1941-2021 : BON ANNIVERSAIRE WONDER WOMAN !

Il fallait bien que ça arrive : sur Terre-2 aussi, les Alliés gagnent la Seconde Guerre mondiale et renverse le régime nazi qui, dans ce monde, s’est entouré de surhommes à la mesure des héros américains. L’événement se produit dans Wonder Woman #242, daté d’avril 1978, sous une couverture de Rich Buckler et Vince Colletta.

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L’épisode, qui s’ouvre sur un défilé de la victoire, compte parmi les moments saugrenus de la vie de Steve Trevor… qui n’en manque pas. Le valeureux militaire et sa belle étoilée salue la foule en délire (les femmes, sur le partage du cortège, n’ont d’yeux que pour Steve : ah, le charme de l’uniforme) et s’interroge sur leur imminent avenir, maintenant que les raisons pour lesquelles ils ont été réunis ne sont plus.

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Mais ils n’ont pas le temps de se poser trop de questions, que déjà un rayon venu du ciel frappe Steve et l’emporte jusqu’aux entrailles d’une colossale soucoupe volante. Wonder Woman tente de retrouver son chéri mais la technologie des ravisseurs est telle que son avion tombe à terre. Assommée, elle se remémore ce que sa mère, la Reine Hippolyte, lui avait dit, à savoir que l’avion invisible ramènerait l’émissaire amazone une fois que la victoire sur la tyrannie nazie (et sur les plans de Mars) serait obtenue. Ni une ni deux, elle se réveille et découvre que son appareil, effectivement, la ramène sur l’Île du Paradis. Là, sa souveraine de mère lui apprend que Steve n’est pas en danger : au contraire, il a été transformé et amélioré.

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Mais l’explication ne satisfait pas la belle héroïne qui repart en Amérique, en dépit des avertissements d’Hippolyte. Une fois de retour dans son pays d’adoption, elle retrouve le Steve cosmico-transformé qu’elle a vu sur l’écran des Amazones, et tente de le raisonner.

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Celui-ci, reprenant à son compte le vieux thème de l’être supérieurement développé qui décide d’imposer son destin à une race entière afin de bannir la souffrance et la mort, commence à se reproduire en autant de doubles de lui-même, convertissant des humains à cette forme évoluée (il n’est pas anodin d’ailleurs que les deux premiers humains ainsi transformés soient deux pochards bouteille à la main : un peu de lourdeur dans la métaphore ne nuit pas, apparemment…).

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Sur l’Île du Paradis, Hippolyte est contactée par le Phantom Stranger et le Spectre, qui lui explique que Diana est bien consciente que le mal prend plusieurs formes, et qu’il faut la laisser agir. Ce qui revient à prolonger sa mission de paix bien au-delà de la période de guerre, et le chagrin étreint la souveraine qui laisse échapper quelques larmes pudiques.

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Diana, quant à elle, parvient, à l’aide de son lasso et de son avion, à capturer les humains transformés et s’adresse aux occupants de la soucoupe volante, les Cerberons. Ces derniers, qui s’inquiètent de l’avenir de la race humaine, sont persuadés qu’il faut la transformer. Mais Diana leur explique que le futur est multiple, et qu’il faut laisser aux hommes la possibilité de créer le leur. Discours sur le libre arbitre toujours efficace mais à peu près aussi cliché que le thème de l’être évolué.

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Le discours de Diana, alliant raison et sentiments, semble convaincre les Cerberons qui rendent aux humains transformés, même aux deux copains avinés du début, leur apparence première. Ouf. Tout est bien qui rentre dans l’ordre.

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La dernière page est à l’image du reste de l’épisode : très dense, insistant sur le retour à la normalité et offrant aux personnages un destin… qu’ils n’auront pas le temps de vivre. En effet, l’ultime vignette fait apparaître un ennemi de Wonder Woman, Angle-Man, qui annonce un autre changement éditorial dans la série. Les lecteurs de l’époque ne le devinent peut-être pas encore, mais la période Seconde Guerre mondiale du titre touche à sa fin. Reste donc un épisode frénétique où le scénariste Jack C. Harris accumule les péripéties en dix-sept courtes pages (dont deux splash, c’est dire si ça va vite). Cette fois, José Delbo est encré par Joe Giella, est le résultat est plutôt agréable, voire carrément beau : l’encreur applique un trait rond et généreux, qui n’est pas sans rappeler ici le travail de certains Philippins (je pense à Redondo ou Bulanadi), pour un résultat vraiment agréable.

Jim

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La véritable fin de la période Seconde Guerre mondiale survient dans l’épisode suivant. Wonder Woman #243, daté de mai 1978, s’ouvre sur l’arrivée de l’Angle Man dans un cinéma de Washington… mais la Washington de Terre-2.

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Dans la salle, Steve Trevor et Etta Candy regardent les actualités, qui montre le défilé de la victoire aperçu dans l’épisode précédent (sacré Steve, quel narcissique !).

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Le bazar que suscite l’apparition du super-vilain attire l’attention de la Société de Justice, à qui Diana apprend que sa mission continue bien après le conflit. Wonder Woman se rend donc à Washington et affronte celui qui, pour elle, est un ennemi nouveau.

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Sur Terre-1, pendant ce temps (si l’on peut : chez DC, on appelle ça du « temps relatif », ça me fait penser aux « températures ressenties »), la Wonder Woman locale constate qu’il y a quelque chose de louche autour de l’équerre de l’Angle Man. Elle découvre que son adversaire s’est échappé et, alors qu’elle s’apprête à demander à Elongated Man de la remplacer… la voilà transportée sur Terre-2.

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Mais pour la Wonder Woman locale, c’est leur première rencontre (car, dans Wonder Woman #228, son homologue l’avait contrainte à oublier leur entrevue initiale). Un tour de lasso de plus, et voilà qu’elle se remémore ces événements, ce qui l’aide dans sa mission aux côtés de son double.

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Ensemble, bien sûr, elles parviennent à vaincre Angle Man, dont l’équerre semble privée de son pouvoir (trop loin de sa source ?) ou fonctionner de manière erratique sur cet autre monde.

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À la fin de l’altercation, Steve Trevor et Etta Candy (dont le super-pouvoir caché doit être de retrouver instinctivement Wonder Woman quand le danger est passé) surviennent. La discussion permet d’expliquer les choses, mais un problème se pose : les trois ressortissants de Terre-2 ne doivent pas connaître le futur (ce qui implique que l’avenir de Terre-2 est comparable à celui de Terre-1, ce qui en soit est une aberration mais passons). Un tour de lasso supplémentaire, et voilà qu’ils oublient les informations liées à l’avenir et repartent, groggy, à leur vie personnelle. Wonder Woman de Terre-1 ramène l’Angle Man sur son monde et le téléporte en prison.

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Personne dans l’épisode ne sait comment fonctionne l’équerre, pas même son propriétaire, mais le reste d’énergie a permis à l’héroïne et à son prisonnier de revenir à bon port. C’est beau, la science.

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L’épisode se conclut sur le satellite de la Ligue de Justice, alors que Wonder Woman, qui a ramené par inadvertance un journal local en première page duquel son homologue est saluée par le président. La belle héroïne se demande si elle connaîtra la même carrière sur Terre-1, appel du pied de la rédaction afin que les lecteurs s’intéressent à cette nouvelle direction éditoriale prise par le titre.

Jack C. Harris, José Delbo et Frank Chiaramonte viennent de livrer un épisode dense, tordu, un peu simpliste par bien des côtés (si j’ose dire) et très joli à regarder, mais qui donne une conclusion à une période éditoriale particulière. Ce faisant, ils lancent le titre vers une autre direction, donnant l’impression que la série trouve enfin sa voie.

Jim

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Les multiples mésaventures de Steve Trevor, première partie :

Une partie du mic-mac autour de la série Wonder Woman et de sa continuité compliquée (en tout cas, avant la réfection post-Crisis par George Pérez) tient au statut changeant de Steve Trevor, qui connaîtra plusieurs disparitions, plusieurs retours alambiqués et plusieurs formes, les équipes successives hésitant entre se débarrasser d’un personnage aussi falot qu’encombrant ou reconstruire le modèle du valeureux soldat transi d’amour.

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Remontons donc fin 1968, début 1969, et plus précisément à la reprise de la série par Denny O’Neil et Mike Sekowsky. Steve Trevor a été blessé dans Wonder Woman #179, à l’occasion de sa mission visant à démasquer le Docteur Cyber. Mais il n’est que blessé, quoique grièvement puisqu’il est plongé dans le coma. Mais, dans Wonder Woman #180, l’espion, à nouveau capturé par les sbires de Cyber (on se demande bien pourquoi, mais bon…) tente de prévenir Diana avant d’être abattu pour de bon.

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Fini le damoiseau en détresse, au sujet duquel Sekowsky précise lui-même, dans une réponse à une lettre publiée dans Wonder Woman #195 : « Steve Trevor était nul et soporifique, je ne l’aimais pas beaucoup alors je m’en suis débarrassé ». Remarquons que, dans la même lettre, le scénariste / dessinateur / responsable éditorial se réfère tant que possible à Moulton, et donc aux racines du mythe. Or, Trevor appartient à ces fondations, et en tant que tel, il fallait s’attendre à ce qu’il revienne.

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La période « Diana Prince » prend fin dans Wonder Woman #203, écrit par Samuel Delany. Dès l’épisode suivant, Robert Kanigher revient aux affaires, réglant ses comptes avec Dorothy Roubicek, Denny O’Neil et Mike Sekowsky. Wonder Woman #204 est un véritable nettoyage de printemps, Kanigher renvoyant Diana chez les Amazones, redonnant à Diana son costume, sa place parmi ses sœurs (avec la concurrence de Nubia, personnage créé pour l’occasion) et un nouveau rôle dans le « Monde des Hommes ». Recourant à un stratagème retors, Kanigher rend Diana momentanément amnésique, ce qui amène les Amazones à la brancher sur une machine mémorielle qui lui redonne les souvenirs de sa vie précédente.

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Pour le lecteur, cela permet de faire le point sur l’Île du Paradis, l’histoire des Amazones et tout le folklore lié à la série. Au sein de l’histoire, c’est une manière de dire que la période Diana Prince est oubliée, ainsi que les souvenirs de la mort de Steve Trevor. La manœuvre a tout de même ses défauts : d’une part, elle ne se rappelle pas la mort de Steve mais semble dans un premier temps ne pas s’inquiéter de l’absence de ce dernier ; d’autre part, si elle ne se rappelle pas sa période sans pouvoir, ses équipiers de la Ligue s’en souviennent, eux.

Les choses se compliquent encore quand Steve Trevor fait une apparition, en chair et en os, dans Wonder Woman #208

Jim

Les multiples mésaventures de Steve Trevor, première partie
Les multiples mésaventures de Steve Trevor, deuxième partie
Les multiples mésaventures de Steve Trevor, troisième partie
Les multiples mésaventures de Steve Trevor, quatrième partie
Les multiples mésaventures de Steve Trevor, cinquième partie

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Gal Gadot undercover (« On sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher ! ») :

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Les multiples mésaventures de Steve Trevor, deuxième partie :

Tout à sa reprise de la série, qu’il envisage comme un effacement pur et simple de la période précédente (là où la rédaction cherchait sans doute simplement à mettre un terme à l’expérience et à redonner un costume et des pouvoirs à sa principale héroïne), Robert Kanigher remet en avant les éléments liés à William Moulton Marston (les aventures sur l’île, les conflits entre Amazones, les idées SF frappadingues, et même la mention du créateur en lieu et place du scénariste). C’est assez ironique qu’il se replie derrière les inventions de Moulton, lui qui a réduit la femme forte envisagée par son créateur à une ménagère en manque de mariage dans les années 1950.

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Wonder Woman #208 est l’occasion de deux apparitions de Steve Trevor. La première se déroule vers la fin de « The Titanic Trials », une succession d’épreuves dans la pure tradition des récits moultoniens où s’affrontent des femmes à pouvoir, sur un terrain tout autant physique que symbolique. À la fin de l’épisode, Steve arbore un sourire ravi, sur le siège passager de l’avion invisible.

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L’intrigue de la seconde histoire de Wonder Woman #208, intitulée « Chessmen of Death » (dont les illustrateurs ne sont pas crédités : on reconnaît l’encrage de Vince Colletta, mais les dessins sont-ils dus aussi à Ric Estrada, comme le récit précédent ?), voit deux entités colossales s’affronter sur un jeu d’échec géant dont Diana et Steve Trevor sont les pions.

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Un lecteur conciliant pourra toujours estimer qu’il s’agit là de récits hors continuité, ou situer dans le passé, forme d’hommage masqué à la période Moulton. Néanmoins, le scénariste ne s’encombre pas de remarques du genre. Ou bien tout cela n’est-il qu’un rêve, comme pourrait le suggérer une réplique de Steve Trevor à la fin de « The Titanic Trials » ?

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Il est temps, cependant, pour la rédaction de ranger les jouets. C’est ce à quoi s’attellent Len Wein, Curt Swan et Tex Blaisdell, sous la direction de Julius Schwartz, dans Wonder Woman #212, premier chapitre des fameux « Douze Travaux ». Suite à une intervention, Superman comprend que son équipière a recouvré ses pouvoirs. Mais quand il lui en parle, elle s’étonne : elle ne garde aucun souvenir de cette période « powerless ».

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Désireuse de renouer avec ses souvenirs et avec le sort de Steve, elle se rue sur l’Île du Paradis et échange vivement avec sa mère, qui lui apprend la triste vérité : Trevor est mort. Quant au Steve qui hantait les épisodes de Kanigher et Estrada, il s’agissait d’une manifestation de ses souvenirs (une manifestation bien solide puisque ce « fantôme » peut donner des coups de poing, mais n’épiloguons pas…). Bon, explications données. Voilà une bonne chose de faite, la confirmation d’un drame fondateur et la résolution d’un problème de continuité.

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Enfin, pas tout à fait. On se doute bien que Steve ne pouvait pas rester absent trop longtemps d’une série dont il est l’un des premiers, et plus importants, personnages. La suite de ses péripéties arrive donc dans Wonder Woman #223.

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Sous une couverture d’Ernie Chua, cet épisode, daté de mai 1976, fait immédiatement suite aux « Douze Travaux ». Bizarrement, il aurait pu figurer dans le TPB, puisqu’il y fait référence et propose une intrigue bâtie sur le même modèle.

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Revenant sur l’Île du Paradis, Diana découvre que l’endroit est l’objet d’une invasion… d’hommes ! Craignant que la malédiction annonçant la fin des Amazones ne s’accomplissent, l’héroïne se lance à l’attaque, affrontant les assaillants. Dans le même temps, elle voit que ses sœurs Amazones, et jusqu’à la Reine sa mère, tombent en poussière. Ce n’est qu’après un raisonnement qu’elle comprend que ce n’est qu’une mascarade. Repoussant ses adversaires, elle capture et démasque le dernier d’entre eux encore debout. Et elle reconnaît… le visage de Steve Trevor.
(Remarquons que l’épisode est constitué de dix-huit pages. La seizième est composée de telle manière qu’on dirait une fin d’épisode avec cliffhanger : il est fort possible que Pasko ait prévu des développements moins abrupts - et peut-être entièrement différents - et que la seconde partie de son récit ait été réduit à deux dernières planches de conclusion… Bazar éditorial, hmm ?)

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En fait, ulcérée à l’idée que sa fille doive passer des épreuves avant de réintégrer la Ligue, Hippolyte estime que Wonder Woman ne doit être jugée que par ses paires. Et de monter une fausse invasion afin de voir si Diana a bien recouvré ses aptitudes et son intelligence. Pourquoi donner l’apparence de Steve Trevor a la créature artificielle qu’elle a mise à la tête des envahisseurs ? La Reine n’a-t-elle pas deviné que l’amour de sa fille pour le militaire se réveillerait ? N’a-t-elle pas envisagé qu’elle lui demanderait de le conserver en vie ? N’est-ce pas un peu sadique de la part de la souveraine ?

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Toujours est-il qu’elle accède à la requête de Diana et accorde la vie à ce simulacre, qui de plus aura le droit de mettre le pied sur l’île sans déclencher la malédiction (mais bon, ce Steve n’est pas un homme véritable, semble-t-on comprendre, même s’il est suggéré qu’il s’agit du vrai, ramené à la vie). Steve Trevor est donc de retour dans la série, avec une Wonder Woman dont les souvenirs ont été restaurés. En gros, le statu quo est comme avant.

Tout cela va-t-il durer ?

Jim

Les multiples mésaventures de Steve Trevor, première partie
Les multiples mésaventures de Steve Trevor, deuxième partie
Les multiples mésaventures de Steve Trevor, troisième partie
Les multiples mésaventures de Steve Trevor, quatrième partie
Les multiples mésaventures de Steve Trevor, cinquième partie

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Les multiples mésaventures de Steve Trevor, troisième partie :

Donc, Steve Trevor est revenu. On nous dit qu’il a été rendu à la vie par Hippolyte et Aphrodite, mais que la malédiction ne s’enclenchera pas s’il met le pied sur l’Île du Paradis. Quant à la Reine des Amazones, elle précise qu’il vivra sa vie d’homme normalement, jusqu’à son trépas. Tout est bien qui finit bien.

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À partir de Wonder Woman #224, Steve Trevor redevient un personnage secondaire, à tous les sens du terme. Il est là, mais il n’occupe aucune fonction. Abandonné tranquillement dans l’appartement chic qu’il partage avec Diana, il attend que les journées s’écoulent jusqu’au retour de sa belle, avec qui il partage de tendres moments sur le canapé, instants glamour mis en scène par Curt Swan.

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Ironie du sort, ce premier épisode après la résurrection présente Wonder Woman en traîtresse aux Amazones, écho à la première aventure de la période Diana Prince où Steve était montré dans le rôle du traître à sa nation (dans le but de démasquer une méchante, cela dit).

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Mais la vie d’homme au foyer ne sied guère à l’ancien militaire. Et, dans Wonder Woman #225, alors que sa compagne quitte l’appartement, Steve utilise un appareil issu de la technologie amazone afin de prendre connaissance du monde. Tandis que sa belle est en danger face au mystérieux et insaisissable Maximus, il décide de rempiler.

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C’est à la fin de cet épisode qu’il adopte l’identité de Steve Howard. C’est dans Wonder Woman #226 qu’il dévoile la source d’inspiration qui a donné naissance à ce pseudonyme : le nom de l’acteur Trevor Howard.

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C’est également dans cet épisode qu’il teint ses cheveux en brun, ce qui n’est pas du goût de Diana. Le couple vit alors une période plus difficile où chaque rencontre est orageuse. Pour le lecteur, ça met un peu de sel dans une relation qui, jusque-là, était caractérisée par une souriante mièvrerie.

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Cependant, les scénaristes (Elliott S! Maggin et Martin Pasko) ne parviennent pas à donner à ce qui aurait pu être un couple d’aventuriers la bonne impulsion. Et si l’histoire étalée sur les épisodes 226 et 227 est assez intéressante, explorant le thème de la vie artificielle et du rapport à l’art et aux sentiments, on sent bien que la présence d’un Steve désireux d’aller à l’aventure n’est pas fructueuse.

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Et bientôt, c’est un énième changement de direction, avec Wonder Woman #228, qui fait passer la série de Terre-1 à Terre-2. Exit donc le nouveau Steve Howard, on retrouve le bon vieux Steve Trevor dans son uniforme militaire. La période consacrée à la Seconde Guerre mondiale durera jusqu’au #243, à l’issue duquel les lecteurs repassent de Terre-2 à Terre-1 et du Steve Trevor blond au Steve Howard brun.

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Dès l’épisode suivant, le #244 donc, Jack C. Harris lance l’héroïne de Terre-1 et son équipier teint en brun dans une histoire d’espionnage, à la poursuite d’un savant transfuge, et dont les rebondissements fleurent bon l’influence de James Bond (on a droit à des organisations secrètes baptisées S.C.Y.T.H.E. ou U.N.R.E.S.T., par exemple).

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Wonder Woman #244 (très joliment illustré par José Delbo et Joe Giella, un chouette tandem) propose une explicative séquence de flash-back reprenant les événements survenus dans Wonder Woman #208, 212 et 223, jusqu’au Steve Howard brun. Petit résumé rapide à destination des lecteurs, et belle manière de sauter par-dessus la période qui vient de se conclure, sans chichi. Il n’y a pas que la Reine Hippolyte qui promeut l’amnésie sélective !

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Wonder Woman #245 conclut la première intrigue d’espionnage de cette nouvelle ère, de manière vigoureuse et rapide. L’épisode suivant, davantage orienté magie (ce qui annonce de futurs développements), est l’occasion aussi de découvrir Diana au lavomatic, faisant sa petite lessive étoilée. Rien que ça, ça vaut le détour.

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Dans Wonder Woman #247, l’identité de Steve Howard est en danger. En effet, les services secrets ont commencé à faire le lien entre Trevor et Howard. Le premier est considéré comme mort, il a eu droit à des funérailles, mais les agents secrets, êtres soupçonneux par excellence, veulent en savoir plus.

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Pour le couple que forment Diana et Steve (au courant de la double identité de sa belle depuis sa résurrection), l’enquête des services secrets tombe mal. Leur appartement est écouté et le dossier à leur sujet s’épaissit.

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Les hommes qui ont déjà interrogé Diana dans l’épisode 245 décide de soumettre Steve à la question dans le #247. L’étau se resserre.

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Dans Wonder Woman #248, encore un chouette chapitre illustré par José Delbo et Joe Giella, le Major Bradley, que nous connaissons depuis trois épisodes, dévoile ses cartes.

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Contrairement à son assistant le Lieutenant Truman qui enquête sincèrement sur ce qu’il pense être soit une usurpation d’identité soit un crime impuni, Bradley est persuadé que Trevor a trouvé le moyen de tromper la mort. Désireux de s’emparer de ce pouvoir qu’il imagine, il lance un sort qui libère une créature démoniaque, le Dark Commander.

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Bien entendu, le procédé lui échappe, la créature est hors de contrôle et Trevor, dont le corps inanimé est prisonnier d’une machine… meurt dans le processus.

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Et voilà, ce qu’annonçait la Reine Hippolyte est arrivé. Ressuscité, Steve Trevor a vécu sur Terre jusqu’à la fin. Bien entendu prématurée. Donc, Steve est mort, ressuscité, et re-mort. Tout en ayant changé de nom et de couleur de cheveux entre-temps.

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Cela ne s’arrête pas là, bien sûr. D’une part parce que Diana fait connaissance de Greg Trevor, le frère de Steve, à l’enterrement de ce dernier, dans Wonder Woman #249. Dans le même épisode, Greg est démasqué : il s’agit d’un agent de l’organisation U.N.R.E.S.T.

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D’autre part, parce que… bah ça ne s’arrête pas là, vous vous en doutiez, hein ?

Jim

Les multiples mésaventures de Steve Trevor, première partie
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Les multiples mésaventures de Steve Trevor, quatrième partie
Les multiples mésaventures de Steve Trevor, cinquième partie

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Celle-là, elle est quand même étonnante : on dirait vraiment du Ross Andru. Sans doute à cause de l’influence de ce dernier, qui était le responsable éditorial du titre à l’époque (son nom apparaît en marge, à droite).

