TALES FROM THE CRYPT (Freddie Francis)

amicus
bande-dessinée
peter-cushing
(Le Doc) #1

REALISATEUR

Freddie Francis

SCENARISTE

Milton Subotsky, d’après des histoires de William Gaines, Al Feldstein et Johnny Craig publiées par EC Comics

DISTRIBUTION

Joan Collins, Peter Cushing, Ralph Richardson, Roy Dotrice, Patrick Magee…

INFOS

Long métrage britannique/américain
Genre : horreur
Année de production : 1972

À partir de la fin des années 50 et pendant presque deux décennies, le cinéma horrifique britannique connut un âge d’or qui fut permis grâce à une censure de moins en moins stricte. Le studio Hammer Films, pourvoyeur de séries B depuis les années 30, s’engouffra dans la brèche avec deux films de science-fiction mâtinés d’horreur (Le Monstre et La Marque, deux aventures du professeur Quatermass) avant de connaître un énorme succès commercial avec des remises au goût du jour des grands monstres, de Frankenstein (à partir de Frankenstein s’est échappé en 1957) à Dracula (à partir du Cauchemar de Dracula en 1958) en passant par le Loup-Garou, la Momie et de nombreuses autres créatures de la nuit.
Pour surfer sur la demande de plus en plus grande et la renommée de la Hammer, d’autres sociétés de production furent créés comme Tigon British (qui sortit notamment le fameux Witchfinder General/Le Grand Inquisiteur avec l’immense Vincent Price) et Amicus Productions.

Fondée par les producteurs et scénaristes Milton Subotsky et Max Rosenberg, Amicus Productions a très peu suivi le modèle du gothique et des films d’époque popularisé par la Hammer. Si Amicus a touché des genres comme la S.F. (avec notamment les deux films dérivés de la série Doctor Who avec Peter Cushing dans le rôle-titre, une version qui n’avait pas vraiment grand chose à voir avec le Seigneur du Temps de la T.V.) et l’espionnage, le studio doit surtout sa renommée au cinéma d’horreur et plus particulièrement au format anthologique.
En effet, les incursions les plus connues de Amicus dans le genre sont des films à sketches, le plus souvent quatre ou cinq reliés par un fil rouge : Le Train des Epouvantes (1965), Le Jardin des Tortures (1967), La Maison qui tue (1971), Asylum (1972), Frissons d’outre-tombe (1973) ou encore le tardif Le Club des Monstres (1980).

Amicus était donc le point de chute idéal pour les premières adaptations cinématographiques des mythiques comics horrifiques de l’éditeur EC Comics. Milton Subotsky était un avide lecteur des bandes dessinées de la maison d’édition de William Gaines, les Tales From the Crypt, Vault of Horror, The Haunt of Fear et autres Shock SuspenStories. Il persuada donc son partenaire Max Rosenberg d’en acquérir les droits. Le budget du film se monta à 170.000 livres, ce qui représentait à l’époque le plus gros montant pour une production Amicus, moins fortuné que la Hammer. Une partie des coûts fut donc assurée par les américains de A.I.P. (la boîte de James H. Nicholson et Samuel Z. Arkoff, qui allait distribuer le film aux States).

Tales from the Crypt (Histoires d’outre-tombe en V.F…mais on trouve aussi la trace de deux autres titres français, Contes d’outre-tombe et Les Horreurs de la Crypte) ne porte en fait à l’écran que deux récits tirés du comics Tales from the Crypt, les trois autres provenant des revues Vault of Horror et The Haunt of Fear (ce qui s’explique par le fait que Subotsky et Rosenberg n’obtinrent les droits que de deux recueils de ces comics parus à l’origine dans les années 50 et qu’ils durent donc faire leur choix dans ces deux albums pour ce film et le suivant, The Vault of Horror sorti en 1973).

Pendant une visite dans des catacombes, cinq personnes se retrouvent isolées de leur groupe. Perdues, elles se retrouvent soudain face à une étrange silhouette encapuchonnée qui semble lire au plus profond de leur âme…

Comparé aux narrateurs volubiles des comic-books, le Gardien de la Crypte campé sans maquillage et sans répliques assassines par le vénérable Ralph Richardson se révèle un peu fade mais le fil rouge, même si son dénouement se devine aisément, est bien écrit et amène les différents segments avec efficacité. On retrouve pour une grande part la hargne de ces contes moraux, aux chutes aussi cruelles que jubilatoires. Mais le film souffre tout de même du défaut régulier de l’anthologie, irrégulière en qualité par nature.

Les deux histoires les plus faibles, même si elles sont tout de même loin d’être mauvaises, sont à mon avis les deux premières.

