PREDATOR (John McTiernan)

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À mi-chemin entre La Chasse du comte Zaroff et les actionners 80’s produits par Joe Silver & compagnie (Commando, Die Hard, Rambo 2, Cobra, etc…) le film marque la véritable percée du réalisateur à Hollywood et la confirmation du règne de Schwarzie sur le cinéma d’action de la décennie.

Les metteurs en scène les plus talentueux avec qui le “Chêne Autrichien” a collaboré (Verhoeven, Cameron, etc…) sont souvent ceux qui ont le mieux utilisé son physique hors normes.
McTiernan fait assurément parti de cette short list, comme il le confirmera ensuite avec Last Action Hero, où Arnold incarne cette fois-çi une figure encore plus bigger than life, ne pouvant être à sa place seulement dans un univers fictionnel et irréaliste, un territoire connu, maîtrisé où sa survie est assurée.
Les seconds rôles sont dans l’ensemble efficaces, qu’il s’agisse de Carl “Apollo Creed” Weathers, Bill Duke ou encore Sonny Landham qui interprète Billy l’indien, dont le flair n’a rien à envier à celui de Wolverine, sans oublier le binoclard lecteur de Sergent Rock et amateur de blagues graveleuses, à savoir Shane Black.

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Le Predator quand à lui bénéficie du design mémorable de Stan Winston (avec un gros coup de main non négligeable de James Cameron) un monstre qui se fait rare au départ, représentant le chasseur ultime, et qui semble avoir une conduite très précise et un code d’honneur spécifique, après tout s’il s’attaque à Shane Black, c’est aussi parce qu’il pourchassait une femme sans armes et donc théoriquement sans défense.
D’ailleurs, au moment du dernier affrontement, son suicide final en un sens n’est rien de moins qu’une variante du seppuku (en plus musclé et tonitruant).
Ce final d’anthologie, par son intensité et sa forte dimension épique et mythologique, achève de l’ancrer définitivement dans le panthéon du cinéma d’action.
Face à une tel menace, le Major Dutch (peut être bien le meilleur rôle d’Arnold) devra faire preuve d’ingéniosité et d’un farouche instinct de survie qui passera par un retour à un état primitif renvoyant au statut de chasseur des origines, afin d’être à égalité avec son opposant (allant jusqu’à se camoufler provisoirement, moment à partir duquel les rôles des proies s’inversent de nouveau).

Le découpage et la gestion de l’espace s’avèrent exemplaires, et la partition martiale de Silvestri donne le ton dès le début (pas celui des X-Men l’autre :mrgreen: ).
On peut regretter tout de même l’absence du CinemaScope (en raison des effets spéciaux) cher à McT.
Dès son deuxième film, le réalisateur commence déjà, à l’instar de Nomads, à traiter l’opposition/rapprochement des mondes et des cultures, à l’instar du conflit de l’average Joe américain caractériel mais attachant face à l’européen distingué et rusé de Die Hard, autre monument du genre et du cinéma tout court.

Et n’oublions pas les punch lines mythiques!

Aiguises-moi ça!

Ou l’immortel : “T’as vraiment pas une gueule de porte-bonheur…

Du coup, je me rends compte que ça fait vraiment un bail que je n’ai pas revu ce film.

En tout cas, super analyse, Marko :wink:

Je trouve d’ailleurs que certaines punch lines sont plus savoureuses en vf (surtout celles de Dutch et Dillon).

"On va tous y rester.“
c’est coton j’y enverrais pas un chien vérolé.”

Sacré Billy ! :smiley:

Entièrement d’accord. “T’as vraiment pas une gueule de porte-bonheur”, c’est quand même meilleur que “You one ugly mother-fucker”.

C’est comme “Quand on tire, on raconte pas sa vie”, qui est meilleur que “when you have to shoot, shoot, don’t talk”.

Et on dira que les VO, c’est toujours mieux…

Jim

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La ressortie en salles est prévue pour le 17 août. Mct présentera cette nouvelle copie à l’occasion d’une nouvelle masterclass intitulée “Comment mettre en scène un film d’action”, lors du festival So Film Summer Camp dont il est l’invité d’honneur.

La bande-annonce: