STRANGERS (Jean-Marc Lofficier / Manuel Garcia, Fernando Blanco, Fernando Pasarin, Pierre Minne)

STRANGERS 1 - ETRANGERS EN TERRE ETRANGERE
Scenario: Jean-Marc Lofficier
Dessins: Manuel Garcia

  1. Les Anges à l’Oeil Fauve
    Dessins: Manuel Garcia & Javier Pina
  2. Les Ombres de la Nuit
    Dessins: Javier Pina
  3. Caresses de Serpent
    Dessins: Fernando Blanco
  4. Le Matin Livide
    Dessins: Fernando Blanco
  5. Au Soir, Il Fera Froid
    Dessins: Fernando Blanco
  6. Régner par l’Effroi
    Dessins: Fernando Pasarin
  7. Où l’On Parle de Fins et de Débuts
    Dessins: Pierre Minne
  8. Le Jugement d’Alpha (inédit)

Les séries « Hexagon » chroniquées sur le forum :

et

Tiens, j’ai lu le deuxième TPB Strangers, paru à l’époque chez Wanga sous la forme d’un recueil cartonné à vernis brillant. Je l’avais acheté à Angoulême il y a quelques années, mais jamais lu en détail, seulement feuilleté.

Homicron, envoyé de la lointaine planète « Alpha » ! Starlock, puissant gardien du pont sur les étoiles exilé sur Terre ! Jaleb le télépathe, agent secret de la « Fédération Galactique » ! Jayde, jeune métamorphe, abandonné sur notre planète ! Et la mystérieuse, Futura, originaire d’une autre Terre ! Cinq étrangers dans un monde hostile regroupés par Tanka, fils de la jungle et gardien du Temps ! Cinq aliens, qui seuls, peuvent protéger notre monde de menaces cosmiques au-delà de l’entendement humain.

Édition Cartonné - 28,00 € TTC
Pagination : 200 pages
Format : 175 x 265 mm
Scénariste : Jean-Marc Lofficier
Dessinateurs : Alfredo Macall, Pierre Minne, Mariano De la Torre, Sergio Fernandez Davila, Alfonso Ruis
Encrage : Alfredo Macall, Pierre Minne, Mariano De la Torre, Bryan Wetstein, Anthony Dugenest
Coloristes : Anthony Dugenest

J’ai beaucoup moins apprécié que le premier volet. Sans doute parce que ce dernier, j’y ai participé du temps de Semic. Mais pas seulement, il n’y a pas que la dimension sentimentale. Ce qui était pas mal dans le premier cycle Strangers, c’était la construction en surenchère, chaque vilain cachant un vilain plus gros et les enjeux étant en proportion de ces ennemis successifs.
Là, cette « saison 2 » propose des récits somme toute disparates. Cela renforce l’idée que l’équipe des « étrangers » est artificielle et qu’ils ne sont associés qu’à l’occasion de combats contre des menaces communes, mais justement, les menaces, dans ce tome, sont à la fois trop nombreuses et pas assez impressionnantes.
Dommage, parce qu’il y a de super idées. L’androïde commandé par plusieurs voix différentes, qui cachent un conclave et arbore un côté schizophrène, c’est pas mal. Toute la cosmogonie des Tours, par exemple, est alléchante également. Mais l’intrigue est faite de pistes à peine esquissées. Jean-Marc Lofficier aime à comparer, en toute modestie et toute proportion gardée, ses Strangers aux Avengers de Roy Thomas. Hé bien on a l’impression d’être dans cette période où Thomas aligne les récits en stand-alone dont les liens avec les épisodes précédents et suivants sont aussi ténus que fragiles.
Sauf qu’il n’a pas John Buscema pour l’illustrer. Et c’est là que le bât blesse. Les épisodes sont dessinés par des gens différents, de nombreux illustrateurs de l’écurie Wanga participant à ce florilège. Mais ils ne tiennent pas la route, hélas. Les meilleures planches se trouvent dans les épisodes d’Alfredo Macall, un mexicain dont le style à la fois dense et riche et très cartoony fait merveille. Dommage que l’ensemble n’ait pas été dessiné par lui, ça aurait donné du liant à une sauce qui prend nettement moins bien que pour le premier volet.

Je crois comprendre que, depuis qu’il a repris l’édition de Strangers à lui seul, Lofficier confie l’illustration de ses récits à de nombreux mexicains. Je ne les connais pas tous, mais je visualise encore les styles de Berger et de Peniche, en plus de celui de Macall. Et j’aime plutôt bien. Donc des tomes illustrés par ces gens-là, ça serait bien cool. Je jetterai un œil à l’occasion.

Jim

J’avais bien aimé ses Dragut à l’époque. Il avait aussi dessiné une de tes histoires (Ayak dans Yuma).

J’avais bien aimé ses Dragut à l’époque. Il avait aussi dessiné une de tes histoires (Ayak dans Yuma).

