LE TRAIN DES ÉPOUVANTES (Freddie Francis)

REALISATEUR

Freddie Francis

SCENARISTE

Milton Subotsky

DISTRIBUTION

Peter Cushing, Christopher Lee, Michael Gough, Donald Sutherland, Bernard Lee…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : horreur
Titre original : Dr Terror’s House of Horrors
Année de production : 1965

Société de production britannique fondée par les américains Milton Subotsky et Max Rosenberg en 1962, Amicus a d’abord sorti deux comédies musicales pour adolescents passées relativement inaperçues avant de trouver sa voie et de concurrencer la célèbre Hammer Films en se spécialisant dans les différents sous-genres du cinéma fantastique. C’est à Amicus que l’on doit les longs métrages Dr Who avec Peter Cushing ainsi que la série de films d’aventure peuplés de monstres inspirés par les écrits de Edgar Rice Burroughs, du Sixième Continent au Continent Oublié.

Et comme pour la Hammer, c’est l’horreur qui constitue l’essentiel du catalogue de Amicus. Parce qu’il était un grand fan de l’excellent Au Coeur de la Nuit, Milton Subotsky a régulièrement écrit et produit des films à sketches, généralement composés de quatre ou cinq histoires reliées par un fil rouge. Certains sont des adaptations de bandes dessinées des EC Comics, tandis que d’autres sont basés sur des scénarios originaux. C’est le cas du premier d’entre eux, Le Train des Epouvantes (Dr Terror’s House of Horrors en version originale).

Cinq hommes s’installent dans le compartiment d’un train à destination de la ville de Bradley. Ils sont alors rejoints par un sixième quidam qui se présente sous le nom du docteur Sandor Schreck, joué par ce grand gentleman de l’horreur qu’était Peter Cushing. Et quand Peter Cushing est là, Christopher Lee n’est souvent pas loin. Lee joue en effet avec délice l’un des six personnages principaux, un critique d’art arrogant. Pour tuer le temps pendant cette longue nuit, Schreck sort son jeu de tarot et entreprend de dévoiler le destin de chacun des voyageurs présents…

Cinq hommes, donc cinq segments pour lesquels Milton Subotsky a joué avec des figures connues de l’horreur : le loup-garou, la plante vivante, le vaudou, la main qui tue et le vampire. Comme souvent, le format donne un résultat inégal. Pour Le Loup-Garou, l’ambiance est bien posée grâce à la réalisation de Freddie Francis (directeur de la photographie reconnu qui est passé derrière la caméra à partir de 1962 et qui avait signé L’Empreinte de Frankenstein pour la Hammer l’année précédente) mais le final est un peu expédié. Même défaut pour La Vigne Mutante qui déçoit un peu par sa chute malgré de bonnes scènes avec des trucages aussi simples (budget modeste oblige) qu’efficaces.

L’ensemble monte en puissance à partir de Vaudou, moins versé dans l’horreur mais avec un bon rythme imprimé par la musique entraînante et des touches humoristiques amusantes. Le meilleur sketch est La Main Baladeuse dans lequel le critique d’art campé par Christopher Lee doit faire face à une étonnante vengeance d’outre-tombe. Le duo formé avec Michael Gough, autre visage prolifique de la série B britannique, est savoureux et la chute à l’ironie cruelle est excellente. Dans La Vampire, on retrouve Donald Sutherland dans un de ses premiers rôles en docteur marié à une jolie vampire. Même si certains effets peuvent prêter à sourire (ah, ces fameuses chauve-souris en plastoc), l’intrigue est bien ficelée et la réplique finale aurait bien eu sa place dans un comic-book d’EC.

Le Train des Epouvantes se referme sur un dernier retour au fil rouge et la révélation de la véritable identité du Docteur Schreck qui conclut sur une bonne note cette convaincante première incursion de Amicus dans l’anthologie horrifique.

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