1974-2024 : BON ANNIVERSAIRE LE PUNISHER !

Ben pareil pour moi…mais comme le matos de base ne l’est pas non plus…

Le traducteur n’a pas peut-être pas saisi la référence ?
Quelqu’un connu de nos services ?

Jim

C’est Nicole Duclos qui a traduit ces épisodes…

PUNISHER (Vol.7) #25-30 : LES NEGRIERS

Alors que le Punisher était en position pour se débarrasser d’un énième dealer, une jeune femme en furie débarque, arme à la main et tire sur tout ce qui bouge. Castle n’étant pas homme à gâcher, il en profite pour faire ce qu’il a à faire, puis sauve la femme, Viorica, restée seule dans une impasse face aux sbires du dealer… Cependant, deux policiers passaient par là et sont légèrement molestées par le Punisher, qui ne cherche qu’à leur échapper.
Une fois dans son appartement, il fait parler Viorica… Moldave, elle est en fait victime de sa famille qui l’a vendue à un proxénète qui l’envoie aux Etats-Unis, elle est forcément victime de ceux-ci, elle est victime de la naïveté d’une assistante sociale, et c’est la photo de son bébé mort qui a déclenché sa folle fusillade.
Et là, le Punisher voit rouge ! Il tente de remonter la piste, assez difficilement. Parallèlement, sa présence dans la tuerie dérange tellement les Moldaves, qu’il utilisent leur contact au sein de la Police, Westin, pour lancer un campagne de déstabilisation du Punisher - « tabasseur de flics ». Forcément, ça n’aide pas Castle. Mais il y arrive en récupérant le dossier qu’a monté l’assistante sociale. Dans une maison de campagne, il torture violemment et tue Cristu, le « co-gérant » de la filière d’Europe de l’est. Puis sa femme. Fini par traquer le père de Cristu, plutôt du genre violent, sauvage, qui ne prend pas de gant et qui ne compte pas laisser le business tomber. Le Punisher le tue en le brûlant vif. Ayant filmé la scène, il demande à Westin la taupe au sein de la Police, de livrer le film en Moldavie… que la filière de proxénétisme comprennent qu’ils ne doivent jamais revenir … évidemment, Westin ne reviendra pas non plus …

Pour finir 2005 et commencer 2006, Garth Ennis livre un récit très dur, associé à une certaine froideur du Punisher. Parce que si celui-ci est sensible au récit de Viorica, on sent dans son discours, sa manière d’être tout au long du récit et sa façon de décrire la conclusion de cette histoire, qu’il veut rester en dehors de tout cela. Il n’apprécie pas que ses rues soient salies, et comme pour l’arc sur l’Irlande, semble presque plus excédé que des étrangers viennent pourrir son Amérique. Mais pour autant, il sauve des jeunes femmes, mais faut pas que ça dure… en fait, le Punisher a « un travail » et ne va pas au-delà. Le reste, ce n’est plus son affaire, ce qu’elles vont devenir, ce n’est plus son affaire. Il n’y a pas d’empathie, même si l’injustice le met hors de lui.
Il y a un côté « c’est pas dans ma fiche de poste » et « je délègue », si je puis utiliser cette analogie.

Concernant le récit, Ennis l’agrémente de racisme au sein des Moldaves (et là, la traduction du titre Slavers par Les Négriers prend encore plus de sens), de l’homophobie au sein de la (grande muette) Police, et puis il rappelle un personnage, l’assistante sociale qui est précédemment apparue dans L’homme d’en bas. Et là, il y a une réflexion sur l’objectif à atteindre et la manière. Utiliser le Punisher pour atteindre son but est moralement très compliqué à assumer pour l’assistante sociale, même si les effets sont bien là.
Idem pour les deux policiers qui ont été utilisés et exploités par Westin dans la cabale médiatique contre le Punisher, mais dans une moindre mesure puisqu’ils posent leurs conditions. sauf que le Punisher n’est pas avare en idée quand il s’agit d’arriver ses fins (punir), même sans se salir les mains.
Et comme d’habitude, Ennis ne laisse rien au hasard concernant le déroulé de l’histoire. C’est très organique, les actions de chacun en entraînent forcément d’autres. Et puis il y a le côté Max. Pas de sexe ici. De la violence, mais comme d’habitude. Mais il y a un côté implacable aussi, dans les deux camps. Et puis il y a l’image de ce bébé mort, qu’il aurait pu laisser suggéré. Mais c’est du Max.

C’est la première fois sur ce volume qu’un dessinateur enchaîne 2 arcs d’affilé. Cela dit, Leandro Fernandez change d’encreur et est associé cette fois-ci à Scott Koblish. Et le niveau de détail ne change toujours pas, c’est un vrai plaisir pour les mirettes. On a droit à des planches très marquantes, dès la première page, du dynamisme dans les scènes d’action, des gueules bien marquées, par la vieillesse, les coups ou encore la folie, par exemple. Des gros plans qui ne manquent pas cela.
Les sentiments sont très bien retranscris (je pense à ceux de l’assistante sociale, qui passe par tous les états)

3 « J'aime »

Les couvertures de cet arc :


PUNISHER (Vol.7) #31-36 : BARRACUDA

Alors qu’il faisait le ménage dans une planque de revendeurs de drogue, le Punisher trouve un gars nu, bâillonné, sexuellement torturé, et qui a peur d’être recueilli par la Police.
Mais le justicier ne veut pas en savoir plus … sauf quand il apprend qu’un ripou doit s’occuper du cas de Si Stephens, celui qui avait été séquestré par les Portoricains. Il se charge de le sortir du commissariat et apprend que Stephens travaille chez un fournisseur d’énergie, que son patron, Harry Ebbing, a décidé de couper temporairement l’électricité de la Floride, afin de faire monter artificiellement la valeur de sa société en bourse. Comme cela aurait forcément des impacts sur les hôpitaux, aéroports, … et Stephens n’arrivait pas à l’assumer. C’est pourquoi le sbire de son patron a décidé de se débarrasser de lui … sauf que ceux qu’il a payés ont trop joué avant l’arrivée du Punisher. Même si ce dernier se demande s’il a vraiment un rôle à jouer, le risque de provoquer une hécatombe l’amène donc à se diriger à Miami pour forcer Ebbing à enregistrer des aveux.
Sauf que ce chef d’entreprise a un passé peu reluisant et il a connu un tueur à gage pendant sa période en prison : Barracuda. Et ça tombe bien, au moment où il l’engage, il se rend compte que le Punisher est à l’aéroport (puisque Stephens a finalement tout déballé à son patron).
Barracuda va donc provoquer l’accident du taxi et l’emmener dans sa planque. Cependant le Punisher va se rebiffer, estropier le grand costaud, mais sans succès, il finit par se retrouver au milieu des requins. Il arrivera à se sauver grâce à un leurre vivant (enfin, qui ne l’était rapidement plus).
Mais pendant ce temps, la femme d’Ebbing couche avec le sous-fifre de son patron et tous les deux décident de le mettre hors-jeu pendant la réunion des actionnaires, en informant la presse de ce qu’il comptait faire. Cependant, Barracuda devient gênant avec tout ce qu’il sait, et les deux amants se débarrassent de lui (enfin, du moins, le croient-ils). Parallèlement, le Punisher, fortement blessé, arrive quand même à poser des bombes sur le yacht des actionnaires, mais elles vont être découvertes.
Maintenant que tout le monde est au courant de ce qu’il se passe, Ebbing se suicide, son sbire prend la main devant les actionnaires et résiste aux velléités du Punisher lui demandant de se rendre au FBI… mais Barracuda est bien toujours vivant, a reconnecté les bombes et engage le Punisher à les activer … ce qu’il fera sans sourciller, envoyant tout le monde servir de repas aux requins… excepté Barracuda qui arrive encore une fois à se hisser sur un bateau pour mieux se prendre une balle dans la tête par Castle.