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Quand on regarde la couverture publiée, on note quelques modifs :
l’avant-bras droit de Diana a été redessiné, afin de repositionner la paume sur l’essieu (et d’effacer le bracelet), mais la rustine a disparu et il ne reste plus que les traces de colle, plus sombres
le bracelet gauche a été gouaché
le visage semble avoir été retravaillé aussi
le sceau du Comics Code, collé sur l’original, a disparu aussi…

Jim

Wonder Woman #259 est la première partie d’une trilogie opposant Wonder Woman à Mars, le dieu de la guerre. La saga est orchestrée par Gerry Conway.

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Si les bracelets ont disparu dans cette couverture, c’est aussi parce que, dans l’histoire, Wonder Woman est privée de ses bracelets par Hermès.

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Il s’agit là encore d’un de ces récits où Wonder Woman perd le contrôle et « devient berserk », qu’Alexa avait évoqué précédemment :

À l’issue de cet épisode, lancement d’un récit en trois parties piloté par Gerry Conway, Hercules survient et assomme l’Amazone, tandis qu’une silhouette féminine s’éloigne, les bracelets à la main.

Dans Wonder Woman #260, la Princesse Amazone, menottes aux poignets, est conduite en prison avant d’être confrontée à la justice des hommes. Là aussi, ça vaut une séquence inoubliable.

Pendant ce temps, Mars fait son apparition, et un conflit à l’échelle divine se prépare en Amérique. Conway s’amuse à casser l’image de son héroïne, comme il a pu le faire précédemment sur d’autres séries (chez lui, les surhommes ont parfois du mal à contenir leur colère, à maîtriser leur côté obscur).

Wonder Woman parvient à s’échapper, à reprendre son apparence de Diana Prince et à passer sous les radars des forces de l’ordre. Redevenue la Princesse Amazone à la fin de l’épisode, elle retombe sous l’influence de sa colère mais parvient, à force de volonté, à la contrôler, toujours sous le regard de la mystérieuse silhouette féminine du début.

Dans le troisième épisode de cette saga, Mars arpente de son pas de géant la cité des hommes à la recherche de Wonder Woman, celle-ci s’envole pour l’Île du Paradis. Le dieu de la guerre lance sur elle ses « Chiens de guerre », qu’elle parvient néanmoins à semer.

En chemin vers le paradis des Amazones, elle découvre qu’Aphrodite détient depuis toujours les bracelets qui permettent à Diana de garder son calme : depuis le début, la silhouette encapuchonnée, c’était la déesse de l’amour, bien décidée à tester la force de volonté de l’ambassadrice des Amazones.

Il ne s’agit pas seulement d’une exigence divine confinant au sadisme, mais d’une sorte d’entraînement, car la déesse projette d’envoyer la princesse guerrière au « palace at the edge of time » afin d’obtenir les moyens de vaincre Mars. C’est d’ailleurs à cette occasion que Diana apprend que ce dernier règne désormais sur l’Olympe à la place de Zeus.

Bien entendu, la quête de Diana portera ses fruits et elle sera en mesure de faire résonner le « gong de la justice » et de mettre le dieu de la guerre en déroute.

Jim

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Steve Trevor est au paradis, mais il a toujours des projets :

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Dessin de Fred Hembeck, publié dans la rubrique « Daily Planet » du 8 octobre 1979, et disponible notamment dans Wonder Woman #263.

Jim

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L’émission Blockbuster consacre un épisode à WW :

Tori.

Les multiples mésaventures de Steve Trevor, quatrième partie :

Le monde est enfin débarrassé de Steve Trevor, ce personnage qui s’accroche à son statut en dépit de tout.

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Mais pour Diana Prince, ce n’est ni aussi simple, ni aussi facile. Le monde moderne, qui n’a pas, pour reprendre un cliché, la simplicité de la société dans laquelle elle a fait ses premiers pas, devient de plus en plus difficile à supporter, d’autant que la présence de Steve avait tout pour la rassurer (elle ne sait pas ce qu’elle veut, cela dit : la version Steve Howard avait le don de la mettre sur les nerfs !!!).

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C’est sur ce postulat que Gerry Conway ouvre une nouvelle trilogie dans Wonder Woman #269, que l’éditorial présente comme une nouvelle ère pour le personnage (encore ?!?!) : l’expression « All-New » orne la couverture, et l’accroche « A New Beginning in the Wonder Woman Saga » accompagne les crédits de première page. Len Wein fait rouler les tambours et sonner les trompettes.

