LA GUERRE DES MONDES (Byron Haskin)

REALISATEUR

Byron Haskin

SCENARISTE

Barré Lyndon, d’après le roman de H.G. Wells

DISTRIBUTION

Gene Barry, Ann Robinson, Les Tremayne, Robert Cornthwaite…

INFOS

Long métrage américain
Genre : science-fiction
Titre originale : The War of the Worlds
Année de production : 1953

Après la célèbre émission radiophonique de 1938 (je vous dirige vers le blog d’Artemus Dada pour en savoir plus), Orson Welles fut approché pour réaliser une adaptation cinématographique du roman La Guerre des Mondes de H.G. Wells, mais celui qui allait entrer dans l’histoire du cinéma avec Citizen Kane rejeta la proposition. Les droits du livre ont passé de studio en studio dès 1925 et il se dit que Cecil B. De Mille et même Alfred Hitchcock ont travaillé sur des versions qui n’ont jamais abouties.

Il a fallu attendre jusqu’en 1953 pour que La Guerre des Mondes soit transposé pour la première fois sur grand écran. Dès le début des années 50, la science-fiction était devenu le genre en vogue du cinéma de divertissement américain, mais les grands studios l’ont souvent snobé, le reléguant, malgré les succès commerciaux de ces productions le plus souvent à petit budget, aux séries B et au double-programme des drive-in et autres cinémas de quartier. Et quand ces studios s’y intéressaient finalement (après tout, si ça peut rapporter des sous), comme ici la Paramount, c’était le plus souvent pour adapter des oeuvres littéraires (la MGM a ensuite bousculé cette habitude avec Planète Interdite).

La Guerre des Mondes est le fruit de la première collaboration entre George Pal et de Byron Haskin. Réalisateur, producteur, chef-opérateur, responsable des effets spéciaux (et même occasionnellement scénariste…il a co-écrit Doc Savage Arrive ! en 1975), l’américain d’origine hongroise George Pal est l’un de ces magiciens qui ont principalement oeuvré pour le fantastique et la science-fiction pendant plus de trois décennies et il fut le déclencheur de la vague S.F. des fifties avec son Destination…Lune ! produit de manière indépendante en 1950.
Le réalisateur Byron Haskin était également un touche-à-tout (il débuta sa carrière dans les années 20 en tant que spécialiste des effets spéciaux et directeur de la photographie) avant de devenir un bon artisan du cinéma de genre (Quand la Marabunta gronde, Le Pirate des Mers du Sud, Robinson Crusoe sur Mars…).

Libre adaptation de La Guerre des Mondes de H.G. Wells, le scénario de Barré Lyndon retient tout de même quelques éléments clés du texte original (bon j’avoue que je ne l’ai lu qu’une seule fois il y a une dizaine d’années, mais le final est identique par exemple) tout en déplaçant efficacement les unités de lieux et de temps dans une Amérique en pleine Guerre Froide. Le suspense monte bien en puissance, les moments de tension horrifique sont bien ficelés (je pense notamment à cette scène où le couple vedette se réfugie dans une maison cernée par les martiens) et les effets spéciaux, qui proposent des matte-paintings détaillés et des maquettes soignées, sont de qualité.

À part quelques passages qui n’ont pas très bien supporté l’épreuve du temps, les trucages demeurent l’un des points forts de cette première Guerre des Mondes du cinéma. Mais les limitations techniques de l’époque n’ont tout de même pas permis à George Pal de réaliser les emblématiques tripodes, qui ont été remplacés ici par des soucoupes aux allures de “raies volantes”…et qui sont tout aussi mortelles et destructrices.

Quant à son gros point faible (et grosse différence avec l’oeuvre originale selon les spécialistes), c’est son aspect bondieusard à mon goût beaucoup trop prononcé. C’est d’ailleurs une caractéristique que l’on retrouve dans plusieurs longs métrages chapeautés par George Pal, qui était un catholique fervent.

La Guerre des Mondes de H.G. Wells a souvent été adapté en bande dessinée et même décliné dans les univers des différentes maisons d’édition américaines. Etonnament, il n’y a pas eu de version en comic-book du film de 1953. Mais il existe tout de même une adaptation espagnole en 4 parties qui date des années 70 et dessinée par un certain Karpa :

Il m’avait impressionné, ce film, tout gamin. Les loupiotes rouges et vertes, tout ça…

Jim