Hier soir, j’avais envie de me lire une histoire sans prise de tête et je n’ai pas été déçu, tout en ayant lu cela avec plaisir. Ennis donne l’impression de revenir un peu dans le grotesque, avec le Barracuda, grosse baraque qui arrive encore à rigoler après un œil crevé et des doigts en moins, et qui n’est pas sans rappeler le Russe, créé dans le 1er volume Marvel Knight. Les deux amants, avec la nymphomane et le sous-fifre un peu con-con, amènent également ce côté comique. Et je trouve que la fuite définitive du mâle alpha qu’était jusqu’à ce moment-là Ebbing montre également toute la façade qu’est son personnage, à l’image de la fausse fortune de la société, faite en bourse sur des promesses. Un château de carte à plusieurs niveaux.
Concernant le sujet de l’histoire, la présentation de Panini dit que le Punisher « s’attaque aux intouchables, dirigeants de puissants conglomérats industriels. » Je n’ai pas vraiment l’impression que c’est le propos de l’auteur, puisqu’il évoque à plusieurs reprises que l’équilibre de la fortune est fragile, que tout peu s’effondrer rapidement et que cela tient grâce à une capacité à manager ses hommes et à raconter des bobards aux actionnaires, qui sont capables de se retourner au premier problème. Et finalement, le Punisher s’attaque à un petit criminel, qui n’est pas un col blanc à mes yeux. Cela dit, les actionnaires, qui n’étaient pas au courant de la magouille, ont également eu droit aux dents de requins.
Dans la construction, on pourrait reprocher à Ennis d’intégrer le Punisher dans ses dernières intrigues un peu de la même manière. Mais cette fois-ci, il démarre l’histoire un peu différemment, puisqu’il nous montre tout de suite la fin. Mais c’est aussi pour jouer avec la narration, avec un Punisher qui nous raconte les différentes erreurs qui l’ont amené au large de Miami à regarder des requins prendre leur repas. Et ce n’est pas qu’un effet de style, puisque, indirectement, cela montre encore plus que quand le Punisher réussit ses coups, ce n’est pas que de la chance. Il a ses automatismes, ses méthodes qui lui assurent sûreté, plan B, … et là, il explique ses erreurs d’appréciation et de méthode.

Le Croate Goran Parlov a d’abord travaillé avec l’éditeur italien Bonelli avant de d’effectuer des piges pour les Américains, tout d’abord sur la Veuve Noire et Y The Last Man avant d’arriver sur ces épisodes du Punisher. Son style est déjà bien marqué et fluide. J’ai l’impression qu’il apporte quelques effets de mise en page que je n’ai vus avec les dessinateurs précédents. Son style plus clair et ses traits plus fins que ces derniers sont plutôt adaptés au ton de l’histoire, d’autant plus que cela se situe sous le soleil de Floride.
Un premier arc en solo très convaincant.

3 « J'aime »

Les couvertures de cet arc :

MARVEL KNIGHTS #1-3 :

Marvel Knights, c’est d’abord le nom d’une initiative éditoriale qui a permis à plusieurs personnages (certains en bout de souffle, certains de second plan et un peu oubliés à l’époque) d’être remis en avant sous la houlette de Joe Quesada et Jimmy Palmiotti, les superviseurs de cette ligne de comics. Et c’est aussi le nom d’une équipe qui n’en est pas vraiment une, réunion informelle de héros (ou anti-héros) pour lutter contre diverses menaces. Les têtes d’affiche du label sont en bonne place (Daredevil, le Punisher, la Veuve Noire…) et d’autres sont intégrés dès les premiers chapitres comme l’Epée et Shang-Chi le Maître du Kung-Fu.

Bien entendu, une « équipe » qui comprend Daredevil et le Punisher ne pouvait pas durer très longtemps, compte surtout compte tenu des relations houleuses entre les deux justiciers aux méthodes opposées. Et il faut une menace plus importante que les habituels gangsters auxquels il est confronté pour que Frank Castle demande de l’aide à celui qu’il aime surnommer « l’enfant de choeur ». Dès ce premier arc narratif en trois parties, il y a donc un décalage entre l’ambiance urbaine et l’identité du grand méchant : Ulik le Troll, à la recherche d’un artefact asgardien volé par un collectionneur sans scrupules…et le bestiau se fiche bien des dégâts qu’il cause dans sa quête !

Tout en développant sa première histoire, le scénariste Chuck Dixon orchestre efficacement la rencontre entre ses protagonistes (DD recrute la Veuve Noire et l’Epée et Shang-Chi s’incruste après l’enlèvement d’une femme qu’il protégeait) et prépare le terrain pour ses futures intrigues, notamment celle concernant la Cape, le compagnon de l’Epée qui semble avoir perdu le contrôle de ses actes. Comme souvent, Dixon signe des scènes d’action solides…c’est musclé sans que ce soit too much…et la dynamique est sympathique à suivre, notamment grâce aux petites piques que se lancent Murdock et Castle, obligés de bosser ensemble alors qu’ils ne peuvent pas se supporter.

Bon démarrage donc pour cette série qui bénéficie d’une partie graphique de qualité, le trait élégant de Eduardo Barreto s’accordant étonnamment bien avec l’encrage plus rugueux de Klaus Janson…

Post 63 pour l’avis de Jim sur cette série.

2 « J'aime »

MARVEL KNIGHTS #4-6 :

Dans le quatrième numéro de la série Marvel Knights, les héros font le point après le combat contre Ulik le troll. Pour Daredevil, il est important de s’occuper du cas Frank Castle, l’Epée ne pense qu’à retrouver la Cape et Shang-Chi est hanté par la disparition de Lin, la femme qu’il devait protéger. Natasha invite l’Epée à séjourner chez elle le temps de l’enquête sur la Cape et pendant ce temps, Daredevil est approché par Moon Knight qui lui propose de financer cette nouvelle équipe…qui n’a toujours pas de nom…

L’action du #4 se résume principalement à une mission du mercenaire Zaran, qui infiltre l’AIM pour récupérer une arme biologique pour le compte du père de Shang-Chi (montré dans l’ombre histoire d’éviter la référence visuelle à Fu Manchu). Chuck Dixon déroule donc le fil de ses différentes sous-intrigues, avec même quelques touches légères dans un ensemble qui ne l’est pas tant que ça (la Cape s’attaque à tous ceux qui ne respectent pas la loi, même ceux qui se garent sur des places handicapées et qui resquillent en achetant leur journal), ce qui donne un épisode qui trainaille un petit peu avant deux chapitres plus entraînants…

Les #5 et 6 sont ainsi partagés entre deux affrontements, Shang-Chi contre Zaran et le Punisher contre un trafiquant de drogue qui se révèle être un extraterrestre, Dixon utilisant assez savoureusement le contexte de l’event Maximum Security pour varier les adversaires de Frank Castle (après un troll, un alien !). Le scénariste passe d’une baston à l’autre (très bien chorégraphiées par Eduardo Barreto) sur un rythme soutenu et amène même la Torche et la Chose pour un amusant caméo. Pendant ce temps, Daredevil, la Veuve Noire et l’Epée acceptent la proposition de Moon Knight de former un groupe officiel, avec QG et moyens importants à leur disposition…mais comment vont-ils pouvoir bien s’appeler ?

2 « J'aime »

PUNISHER (Vol.7) #37-42 : L’HOMME DE PIERRE

A l’issue de l’attaque, commanditée par des généraux des Etats-Unis, du Punisher dans une base russe, le Général Zakharov, qui la dirigeait et qui avait compris que les Américains étaient dans le coup, a été mis au placard (enfin, dans un frigo) pour avoir un peu trop enquêté sur ces évènements… ce qui dérangeaient fortement le Kremlin qui souhaitait surtout faire l’autruche. Mais le Général, ex-criminel de guerre soviétique, ne comptait pas laisser cela de côté, et à force de renseignement, chope Rawlins (devenu borgne après la débâcle Cavella), qui finit par lui dire que l’homme qui a entraîné sa disgrâce est le Punisher. Les deux hommes se trouvent donc un point commun de vengeance, même si Rawlins est presque considéré comme un prisonnier non attaché, et ce dernier prévoit d’enlever son ex-femme, l’ex-agent Kathryn O’Brien afin d’attirer Castle. Sauf que celle-ci est partie dans une croisade contre ses 6 anciens violeurs afghans (dix ans plus tôt)… et finit par se faire attraper par le S.A.S., au nez et à la barbe des Russes, car certains des 3 derniers encore en vie étaient sous protection britannique.
Entre temps, le Punisher apprend de la bouche d’un mafieux russe à New-York que son amante d’une mission est recherchée par Zakharov… qu’il voit à la télé, en Afghanistan, théâtre des exactions passés du Général, du temps où il était soviétique.
Castle arrive à retrouver O’Brien, par le biais de Yorkie, qui allait la tuer sur ordre des Américains. Il la rejoint en Afghanistan, et c’est là que commence un jeu de chat et de souris dans les montagnes afghanes, où le Punisher se laisse attraper pour éviter des victimes innocentes, mais arrive à s’échapper tout en provoquant indirectement la libération de Rawlins, qui laisse un Zakharov brisé dans le désert.
Le Punisher, qui a vu O’Brien se faire tuer « bêtement » par une mine, retrouve le général, et l’achève, tout en ayant eu des informations sur la nouvelle identité de Rawlins.
De retour en ville grâce à Yorkie, Castle exauce deux vœux d’O’Brien : il tue ses derniers violeurs encore vivants, ainsi que Rawlins qu’il trucide dans les toilettes de l’aéroport de Kaboul.