Dans And all through the house, une femme assassine son mari pour pouvoir toucher l’argent de l’assurance. Pendant qu’elle essaye de se débarasser du corps, elle apprend qu’un serial-killer déguisé en Père Noël s’est échappé. C’est alors que le maniaque tente de pénétrer dans la maison. Une entrée en matière frappante et sanglante, mais la fin est beaucoup trop abrupte. Cette adaptation souffre de la comparaison avec l’excellente version réalisée par Robert Zemeckis pour la série télévisée Les Contes de la Crypte diffusée sur HBO dans les années 90, nettement plus enthousiasmante.

Dans Reflection of Death, un homme quitte femme et enfant pour s’enfuir avec sa maîtresse. Le voyage ne se passera pas aussi bien qu’il l’aurait souhaité. Pas mal, mais le segment est tout de même un peu lent et vaut surtout pour sa percutante conclusion.

Avec les trois autres histoires, le film passe à la vitesse supérieure, en mêlant frissons et critique sociale, le tout saupoudré d’une sacrée dose d’ironie mordante.

Dans Poetic Justice, deux snobinards, un père et un fils, ne supportent plus la présence de leur voisin, un vieux veuf paisible qui exerce encore le métier d’éboueur. Ils montent donc une campagne de diffamation contre lui pour l’obliger à quitter le quartier. Dans le rôle du gentil voisin, on retrouve Peter Cushing pour une prestation très touchante et pleine de véracité, le légendaire acteur venant lui aussi de perdre sa femme quelques mois auparavant. Un très bon segment, aussi émouvant que cruel, qui porte très bien son titre…

Wish you were here propose une variation sur la célèbre histoire La Patte de Singe…ou faites attention à ce que vous souhaitez, vous pourriez le regretter…et le couple vedette va en faire l’amère expérience.

Et pour finir, il y a Blind Alleys dans lequel les pratiques dégradantes d’un directeur d’une maison d’accueil pour aveugles adepte des coupes budgétaires franches provoquent la révolte des pensionnaires…et les petits vieux aveugles peuvent se révéler sacrément revanchards, inventifs…et effrayants ! Une petite réussite, avec une bonne montée en puissance, un suspense bien dosé et à nouveau une chute très réussie, qui tranche dans le vif.

Malgré quelques réserves mineures sur les sketches d’ouverture, cette première adaptation des Contes de la Crypte demeure une réussite : l’interprétation est solide, l’écriture est savoureuse et le tout est macabre à souhait. Spécialiste du genre, Freddie Francis (déjà à l’oeuvre sur Le Train des Epouvantes et Le Jardin des Tortures) soigne les différentes ambiances et livre un travail d’une grande cohérence. Il terminera d’ailleurs sa carrière en 1996 en revenant à son genre de prédilection pour la télévision en signant…un épisode de la saison 7 des Contes de la Crypte !

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JE SUIS UN MONSTRE (Stephen Weeks)
THEY CAME FROM BEYOND SPACE (Freddie Francis)
LE SIXIÈME CONTINENT (Kevin Connor)
LA MAISON QUI TUE (Peter Duffell)
L'ÎLE DE LA TERREUR (Terence Fisher)
(Photonik) #2

Ah ça donne envie ; je connais de réputation mais j’ai jamais vu ce film-là. J’ai par contre dû voir l’épisode que Freddie Francis a signé pour la série télé (j’en étais très fan).

Au sujet de Freddie Francis, rappelons qu’à côté de sa carrière de cinéaste, plutôt prolifique, il fut aussi directeur de la photo pour des pointures du calibre de Lynch (“Elephant Man”) ou Scorcese (“Les Nerfs à vif”). Il signa aussi la photographie du magnifique “Les Innocents” de Jack Clayton…

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(Le Doc) #3

Episode intitulé Last respects et qui est une autre variation de la nouvelle horrifique “La Patte de singe”…qui est devenue la “Patte de lapin” dans la V.F. du film de 1972… :wink:

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(Photonik) #4

Alors c’est plutôt la saison 7 que la saison 2 des “Contes…”, non ? La date (1996) aurait dû me mettre la puce à l’oreille.

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(Le Doc) #5

Oups…c’est en effet l’épisode 2 de la saison 7 et pas l’inverse, je me suis emmêlé dans les chiffres. :wink:
Merci, je corrige !

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(Le Doc) #6

Bruce Timm a signé de nombreuses illustrations pour le magazine Little Shoppe of Horrors, consacré au cinéma d’horreur britannique.

En voici une en hommage aux anthologies d’Amicus :

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