Hénaurme !
(Spectre, il existe un TPB reprenant environ les six premiers épisodes, déjà, mais sans doute plus disponible depuis bien longtemps).
Et, bon, vu qu’on approche de fin septembre, ont-ils été autre chose qu’annoncés ?
Tiens tiens, ils annoncent une réédition de la Great Darkness Saga, qui est considérée comme une saga essentielle (je veux bien le croire) et l’un des sommets de la série (je suis plus circonspect).
Pour ma part, j’ai la précédente édition depuis de longues années, et je me suis replongé dedans, par curiosité, parce que j’aime bien l’univers (même si je ne parviens pas, depuis des décennies, à me rappeler les noms des personnages) et parce que je sens bien que ma culture Légion n’est pas au point.
Et en fait, j’ai été grandement déçu. D’ordinaire, j’aime beaucoup ce que fait Paul Levitz, surtout sur la Justice Society (j’aime énormément sa participation à la reconstitution du groupe, dans les années 1970, avec Conway, Wood et toute la bande, par exemple). Mais là, j’ai trouvé ça compliqué, tarabiscoté, pas clair, pas attachant.
L’univers en soi est trop lisse, présentant un futur un peu utopique, à la Star Trek, qui n’est jamais remis en cause ni placé dans une situation qui le mettrait en danger (l’avantage de Star Trek, c’est que c’est bien souvent éloigné de la Terre : la Légion, elle, est basée sur Terre, dans un éternel statu quo qui présente une société vaguement égalitaire, et qui n’est que fort rarement remis en cause. C’est sans doute pour cela que le début du run d’Abnett et Lanning, qui présente une société galactique menacée, la refonte de Geoff Johns avec une Terre dominée par un groupuscule raciste, ou la série de Mark Waid, qui présente une génération de jeunes révoltés, change un peu la donne et rend l’ensemble plus attachant.
Les personnages, également, sont trop lisses. Ils sont polis, ils s’entraident, ils ne s’engueulent que rarement et quand ça arrive, ils cherchent aussitôt à discuter, échanger et négocier (dans le TPB An Eye for an Eye, une engueulade entre Invisible Kid et chaipluki dure à peu près une case et demi avant que le Kid - qui est français, diplomate dans l’âme, quoi - ne dise à son adversaire qu’il va réfléchir à une solution).
Alors, certes, je connais mal, et certes, je n’ai lu qu’une petite portion de ce qui a été publié sur cet univers (je n’ai quasiment jamais lu Legionnaires, par exemple), mais j’ai dans l’esprit, quand je pense à la Légion, l’impression que la série est restée coincée dans l’écriture proprette des années 1960. Ce n’est pas un mal en soi, mais j’ai l’impression que ce qui a profité aux X-Men ou aux Jeunes Titans, à savoir construire des personnages qui ne soit pas monoblocs, n’est pas parvenu jusqu’au XXXe siècle.
C’est ainsi que l’emprisonnement de Chameleon Boy (dans Great Darkness Saga) ou la réaction extrême de Princess Projectra (qui pose la question de l’héroïsme, dans An Eye for and Eye) sont très intéressants, mais pour l’un c’est un peu présenté comme périphérique, et pour l’autre ça semble un événement posé pour profiter de la shock value que ça représente. Comme si c’était des événements exceptionnels qui ne devaient pas entacher la dimension utopique, et lisse, de cet univers.
La construction des récits, assez souvent également, sépare l’équipe en différentes missions. Pour un lecteur néophyte (ce que je crois être), cela dissout le caractère uni de l’équipe, qui perd de la cohésion qu’affirment pourtant les dialogues. Les scènes de groupe sont en général situées vers la fin (quand les héros gagnent) ou au milieu (quand ils perdent, afin de montrer que l’adversaire est puissant), parfois dans de grandes cases un peu bordélique. Les interactions entre les héros sont un peu court-circuitées à ce niveau. La succession de planètes abordées et de scènes de vol rend les personnages inhumains, d’une certaine manière. Il manque (en tout cas aux lectures que j’ai eues : quelques TPB, les Showcase…) des scènes où ils apparaissent en costume civil, où ils vont au restaurant ou font la vaisselle. Il manque à la Légion la dimension « hommes normaux » qui a si bien marché aux deux séries citées plus haut, au tournant des années 1980.