Cet arc, publié entre la fin de l’année 2006 et le début de l’année 2007 (d’après les couvertures), montre bien qu’Ennis sait faire durer ses personnages, et les exploiter jusqu’à la moelle. Outre le fait qu’il fasse à nouveau voyager Castle, histoire d’alterner entre New York, les autres Etats américains et le reste du monde, l’auteur fait le ménage dans ses créations et ferment des boucles, qui ont duré quelques arcs. Un enchevêtrement d’épisodes et de relations assez intéressant dans ce petit monde de barbouzes, et assez difficile à résumer (j’espère que vous avez compris)
Au-delà de tout cela, on voit la confirmation de l’opportunisme sans foi ni loi de Rawlins, de l’abnégation d’O’Brien (et pour qui, le Punisher finissait par avoir un petit faible… une des rares fois où il avoue une telle chose) et de l’absence de tout aspect politique chez le général Zakharov, prêt à renverser la table du Kremlin et du Bureau ovale pour que justice soit faite et la vérité soit dite. Indirectement, outre sa monstruosité barbare envers les civiles afghans, les deux derniers ont véritablement des points communs avec le Punisher.
Et Ennis a vraiment pris le temps de travailler les protagonistes, car même Yorkie, qu’on ne reverra sûrement pas dans son costume militaire, a fait part de ses états d’âme sur sa mission dans ce pays. Cela permet à Ennis d’exprimer sa réflexion sur le développement des guerres par les occidentaux dans cette région, que ce soit avant ou après le 11 septembre. La critique de la politique des Etats-Unis, comme celle du Royaume-Uni sont clairement évoqués à travers Yorkie. Mais pour autant, les actes de guerre de toutes sortes, pour des populations innocentes.
Comme souvent avec Ennis, il n’y a pas d’innocent dans son histoire (même Yorkie qui ne fait que suivre les ordres) et les portraits qu’il décrit ne sont pas reluisants, et peut être même réalistes (même dans l’horreur présentée).

Léandro Fernandez reprend du service, sans encreur cette fois-ci. On retrouve toujours aussi bien son niveau de détail, que ce soit dans les décors (qu’il a dû étudier, car ça ressemble quand même à ce qu’on peut voir « à la télé ») ou dans les armes et hélicoptères utilisés. Sa narration est limpide, malgré les allers-retours qu’a pu faire Ennis dans les 1ers épisodes, et sa construction des pages privilégie surtout des bandes. Les explosions, actes de cruautés, sont bien présentés, et on sent bien que les auteurs ont soigneusement choisi ce qu’il allait montrer ou suggérer … avec ou sans sang.

Une saga intéressante parce qu’elle reprend plein d’éléments utilisés par Ennis, mis de côté par moment, et le tout, avec une logique préparée en amont.
Sans parler de l’avis d’Ennis sur cette guerre post-11 septembre.

3 « J'aime »

Les couvertures de cet arc :

PUNISHER PRESENTS: BARRACUDA #1-5

Au milieu de l’année 2007, Garth Ennis s’offre une petite récréation, toujours inscrite dans le label Max. Faut croire que l’irlandais, même quand il dit qu’il veut écrire des sujets plus sérieux, finit toujours par revenir au grotesque, à un moment ou à un autre. Et qui de mieux que son nouveau personnage, créé l’année d’avant, pour cela. Mais attendez, le Punisher ne l’avait pas laisser pour mort et estropié, au milieu des requins ? Explications !

