LES GRIFFES DE LA NUIT (Wes Craven)

REALISATEUR & SCENARISTE

Wes Craven

DISTRIBUTION

Heather Langenkamp, John Saxon, Johnny Depp, Robert Englund…

INFOS

Long métrage américain
Genre : horreur
Titre original : A Nightmare on Elm Street
Année de production : 1984

Un-deux… Freddy te coupera en deux
Trois-quatre… remonte chez toi quatre à quatre
Cinq-six… n’oublie pas ton crucifix
Sept-huit… surtout ne dors plus la nuit
Neuf-dix… il est caché sous ton lit…

Les Griffes de la Nuit (A Nightmare on Elm Street en version originale), septième long métrage réalisé par le regretté Wes Craven, débute comme un slasher « classique ». La caméra subjective épouse le regard du tueur dont on n’entend que le souffle rauque et qui construit ce qui sera connu comme son iconique arme de prédilection, un gant de cuir muni de lames. Il s’en prend ensuite à sa première victime, une jeune femme blonde qui le fuit à travers des couloirs suintants. Alors que le griffu la rattrape, elle se réveille soudain…

Tina se confie à ses camarades de classe et découvrent que leurs rêves sont aussi tourmentés par ce croquemitaine. Pour la rassurer, la petite bande décide de passer la nuit chez Tina. Mais à peine endormie, celle-ci sombre dans un cauchemar dont elle ne sortira pas vivante…

Avec Les Griffes de la Nuit, Wes Craven a ajouté une dimension surnaturelle à une formule déjà éprouvée, une certaine ambiguïté qui démarquait le film des massacres vite répétitifs d’un Jason Voorhees par exemple. Les protagonistes ne se débattent pas seulement avec leurs problèmes de la vie de tous les jours (les adultes de l’histoire ne sont pas vraiment exemplaires), ils luttent aussi constamment pour faire la distinction entre rêve et réalité. Et dans ce paysage onirique contrôlé par le redoutable Freddy Krueger, tueur d’enfants brûlé vif par des parents en colère, tout peut arriver…

Freddy se distingue des Michael Myers, Jason ou Leatherface par le fait qu’il ne porte pas de masque (même si on peut considérer que son visage ravagé par les flammes est une sorte de masque) et qu’il parle. Dans ce premier volet, il n’avait toutefois pas encore pleinement développé le sens de l’humour noir et les répliques sarcastiques qui deviendront sa marque de fabrique. Inspiré par un souvenir d’enfance de Wes Craven, Freddy apparaît relativement peu, renforçant l’impact de ses attaques. Son look mémorable a vite fait de lui une figure emblématique de l’horreur, faisant de l’acteur Robert Englund une star du genre.

Actif depuis une petite dizaine d’années, Robert Englund a été choisi assez tard dans la pré-production (Freddy devait à l’origine être plus vieux et c’est David Warner qui devait l’incarner avant que le comédien britannique se rétracte pour des questions d’emploi du temps) et il s’est régalé à jouer le mal absolu, lui qui incarnait le plus souvent des personnages sympathiques comme Willie, le gentil extraterrestre de la série V.

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Aux côtés de Robert Englund et du vétéran du bis John Saxon, les jeunes sont interprétés par des acteurs alors pour la plupart inconnus. Nancy, qui n’a rien d’une héroïne du genre « demoiselle en détresse » puisqu’elle va jusqu’à affronter Freddy sur son terrain, reste le rôle le plus célèbre de Heather Langenkamp (qui a ensuite co-dirigé une société d’effets spéciaux). Les Griffes de la Nuit est aussi le tout premier long métrage de Johnny Depp, à peine âgé de 21 ans, qui fait ce qu’il peut avec le personnage cliché du petit ami.

Ce premier Freddy a ses défauts (quelques seconds rôles assez faibles, une caractérisation pas toujours très relevée, une fin pas vraiment convaincante qui a été l’objet de plusieurs discussions pendant le tournage…) mais dans l’ensemble il reste très efficace, avec pas mal de bonnes idées et des scènes-chocs marquantes. L’un des meilleurs chapitres d’une franchise inégale qui a vite échappé au contrôle de son créateur…

La partie avec Nancy en mode « MacGyver/Home Alone » ou la toute dernière scène (ce pantin aspiré à travers la porte… :grimacing:) ?

La toute fin…^^
Ce n’était pas l’atmosphère voulue au départ par Wes Craven et je n’ai jamais trouvé que le côté « rêve dans un rêve dans un rêve » avec ce twist grossier fonctionnait vraiment…

Il ne marche pas, ce twist, il fait « gag », sans compter que la mise en scène comme on le voit plus haut est cheap au possible.
C’est vraiment dommage, parce que j’aime bien le Freddy discret et un peu plus « solennel » que dans les suites (même si je suis plutôt fan des deux suivants, et du tout dernier que j’adore ; je suis même fan de « Freddy vs Jason », c’est dire) qui est mis en scène ici. Le concept est vraiment porteur, et même si le film ne l’exploite pas du tout pleinement, il en tire quand même un feeling particulier. Et la thématique de la guerre des générations, assez prégnante dans le filmo de Craven, un de ses sous-textes majeurs, y est bien, en germes.
Mais je préfère nettement « Freddy sort de la nuit », qui marquera le retour de Craven aux affaires sur cette franchise (et un peu dans sa carrière tout court, d’ailleurs, juste avant le carton de « Scream »), et qui est vraiment une réflexion méta-textuelle astucieuse, et mise en scène avec intelligence. Mais là aussi, bizarrement, c’est la fin un peu pauvre qui grève le film, tiens…

Grand fan du genre, Francesco Francavilla choisit chaque année un thème horrifique pour son Inktober . Le sujet du mois : les films d’horreur des années 80.

LES GRIFFES DE LA NUIT

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Un classique