THE VAMPIRE LOVERS (Roy Ward Baker)

REALISATEUR

Roy Ward Baker

SCENARISTE

Tudor Gates, d’après Carmilla de Sheridan Le Fanu

DISTRIBUTION

Ingrid Pitt, Kate O’Mara, Madeline Smith, Pippa Steel, Peter Cushing…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : horreur
Année de production : 1970

En 1970, Hammer Studios change une nouvelle fois de distributeur américain et signe un contrat avec American International Pictures, société pour laquelle Roger Corman avait régulièrement travaillé dans les années 50/60. Comme la distribution participait en partie au financement du long métrage, AIP a réclamé un film de vampires avec un contenu sexuel un peu plus explicite, histoire de profiter d’un certain relâchement de la censure sur ce sujet. Ce qui tombait bien puisque le producteur Harry Fine avait proposé à la Hammer une adaptation de la novella Carmilla de Sheridan Le Fanu, Carmilla étant la femme vampire que l’on peut voir comme l’influence principale de la horde de vampires lesbiennes déclinées sur à peu près tous les supports.

Jusque là, l’érotisme chez la Hammer était le plus souvent suggéré. The Vampire Lovers est leur première production dans laquelles les actrices principales apparaissent complètement nues, recette qui sera ensuite régulièrement appliquée vu le succès du film. Première entrée de ce qui a été appelé la Trilogie Karnstein, The Vampire Lovers a été suivi en 1971 par La Soif du Vampire de Jimmy Sangster et par Les Sévices de Dracula (mais sans Dracula) de John Hough.

Le script de Tudor Gates (l’un des nombreux scénaristes qui ont travaillé sur Danger : Diabolik ! et Barbarella) reprend plusieurs éléments et personnages du texte de Sheridan Le Fanu. L’action se déroule en Styrie, une région de l’Autriche. Le général Spieldorf (incarné par Peter Cushing) accepte d’accueillir dans sa demeure la belle Marcilla, qui lui est confiée par sa tante. Marcilla se lie d’amitié avec Laura, la fille du général. Laura commence à se conduire bizarrement et est bientôt assaillie par d’étranges cauchemars avant de tomber malade et d’être retrouvée morte. Marcilla disparaît, laissant le général inconsolable…avant de ressurgir un peu plus tard sous le nom de Carmilla et d’être invitée dans la maison de Morton, un noble anglais habitant également en Styrie. Morton a lui aussi une fille, prénommée Emma…

L’actrice d’origine polonaise Ingrid Pitt avait un peu de mal à faire décoller sa carrière après son petit rôle dans Quand les aigles attaquent avec Clint Eastwood. Une situation qui a changé après sa rencontre avec James Carreras, qui lui a offert les rôles principaux de The Vampire Lovers et Comtesse Dracula. L’horreur fut son genre de prédilection puisqu’elle a ensuite joué dans La Maison qui tue en 1971 et surtout dans l’excellent The Wicker Man en 1973. Son portrait de Carmilla est intéressant puisqu’elle joue de façon convaincante les différentes facettes du rôle, la tendresse, le charme, la manipulation, la férocité…mais aussi la tristesse de son statut de créature surnaturelle condamnée à la solitude éternelle…

En 1970, le réalisateur Roy Ward Baker a signé deux films de vampires pour la Hammer, l’autre étant Les Cicatrices de Dracula, et The Vampire Lovers est le meilleur des deux. Il y a bien quelques faiblesses, un ventre mou dans la seconde partie, une silhouette d’« homme en noir » qui ne sert strictement à rien et qui garde son mystère jusqu’au bout…mais à part cela le métrage est très beau, ce qui s’applique aussi bien à sa photographie et à sa direction artistique qu’à la plastique de ses actrices. Il y a une véritable poésie morbide qui se dégage de nombreuses scènes (le prologue est envoûtant) ainsi qu’une atmosphère (très) troublante.

The Vampire Lovers fait la part belle aux personnages féminins, les hommes ayant un rôle secondaire. Ainsi Peter Cushing est pour une fois un peu en retrait, en apparaissant dans le premier acte avant de revenir pour le final et d’y reprendre sa fonction de chasseur de vampires…

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Bruce Timm :