Barracuda a donc survécu et a besoin de pognon, beaucoup de pognon, énormément de pognon, pour se venger du Punisher. Cependant, des mafieux italiens tentent de le faire monter dans une voiture … mais en oubliant les formules de politesse, ils s’attirent ses poings et tout autre objet pouvant faire mal. Puis, dans un bar, visiblement une vieille connaissance sudiste lui apprend que « Big » Chris Angelone a un taf pour lui… et c’était ses hommes qu’il a molestés. Après avoir fait le ménage nécessaire, il se rend chez le mafieux. Celui-ci lui demande de former son seul fils, Oswald, en butant son fournisseur de drogue, Leopoldo Luna, également président du Santa Morrricone. Le problème est qu’Oswald est hémophile, qu’a 20 ans, il a le physique d’un ado chétif, un QI qui semble peu élevé et qu’il interagit assez peu avec son environnement. On est loin du futur parrain de la mafia.
Là, où ça se complique pour les Angelone, c’est que Barrucada connait très bien Luna, puisqu’il l’a aidé dans son coup d’Etat. Le piège s’inverse, Oswald devient le prisonnier (de luxe, parce qu’il ne se rend compte de rien) du Santa Morricone. Big Chris décide donc de se rendre en Amérique du sud, afin de faire le boulot.
Barracuda décide d’appeler un ancien camarade barbouze, Fifty, dorénavant drag queen et gradé dans l’armée américaine, pour l’aider dans son plan, qui comprend aussi la participation de la femme de Luna (ex star du porno) et d’un ex-prêtre pédophile. Son objectif : récupérer un max de pognon, quitte à remplacer le président par sa femme et le mafieux par son fils.
De son côté, Angelone utilise tout d’abord l’armée des rebelles du pays, sans réel succès, mais celui permet de tester les forces en présence. Puis, il soudoie la force militaire au service d’El Presidente, ce qui change forcément la donne…
Mais avant la grande fusillade finale, Luna, qui a appris le plan de Barracuda par l’ex-prêtre, cherche à envoyer les deux barbouzes dans le volcan… sauf que l’homophobe qu’il est vient de se rendre compte que le Fifty qu’il draguait était un homme (y a bien que lui qui ne le savait pas) et dans la surprise, tombe lui-même dans son piège.
Avant d’évoquer le final, il faut aussi préciser que le FBI, la NSA, les Stups et la CIA suivait toute cette affaire de près, chacun pour ses propres raisons. Forcément, le résultat va être catastrophique, puisque quasiment tout ce petit monde va mourir par balle, exploser ou écraser par un char. Quand Barracuda, la femme de Luna et Oswald s’envolent dans le dernier hélicoptère en marche, Big Chris Angelone apparaît et alors qu’il allait tirer, se fait tuer par son propre fils, qui avait compris que son père ne se préoccupait finalement pas de lui. Heureux de le voir enfin devenir un homme, Barracuda lui donne une belle frappe dans le dos … qui lui provoque immédiatement des hémorragies internes. L’hélicoptère allant vers le Pacifique et avec peu de carburant fini à l’eau, Barracuda et la femme de Luna ensemble dans un canot de sauvetage, façon James Bond… mais avec de vrais problèmes matériels.

Je ne vais pas rentrer dans le détail, mais on voit bien ici que Garth Ennis a multiplié et cumulé les éléments pour amener de l’humour potache, burlesque, grotesque et un brin provocateur. A la fois dans les personnages (je précise que jamais il ne se moque de Fifty, mais se sert surtout de lui pour montrer toute la bêtise de Luna), mais aussi dans les situations (rien que le prêtre pédophile, sur la fin), jusqu’au bout. Il n’y absolument aucun personnage à sauver ici, que ce soit pour leur bêtise (Bobby du FBI) ou pour leurs actions (là, je ne vais pas lister, car même ceux qui représentent le gouvernement américain sont irrécupérables). Cette capacité à assembler tout cet aréopage de gredins au service de l’histoire est à saluer, car il s’avère que tout s’emboîte parfaitement, tout en gardant un certain nombre de surprises (même si on se doute de l’issue).
Et puis au-delà de ce qui aurait pu être une blague potache, Ennis ne peut s’empêcher de lancer une critique de la politique extérieur des Etats-Unis, que ce soit dans leur manière de mettre en place des présidents, de gérer le narcotrafic ou dans leur libéralisme économique à l’américaine (là, les grandes entreprises sont bien critiquées). Et je ne parle pas de ce que je n’ai pas su détecter. Bref, personne n’est épargné.
Ah… et comment Barracuda a survécu aux requins ? Bah, ils n’avaient plus faim. Le reste, pour Ennis, c’est de la littérature et c’est pas plus mal comme ça.

