cherchais et tu voulais t y ateler le we dernier ou celui d avant.
@Marko saura te dire quoi.
Aaaaaah… non mais je pense que j’ai pas dû les acheter en fait. C’est zn eegardant la période de publication que j’ai deviné cela.
Meilleur moyen pour arrêter de chercher.
Cvest l histoire d un gars qui est devenu hermite pour oublier.
Oublier quoi ?
Il l a oublié.
Le recueil Robin - Flying Solo, sorti en 2002, reprend les premiers épisodes de la série régulière que Chuck Dixon et Tom Grummett consacrent au jeune apprenti de Batman. Cinq chapitres, agrémentés de deux épisodes tirés de la série Showcase '94.

Comme souvent pour les recueils lus il y a au moins vingt ans, certains détails reviennent à la mémoire qu’on a pourtant oubliés malgré leur importance et leur singularité. Par exemple, j’avais oublié que la série mensuelle Robin avait été lancée en 1993 durant la période Knightfall / Knightquest, quand Bruce Wayne est remplacé par Jean-Paul Valley.
Dixon s’empresse de fâcher Tim et Jean-Paul, afin de justifier l’éloignement du jeune héros, qui quitte la Batcave avec fracas. Au bout de quelques pages, Robin, au volant de sa Redbird, décide de faire cavalier seul et se lance dans des aventures personnelles déconnectées de l’actualité gothamienne. C’est pas mal, d’ailleurs, cela permet de laisser le jeune justicier trouver sa propre voix à une époque où les séries liées à Batman sont secouées en tous sens.
L’action ne manque pas, même si le ton est un peu plus léger que les mini-séries ayant présidé au lancement du personnage. Notamment, tout l’aspect « identité secrète » de la série, à savoir le quotidien du jeune collégien, est assez classique au sens peterparkerien : une petite amie, Ariana, des balourds fréquentant la même école, un copain geek, un papa qui se remet de son empoisonnement… À ce sujet, les possesseurs des mêmes TPB que moi (en l’occurrence A Hero Reborn, Tragedy & Triumph et celui-ci) seront peut-être surpris de voir débouler de nouveaux personnages autour de Tim. Si Ives est connu pour être apparu dans la deuxième mini-série Robin, Ariana, jeune fille d’immigrés russes, a fait son apparition dans Robin III - Cry of the Huntress (réalisé par Chuck Dixon et Tom Lyle), qui à ma connaissance n’a pas été compilé avant la série de recueils des années 2015-2017. De même, l’état de santé du père de Tim s’améliore aussi dans cette troisième mini. Autant de « nouveautés » pour le lecteur des recueils d’il y a une vingtaine d’années.