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Avant d’aller plus loin, signalons que cet épisode, dessiné par l’inamovible José Delbo, bénéficie de l’encrage de Wally Wood, qui fignole huit des dix-sept pages du récit, le reste étant confié au très compétent Bob Smith. C’est l’une des deux occasions (à ma connaissance) pour le légendaire illustrateur d’œuvrer sur la série consacrée à la Princesse Diana (l’autre), après avoir travaillé avec Mike Sekowsky sur Wonder Woman #195. S’il s’agit d’un travail de commande, qui plus est situé à la fin de sa carrière, un an avant son décès, et si l’on sent l’auteur moins inspiré que d’ordinaire, Wood livre tout de même un trait gracieux, doux, mais dynamique. Il est intéressant de comparer le début de l’épisode avec la seconde moitié, où Smith donne à Diana des traits plus anguleux et secs et un visage plus long. Le passage d’un style à l’autre se fait sans douleur et l’épisode est assez harmonieux, mais le travail de Wood et Smith se distingue à quelques détails et, pour résumer, à des optiques différentes.

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Après avoir sauvé un enfant tombé sur les rails du métro, et avoir constaté que les vertus de son lasso sont irrecevables devant un juge et que les témoins se défaussent, Wonder Woman rentre chez elle, dépitée.

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Après un sac de course qui s’éventre et une bonne grosse fatigue (y a des journées comme ça…), l’héroïne s’assoupit, ses rêves étant hantés par des visages grimaçants et hurlants d’anonymes revanchards qui incarnent le caractère inhospitalier du « Monde des Hommes ». La séquence a quelque chose de ditkoïen (ditkoesque ? ditkoïde ?), avec le surgissement du symbolique et de l’allégorique dans la narration. Wood étant un grand ami de Ditko et partageant graphiquement une certaine parenté, ce n’est pas étonnant qu’on retrouve cette impression, même s’il ne fait qu’encrer les dessins de José Delbo.

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À peine remise de son cauchemar, et ne trouvant pas le soulagement dans le dîner qu’elle partage avec Tod, son « intérêt sentimental » du moment, Diana décide de se changer les idées et d’allumer la télé ! Mauvaise idée, malheureuse ! En zappant, la dépressive héroïne est confrontée à un déluge de nouvelles peu réjouissantes : catastrophes naturelles, accidents, déraillements, guerres, assassinats…

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La séquence est peut-être inspirée d’une scène comparable figurant dans le très excellent film de Nicholas Meyer, C’était demain (Time After Time), sorti en salles américaines en août 1979, soit trois bons trimestres avant la parution de Wonder Woman #269. Dans le long métrage, Jack l’Éventreur, incarné par l’impressionnant David Warner, découvre la télévision dans une chambre d’hôtel, et zappe lui aussi sur les nouvelles, découvrant un monde à feu et à sang où il se sent comme chez lui. On remarquera qu’une scène du même genre figure dans le premier tome du Dark Knight de Frank Miller. Décidément, la télévision a un effet néfaste sur les super-héros.

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Estimant ne plus avoir de place dans ce monde devenu fou, Diana contemple une dernière fois les toits de la ville, de nuit, avant de repartir parmi les Amazones.

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La Reine Hippolyte est bien entendu ravie de voir sa fille revenir, mais elle découvre bien vite que la langueur monotone qui étreint le cœur de Diana a un prénom : Steve. Un peu agacée de voir son héritière ainsi hantée par un amour perdu, la souveraine conçoit l’idée de faire oublier ce souvenir douloureux à la princesse. Un coup d’amnésie, ça marche toujours et ça mange pas de pain.

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C’est ainsi que, dans Wonder Woman #270, Hippolyte s’en remet à Aphrodite, à qui elle raconte à nouveau les deux morts de Steve Trevor, et explique son problème. La déesse de l’amour se matérialise et accède à son souhait.

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Elle fait jaillir les « brumes de Népenthes » qui apportent l’oubli. Les volutes violettes atteignent Diana dans son sommeil, et son visage souriant laisse entendre qu’elle se trouve soulagée de son chagrin.

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L’épisode propose deux interludes, intitulés « tableau », dans lesquels on voit décoller un avion de chasse. Tout cela annonce un retournement de situation. En attendant, sur l’Île du Paradis, Diana a repris sa vie d’Amazone, se livrant à la nage, à la pêche et à la protection de sa communauté. Dans une scène symbolique, l’héroïne est comme reconstruite, recomposée, mise à jour.

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Mais les dieux sont farceurs et savent déjouer les attentes des humains qui les sollicitent. Et alors que la Reine est heureuse de voir Diana à nouveau insouciante… un avion de chasse, celui qu’on a vu dans les deux « tableaux », s’écrase devant les rivages de l’île. De la carcasse, Diana sauve un pilote blond, un certain… Steve Trevor !

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Et rebelotte, c’est reparti. Comprenant qu’il y a un monde là, dehors, qui ne demande qu’à être protégé, et un homme qu’il convient de reconduire dans la société qui l’a vu naître, Diana s’apprête à endosser à nouveau son costume étoilé et à quitter à nouveau son île.