Il fallait évidemment que ce soit Goran Parlov qui reprenne une histoire avec Barracuda. Faut dire qu’il le tient bien, son personnage, avec son sourire béat quasiment dans chaque situation. Et puis, pour ne rien gâcher, il maîtrise plutôt bien storytelling et l’expressivité des visages, et sait rendre comiques des situations (sincèrement, la tronche que peut faire Fifty par moment, c’est très drôle). Associé à une patte graphique pas désagréable pour les mirettes, cette petite récréation est un véritable goûter.

2 « J'aime »

Les couvertures US de la mini-série :

Je ne sais plus comment je l’ai lu, parce que je ne possède pas cette mini, et ça, c’est impardonnable ! Il va falloir que je cherche à combler ce vide !

MARVEL KNIGHTS #7-9 :

Le Docteur Strange avait également eu droit à sa mini-série publiée sous le label Marvel Knights en 1999 (par Dan Jolley, Ray Snyder, Tony Harris et Paul Chadwick). Il n’est donc pas étonnant de le retrouver parmi la distribution de la série Marvel Knights, l’équipe sans nom officiel ayant fait appel à lui pour aider l’Epée à retrouver la Cape, que l’on observe depuis le début du titre en train de faire disparaître dans sa dimension des ténèbres tous ceux qu’il juge coupable. Et au début du septième épisode, c’est le Punisher qui est englouti dans ce portail vers un autre plan de l’existence.

Chuck Dixon et Eduardo Barreto (encré à partir de ce numéro par Nelson DeCastro pour un résultat pas désagréable même s’il a la main un peu lourde sur les ombres et les textures) ne perdent pas de temps dans cet arc narratif en trois parties qui sépare les héros au cours de leur affrontement contre la Cape. La moitié reste sur Terre (l’Epée, Shang-Chi et le bon Docteur) tandis que Daredevil, la Veuve Noire et Moon Knight sont aspirés dans les ténèbres, un autre monde qui bouleverse les sens de l’Homme sans Peur et où la bande retrouve le Punisher, qui s’y sent comme un poisson dans l’eau car il a beaucoup de criminels à tuer et cela sans civils dans les pattes (il peut donc se lâcher sans craindre les victimes collatérales).

Dixon ajoute donc une atmosphère surnaturelle aux aventures des Knights et cela fonctionne très bien, avec une grosse dose d’action, de bonnes interactions et une révélation qui intervient idéalement en cliffhanger avant le dernier chapitre puisqu’un vieil ennemi de Strange se révèle être à l’origine des ennuis de la Cape. Les auteurs alternent efficacement entre les deux combats menés sur Terre et outre-monde (pas de temps morts et c’est l’une des qualités de ces aventures rondement menées en trois chapitres) et si tout semble rentrer dans l’ordre à la fin (Daredevil ne se prive pas d’en coller une au Punisher), la toute dernière case montre que ce qui s’est passé aura des conséquences sur l’Epée, qui s’est en quelque sorte « sacrifiée » pour sauver la Cape…

2 « J'aime »

Et comme un anruti, j’ai oublié de préciser que Parlov avait utilisé la tête de Christopher Walken pour faire ce de Big Chris Angelone.
Ca donne une impression assez rigolote.

MARVEL KNIGHTS #10-12 :

Dans le 10ème numéro de Marvel Knights, Chuck Dixon et Eduardo Barreto se concentrent sur trois personnages en particulier. D’un côté, il y a le Punisher, arrêté suite à la saga de la dimension des ténèbres. La page réservée au procès expéditif est assez amusante (la tête du juge quand il entend la longue liste des chefs d’accusation…) mais bien entendu Castle ne va pas s’incruster en prison. Frank propose une grosse somme d’argent aux flics qui l’escortent vers Ryker’s Island et comme il tombe sur des ripoux, ceux-ci acceptent…ce qui va se retourner contre eux (le Punisher ne tue pas les policiers mais il peut faire des exceptions quand il s’agit d’ordures comme ces deux-là).