Il manque sans doute des colères, des fâcheries, de l’humanité qui hurle et qui se brouille, des larmes et des rires, à cette série. Il me manque quant à moi, sans doute, de lire un autre run qui m’irait plus au teint, je ne sais trop. Mais je n’ai pas encore trouvé les épisodes qui me feront dire que Legion of Super-Heroes, c’est une grande série.
Je ne crois pas. D’une part parce que le gros méchant de la saga n’avait pas encore été créé à l’époque, d’autre part parce que Shooter n’est pas lié à l’écriture de cette saga (c’est Levitz pour les deux TPB que j’ai évoqués plus haut).
Cela dit, on sent bien que plein de concepts posés par Shooter sont toujours actifs dans les épisodes de Levitz. Le vilain central de An Eye for an Eye (et le concept même de « Legion of Super Villains ») vient de la période Shooter.
Pas du tout (ça, c’est Fleisher / Texeira).
Non non, les Jonah Hex de Lansdale et Truman, c’est tendance Vertigo, avec un ton « surnaturel » qui colle avec l’angle éditorial de cette collection. Vraiment, le peu que j’en ai lu m’a emballé.
Walden Wong ne restera que le temps de deux épisodes, avant d’être remplacé par Wayne Faucher, qui instaurera un encrage cassant, plus en adéquation avec le dessin de Ponticelli (qui semble ne plus avoir de série mensuelle depuis l’arrêt de Dial H, malheureusement).
Pas encore. J’ai accumulé les single issues sans en avoir entamé la lecture, et les mois passants, ils se sont retrouvés éparpillés dans plusieurs piles, sans que je les ai à disposition sous la main. Mais j’avais feuilleté assidûment les premiers numéros, et ça m’avait l’air vraiment pas mal, avec un dessin épatant et des péripéties enlevées, bien plus que dans la série Animal Man du même scénariste. Je vais peut-être en profiter ce weekend pour rectifier ça.
Il n’y a que deux TPB en tout, il t’en reste un à lire et la série est bouclée.
Deuxième billet sur la série Frankenstein agent of S.H.A.D.E ; un billet qui analyse et commente le deuxième tpb sobrement intitulé Secrets of dead, du moins les épisodes 8 à 12 soit la moitié du recueil, tellement la série est dense.
Suite et fin de la série Frankenstein agent of S.H.A.D.E.
J’y parle d’une taxonomie un peu particulière : celle du hérisson et du renard, du sublime (forcément), d’Animal Man et de Swamp Thing, et de ma déception.
En furetant un peu sur amazon, j’ai vu que DC prévoyait un premier volume compilant l’excellent run Batman de Doug Moench et** Kelley Jones** pour fin mars 2014.
Ça va me permettre de compléter ce que je n’ai pas de cette série qui, après le passage d’Azrael dans le costume de Batman, revient aux fondamentaux du justicier de Gothman dans une ambiance Gothique profondément marquée par le genre expressionniste (les films de Burton et les dessins animés de Bruce Timm/Paul Dini y ont grandement contribué à l’époque). Enquêtes étranges, rencontres improbables, aventures spectaculaires et vilains monstrueux au programme.
Ah ouais, ça c’est de la très très bonne came, les lecteurs du Strange version DC s’en souviennent sûrement.
On en parlait ailleurs, Kelley Jones (vu sur « Sandman » par ailleurs) malgré ses faux airs de Liefeld et ses anatomies bizarroïdes est un excellent dessinateur au feeling un peu gothique pour le dire vite (peut-être même « morbide », il est parafit pour le genre horrifique en tout cas), calibré pour le Caped Crusader. Quant à Moench, son expertise en matière de batmaneries n’est plus à démontrer.
De ce que j’en ai lu, c’est du tout bon : l’arc avec Black Mask, la rencontre avec Swamp Thing, etc…
Très intéressant cette histoire de renard et de hérisson.
Je me suis demandé à quelle catégorie je pouvais appartenir, et j’en ai déduit que j’étais un blaireau.