SPARTACUS ET LES DIX GLADIATEURS (Nick Nostro)

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REALISATEUR

Nick Nostro

SCENARISTES

Sergio Sollima et Nick Nostro

DISTRIBUTION

Dan Vadis, Helga Liné, Giovanni di Benedetto, Ursula Davis…

INFOS

Long métrage italien/français/espagnol
Genre : aventures
Titre original : Gli invincibili dieci gladiatori
Année de production : 1964

Déclinaison populaire du péplum italien dans ses dernières années avant le déclin du genre, le film de gladiateurs doit beaucoup au succès du Spartacus de Stanley Kubrick et Kirk Douglas car on le sait, les producteurs italiens n’étaient jamais les derniers pour capitaliser sur les filons du moment (une « suite » non officielle au Kubrick fut même tournée, Le Fils de Spartacus). Parmi les longs métrages qui ont eu assez de succès pour générer une série, il y a eu les aventures des Dix Gladiateurs, qui empruntaient également aux Sept Mercenaires, d’où la confusion du titre français du second opus, Il trionfo dei dieci gladiatori devenant chez nous Le Triomphe des Dix Mercenaires.

Après Les Dix Gladiateurs (Gianfranco Parolini, 1963) et Le Triomphe des Dix Mercenaires (Nick Nostro, 1964), le massif (et inexpressif) Dan Vadis (qui a incarné Hercule à deux reprises, dans Hercule l’Invincible et Le Triomphe d’Hercule) a donc repris le rôle du gladiateur Roccia (alias The Rock dans le doublage américain !) dans Spartacus et les Dix Gladiateurs, à nouveau réalisé par Nick Nostro (Superargo contre Diabolikus). Les exploits des Dix Gladiateurs ont été co-écrits par Sergio Sollima, l’un des trois Sergio du western spaghetti qui réalisera ensuite coup sur coup les excellents Colorado, Le dernier face-à-face et Saludos Hombre entre 1966 et 1968.

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Combattants aguerris, Roccia et ses camarades se rebellent après été témoin du traitement réservé à d’autres gladiateurs dans l’arène. Parce qu’ils ont osé exprimer leur mécontement, leur employeur humilié les renvoie. Alors qu’ils parcourent la campagne, les dix hommes sont témoins de l’attaque d’une jeune fille par des brigands. Il s’agit de Livia, la fille de Julius Varo, un sénateur romain. Sans se douter de la duplicité du tyrannique politicien, les gladiateurs acceptent sa proposition de débarrasser la région d’un terrible bandit…un certain Spartacus…

Il n’y a pas vraiment de suspense : après avoir rencontré Spartacus, les dix gladiateurs se rendent compte qu’ils ont été trompés et se rangent du côté de l’homme qui veut libérer tous les esclaves. Mais les ennuis ne sont pas terminés pour autant…

Les Dix Gladiateurs sont une bande de sympathiques colosses rigolards, foncièrement honnêtes mais pas toujours finauds (il faut voir comment ils foncent dans un premier temps tête baissée dans le piège de Varo). Si l’histoire réserve de temps en temps quelques touches plus sombres, le ton est souvent léger, principalement dans les nombreuses scènes d’action, avec des bastons de bande dessinée qui ont l’air de sortir tout droit des pages d’Astérix et Obélix (avec ses grimaces, le gladiateur muet campé par le prolifique second couteau Sal Borgese est un vrai personnage de dessin animé)…

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Aventure divertissante (même si l’ensemble ne vole pas très haut), au rythme soutenu et pas avare en péripéties, Spartacus et les Dix Gladiateurs est aussi une série B fauchée qui use et abuse des stock-shots (et c’est la foire au recyclage vu le nombre d’images qui changent de grain d’un plan à l’autre). De nombreux décors et scènes de batailles proviennent ainsi d’autres films, le point culminant étant l’affrontement final entre les légions romaines et les forces de Spartacus, tellement apiécée et bourrée de faux raccords qu’elle en devient illisible. Il faut dire que le montage est assuré par l’inénarrable Bruno Mattei (Virus Cannibale, Les rats de Manhattan…), ce grand tâcheron du cinéma d’exploitation transalpin !