Pendant ce temps, la Veuve Noire et l’Epée font une journée shopping (on entendrait presque Pretty Woman en bande sonore) mais à peine sorties du magasin, Natasha découvre que sa voiture a été volée. Elle en retrouve tout de même vite la trace grâce à un traceur à un indic bien connu de Pupu, Mickey Fondozzi, qu’une lame de l’Epée va guider vers le bon chemin (au grand dam de Castle). Un chapitre aussi sympathique qu’anecdotique…

Dans le #11, Moon Knight engage Luke Cage, toujours dans sa phase Héros à Louer, ce qui ne plaît pas vraiment à Daredevil qui n’apprécie pas les mercenaires (faut croire que DD et Cage ne s’entendait pas encore très bien à l’époque). Même réuni avec ses coéquipiers, l’Homme sans Peur reste sceptique, en répétant à qui veut l’entendre qu’il est habitué à opérer seul dans la rue (preuve que le titre n’était pas destiné à durer ? Dixon en fait vraiment un gars rigide qui ennuie tout le monde). Daredevil accepte tout de même de suivre une piste de Cage sur une organisation criminelle qui fait régner la terreur dans son quartier. Sur place, les Knights apprennent que le chef est un certain Tombstone et qu’il a parmi ses soldats de vieilles connaissances de Luke et de DD, Bullet, Bengal et Big Ben.

Après un peu plus de bla-bla que d’habitude, tout est donc prêt pour la baston dans l’épisode 12. C’est bien rythmé, les coups pleuvent mais les héros sont en sous nombre…jusqu’à ce que l’Epée règle la situation en déchaînant les ténèbres qu’elle avait absorbées en soignant la Cape. Dans la confusion, les Knights n’ont pas tout vu et le mystère reste complet pour le moment. En attendant le grand final, Chuck Dixon continue de développer ses autres intrigues, celle avec Zaran le Maître d’armes et le père de Shang-Chi et celle avec Nick Fury, venu visiter plusieurs fois l’appartement de la Veuve depuis le début de la série et qui se révèle être en fait un LMD ! Un chouette cliffhanger avant la dernière ligne droite de la série Marvel Knights

1 « J'aime »

MARVEL KNIGHTS #13-15 :

Dans les trois derniers épisodes de la série Marvel Knights, Chuck Dixon range ses jouets et orchestre la chute d’une équipe aux fondations fragiles, qui n’a même pas duré assez longtemps pour se trouver un nom. Le scénariste met donc un terme aux fils narratifs tissés depuis plusieurs épisodes. Alors que la Veuve Noire et l’Epée sont rentrées dans l’appartement qu’elles partagent, les hommes se reposent dans leur QG financé par Moon Knight. Ils s’interrogent sur ce qui s’est passé dans le numéro précédent et en viennent à la conclusion que l’Epée a absorbé le pouvoir de la Cape. Mais ils n’ont pas le temps de s’appesantir sur cette révélation puisqu’ils sont attaqués par les Dacoits, l’armée du père de Shang-Chi commandée par Zaran le Maître d’Armes.

L’affrontement est tendu et se termine sur l’explosion du bâtiment à la fin du #13. Les héros s’en sortent mais Moon Knight est blessé. À l’hôpital, Spector en vient à la conclusion que cette équipe a la poisse et préfère arrêter les frais. Shang-Chi prend la nouvelle avec philosophie, Luke Cage regrette la paye qu’il n’aura jamais…et Daredevil s’en fiche puisqu’il s’était alors déjà remis sur la piste du Punisher. Pendant ce temps, la Veuve et L’Epée enquêtent sur le LMD de Fury. Natasha découvre qu’elle est devenue la cible d’une intelligence artificielle du S.H.I.E.L.D., un système de défense qui estime que l’ex-espionne du KGB est un élément indigne de confiance qu’il faut donc éliminer.

Ce CELINE (!) n’est pas la menace la plus convaincante du lot et Natasha s’en débarrasse sans grande difficultés (contrairement à la partie avec DD et cie, le suspense n’est pas particulièrement palpitant). Parallèlement, Dixon et Barreto signent un dernier combat entre Daredevil et le Punisher qui se termine là aussi de façon expéditive…c’est qu’il n’y a plus beaucoup de place avant la fin. Avant de refermer le chapitre Marvel Knights, Daredevil rend une petite visite à Natasha et les deux tirent sans regrets un trait sur cette expérience. DD repart vers ses aventures en solo…et il changera d’avis en rejoignant les Avengers quelques années plus tard…

2 « J'aime »

Frank Castle par Alex Maleev :

Jim