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Interloqué par cette vilaine plaisanterie que lui joue le sort, Hippolyte s’adresse à nouveau à Aphrodite (qui ne peut décidément pas glander tranquille en Olympe). Celle-ci explique que ce nouveau Steve Trevor provient d’une Terre parallèle. Les dieux étant, comme les humains, partisans du moindre effort, elle utilise la coutumière métaphore visuelle du chapelet de globes, représentation à laquelle les lecteurs de DC sont habitués.

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Donc, Steve Trevor est un pilote dont le vol expérimental s’est mal passé, franchissant par mégarde les barrières dimensionnelles. Et même Aphrodite semble incapable de retrouver son monde d’origine afin de l’y reconduire (la déesse est une faignasse). Comprenant que Diana et Steve ont pour destin de parcourir le monde ensemble, la souveraine, qui apprend quand même un peu de ses erreurs passées, utilise à nouveau les brumes de Népenthes sur l’ensemble du globe, afin de faire oublier à l’humanité le souvenir du Steve Trevor d’antan et, pour reprendre son expression, de « dégager le terrain » pour les deux tourtereaux.

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Un nouveau tournoi a lieu, qui débouche bien évidemment sur la victoire de Diana (à la page 15 : c’était pas décompressé, à l’époque !!!), qui endosse à nouveau sa tenue étoilée, pose son Trevor sur le siège passager de son avion et décolle vers le « Monde des Hommes ». C’est reparti pour un tour.

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Voilà, Conway a refait les origines de l’héroïne et recréé à nouveau le statu quo de base, dont visiblement la série ne semble pas pouvoir se passer. Steve Trevor est revenu. Mais vous vous en doutez, c’est loin d’être fini… et le plus croquignolet est encore à venir !

Jim

Les multiples mésaventures de Steve Trevor, première partie
Les multiples mésaventures de Steve Trevor, deuxième partie
Les multiples mésaventures de Steve Trevor, troisième partie
Les multiples mésaventures de Steve Trevor, quatrième partie
Les multiples mésaventures de Steve Trevor, cinquième partie

3 « J'aime »

je me rappelle ces épisodes.
Hâte de connaitre la suite.

Je crois qu’ils étaient dans la revue Hercule.

Un peu plus tard dans la journée, jeune impatient.

Jim

Recherches de Jack Kirby pour un projet d’animation consacré à Wonder Woman. Posté par Jeremy Kirby, qui estime la planche au début des années 1980 :

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Jim

Wonder Woman par Jack Kirby :

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D’autres recherches dans le cadre de son travail pour l’animation ?
Des commissions ou des cadeaux ?

Jim

Jamais lu pour ma part et c’est très intéressant (et fun aussi…quel binz, nom de Zeus !).

D’autres recherches de Jack Kirby (dont une version plus propre de l’image postée par Jeremy Kirby, et un crayonné d’une image montrée ci-dessus) pour le compte de Ruby-Spears, autour du personnage de Wonder Woman (postées sur le compte Twitter du Kirby Museum) :

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Et encore une pour la route :

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Jim

Je retombe sur la couverture de Super Powers (première mini) #3, dessinée par Jack Kirby et encrée par Mike Thibodeaux, qui montre ostensiblement Wonder Woman au centre de l’action, menant les Amazones et les héros à la charge, épée à la main :

Dans l’épisode (dessiné par Adrian Gonzales et encré par Alan Kupperberg), qui montre comment Brainiac manipule mentalement les Amazones afin de réveiller leurs pulsions guerrières, Diana se contente de donner du poing, d’abord contre ses sœurs hypnotisées, puis contre d’autres adversaires une fois qu’elle a rallié ses paires à sa cause.

Néanmoins, il s’agit là d’une des plus vieilles représentations de l’héroïne l’épée à la main. Surtout en couverture. Les deux exemples précédents que l’on a rencontrés, c’est en couverture de Wonder Woman #192 par Mike Sekowsky, mais cela correspond à la période « powerless » et Diana ne porte donc pas le costume étoilé, ou encore sur la couverture que Miller a réalisée pour un fanzine, mais, justement, ce n’est pas une publication officielle de DC.
Donc l’illustration qui orne Super Powers #3 revêt un caractère historique.

Jim

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All-Star Squadron Annual #1, publié en juillet 1982 (et daté de novembre), propose une galerie de fiches consacrées à certains des personnages importants, l’ensemble étant illustré par Rich Buckler et Jerry Ordway, sur des textes de Roy Thomas. C’est Wonder Woman (de Terre-2) qui ouvre le bal :

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Jim

Wonder Woman et She-Hulk par Aaron Lopresti :

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Jim