Je suis épaté de ta mémoire. Je songeais ce soir à cette histoire, et j’étais incapable de retrouver le titre !!!
:wink:
Mais ouais, j’aime bien son style. Un pincée de réalisme, un encrage très dense et pas ligne claire, et pourtant une approche assez cartoony… et ça donne un truc assez original.

Jim

Tu avais sans doute lu ça dans Strangers, voire dans le magazine consacré aux séries Image (il faut savoir qu’Image a édité la première saga aux States, d’où ce voisinage). Il y a eu des épisodes dans… euh… zut, je sais plus. Dans Yuma ? En poche et en noir & blanc. Notamment un épisode dessiné par Fernando Pasarin, pas encore devenu la star qu’il est aujourd’hui.

Voilà : Jean-Marc Lofficier, par le biais de sa structure éditoriale, a continué l’aventure, à laquelle plusieurs de ceux qui ont connu la période Semic (j’en fais partie) participons à l’occasion de ceci ou de cela (j’ai écrit un “dernier” épisode de Wa-Tan-Peh, ainsi qu’une mini-série consacrée à Waki). Et sa série Strangers est en quelque sorte son “magnum opus”.
Grosso modo, la première saga (celle de Semic) a été compilée dans un TPB intitulé “Étrangers en terre étrangère” (voir premier post). Puis il y a eu un second TPB. Que je commente aussi. Et désormais, la série est publiée sous la forme de comics. Faut farfouiner sur le site de Rivière Blanche, mais tout est commandable.

Alors bon, moi, j’aime bien, pour mille raisons (je connais certains personnages depuis très longtemps, comme Ozark ou Kabur, d’autres depuis moins longtemps mais j’aime bien certains d’entre eux (la Brigade Temporelle, j’ai toujours trouvé ça sympa), et j’apprécie la lecture, mais il faut reconnaître que l’écriture est dépendante du rythme de parution.
Jean-Marc, faute de moyens, travaille avec des auteurs quand ces derniers ont le temps, ce qui l’oblige à construire des intrigues en filigrane. Je m’explique : chez Semic, on savait qu’on allait faire six épisodes dans lesquels une intrigue serait déroulée de bout en bout. Donc Jean-Marc a pu y développer un truc plus ambitieux. Avec le modèle économique de sa structure, il privilégie les récits plus courts, en un ou deux épisodes. Les dessinateurs changent souvent, ce qui rajoute un aspect un peu décousu à l’ensemble. Si bien qu’il y a un sentiment d’ambition moins marquée, l’impression que la série n’avance pas aussi vite ni dans une direction précise.
Au-delà de l’aspect économique de sa petite structure, il choisit aussi de donner un “moment de gloire” à chacun de ses personnages, ce qui fait que les héros sont tour à tour au centre des intrigues, ce qui renforce le côté disparate. C’est assez cohérent par rapport au thème central (l’étranger) : les personnages ne se sont réunis que par la pression des circonstances, et n’ont guère de raisons de rester ensemble. Du coup, ils vivent des aventures séparées, mais, à partir du deuxième cycle, on sent bien que l’élan impulsé dans le premier retombe.

Après, je dois avouer que je n’ai pas tout lu. J’ai beaucoup de Strangers Universe, qui reprennent des récits Semic mis en couleurs, mais proposent aussi des inédits. Faudrait que je me replonge dans la série actuelle. Mais si tu veux t’y remettre, je te conseillerais la lecture du premier TPB. L’intrigue est d’une grande modernité, je trouve.

Jim

Ho, merci !

Bah de rien.

L’une de mes petites friandises dans le lot, c’est la série Hexagon : en fait, c’est une création artificielle, puisqu’il s’agit d’un groupe de héros (un peu calqué sur les Defenders de Marvel) qui se rassemblent quand le besoin s’en fait sentir. Et pour lequel Jean-Marc Lofficier a créé une histoire rétroactive. Grosso modo, les Strangers sont assemblés “aujourd’hui”, mais les membres de Hexagon ont une histoire commune depuis longtemps.
Et donc, les tomes “à la Essential” compilent les aventures séparés des personnages, qui n’étaient pas pensés en tant que groupe (récits publiés dans les années 1960-1970, en gros). Et chacun tome contient un épisode, donc l’action se déroule, peu ou prou, à hauteur des récits compilés. Cet inédit ouvre chacun des volumes, et c’est plutôt marrant à lire. L’hommage est un brin appuyé et fatalement nostalgique, mais j’aime bien son approche, et ça donne envie d’en lire plus.
Mais fatalement, le modèle économique ne lui permet pas de financer beaucoup plus d’inédits, de sorte que ces recueils sont essentiellement des compilations patrimoniales.
Voilà les couvertures des trois recueils.

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Le catalogue est là :
http://www.riviereblanche.com/catalogue.html#Cgwa9SgH

Jim

Haha, jolies influences.

Ça fait partie du truc : le gros clin d’œil, et Christophe Malgrain est très doué pour ces hommages.

Jim