La troisième mini-série (qui dispose de formidables couvertures signées Mike Zeck) figure au sommaire de Robin volume 2 - Triumphant, dans la série de cinq recueils sortis entre novembre 2015 et décembre 2017. Pour ma part, il va bien falloir un jour que je me penche là-dessus, histoire d’avoir toutes les étapes de la carrière de Tim Drake.
Bref, notre Tim Drake vole de ses propres ailes. La série l’oppose d’abord à des voleurs de voiture, ce qui lui permet de croiser le chemin de Shotgun Smith, un ancien flic de Gotham qui officie désormais en périphérie, et qui semble nourrir une certaine animosité envers Bullock et Montoya. Les dialogues expliquent qu’il connaît Gordon depuis longtemps, et Dixon l’écrit comme un vieux briscard plus teigneux encore que Bullock, ce qui n’est pas peu dire.
J’ai longtemps cru que Shotgun Smith était un personnage nouveau, créé pour la série. En fait, il n’en est rien. L’apparition de Steve « Shotgun » Smith remonte à Detective Comics #428, daté d’octobre 1972. Le récit « The Batman vs The Toughest Cop of Gotham! », écrit par Frank Robbins (qui décidément aura laissé son lot de personnages marquants dans la mythologie batmanienne) et illustré par Bob Brown et Dick Giordano brosse le portrait d’un flic tout-terrain, dur à cuire et râleur, opiniâtre et disposé à recourir à des méthodes musclées.
Batman n’apprécie guère les méthodes de cette teigne de la police et c’est en tant que Bruce Wayne qu’il suit le policier dans sa ronde, soupçonnant celui-ci d’être corrompu. Dans les dialogues, Robbins compare Shotgun Smith à Johnny Broderick, un légendaire flic des années 1930 aux états de service impressionnant mais à la fin de carrière entachée par quelques polémiques sur des méthodes peu scrupuleuses et ses accointances douteuses.
Si la référence historique parle sans doute aux lecteurs de 1972, rappelons cependant que le film French Connection est sorti l’année précédente, et présente Gene Hackman dans le rôle de Popeye Doyle, un policier obstiné et cogneur, dont l’éternel chapeau est évoqué par le galurin recourbé dont Shotgun Smith ne se sépare jamais. La référence semble complètement assumée chez Robbins et Brown.
Les épisodes 3 à 6 de cette nouvelle série mensuelle opposent Robin au Cluemaster, qui vient de s’évader avec deux autres compagnons de cellule (enfin, trois, mais ils laissent l’un d’eux dans les égouts…). C’est l’occasion de faire revenir Stephanie Brown, alias Spoiler, la propre fille du Cluemaster, qui s’ingénie à ruiner les plans crapuleux de son père. Stephanie quant à elle est apparue dans Detective Comics #647, en 1992, un épisode réalisé par Chuck Dixon et Tom Lyle.
Au-delà de l’intrigue super-héroïque, sympathique mais oubliable, les épisodes valent surtout par le portrait de Tim, un adolescent qui veut bien faire mais qui se retrouve débordé (voir notamment les scènes avec Ariana), et de Stephanie, une gamine qui a revêtu un costume mais comprend très qu’elle n’est ni super-héroïne ni justicière (en tout cas, pas à l’époque).
C’est énergique, souriant, charmant, classique mais efficace. Le dessin de Tom Grummett, qui emprunte beaucoup à John Byrne en le mettant à la sauce cartoony, est grandement efficace et très joli à regarder, même si on ne manquera pas de trouver que son trait rond rajeuni Tim Drake, qui paraissait peut-être un peu plus vieux chez Tom Lyle.
Le reste du sommaire est consacré à une aventure réunissant Robin et Huntress, et tirée des pages de Showcase '94. Contrairement à son homonyme des années 1950-1960, ce titre n’est pas une anthologie visant à lancer de nouveaux concepts éditoriaux, mais un mensuel proposant de mettre en avant des personnages, secondaires ou non, de l’univers DC. Cette nouvelle formule rapproche davantage Showcase du célèbre Marvel Comics Presents édité par la concurrence. Une particularité : la série revient à son numéro un à chaque nouvelle année et change donc de titre, l’ensemble des parutions s’étalant entre 1993 et 1996 et formant autant de « maxi-séries » qu’il y a d’années de parution.
La couverture de Showcase '94 #5 (qui n’est pas reprise dans le recueil : ce n’était pas encore dans les habitudes complétistes des TPB de l’époque), réalisée par Walt Simonson, annonce l’arrivée de Huntress. Effectivement, la chasseresse est la narratrice de cette aventure, écrite là encore par Chuck Dixon et illustrée par Phil Jimenez. Pour le coup, puisque la voix est celle d’une justicière aux méthodes expéditives, Dixon renoue avec une tonalité plus musclée, plus « hard-boiled », au rythme de petits blocs incisifs qui ne dépareilleraient pas dans un comic du Punisher.
L’histoire, qui raconte comment Huntress se retrouve face à une autre « mafia princess », qu’elle a connue dans sa jeunesse, et qui utilise la fragilité psychologique de son frère, un prêtre, pour se créer des alibis, est en fait un cross-over entre Showcase '94 #5 et 6 et Robin #6. Il est donc logique que le chapitre du milieu soit raconté du point de vue de Tim tandis que les deux autres sont narrés par la voix de Helena.
Les deux personnages se connaissent pour s’être croisés précédemment dans la mini-série Robin III. Une partie de l’intrigue tourne autour des méthodes différentes qu’ils privilégient, installant une tension entre les héros, qui culminera par la suite et finira par éloigner Huntress du monde de Batman, qui n’accepte pas sa vision de la justice.
Le sommaire correspond à une période à le scénariste Chuck Dixon commence à s’installer durablement dans l’univers gothamien. Lui qui a commencé sur Robin sans espoir réel d’écrire un jour Batman est désormais aux commandes d’une série mensuelle consacrée au Chevalier Noir, développe Robin puis étendra son influence à Nightwing et Birds of Prey. La lecture des épisodes assemblés ici montre sa capacité à varier la tonalité de ses épisodes selon les personnages mis en scène et les revues qui les abritent.
Jim
Pour info, à destination des curieux et des complétistes :

Collects Robin (1991 Limited Series) #1-5, Detective Comics (1937-2011 1st Series) #618-621, and Batman (1940-2011) #455-457

Collects Batman (1940-2011) #465, 467-469, Robin 2: The Joker’s Wild (1991) #1-4, and Robin 3: Cry of the Huntress (1992) #1-6

Collects Robin (1993-2009 #1-5, Robin (1993-2009) ANNUAL #1-2, and Showcase 93 (1993) #5-6 and 11-12

Collects Robin (1993-2009) #0, 6-13 and Showcase '94 (1994) #5-6

Collects Robin (1993-2009) #14-22, Robin Annual #3 and Detective Comics (1937-2011 1st Series) #685-686
Va falloir que je me mette en chasse.
Jim













































