LES FUTURS DE LIU CIXIN - LES TROIS LOIS DU MONDE (Zhang Xiaoyu)

Les Futurs de Liu Cixin - Les Trois Lois du monde

Dans cette école rustique d’une province pauvre et reculée, le professeur consacrait son énergie à une dizaine d’enfants avides de découvrir le monde. Sa vie était certes rude, mais seule l’éducation permettrait à ces jeunes de sortir de l’ignorance et de se bâtir une vie meilleure que celle de leurs parents. Son enseignement était même sur le point de changer le destin de toute l’humanité…

  • Éditeur ‏ : ‎ Delcourt (4 mai 2022)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Relié ‏ : ‎ 106 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 2413037993
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2413037996
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 788 g

En quatrième de couverture du premier album, on a une vision plus complète de la collection :

La Terre vagabonde, par Christophe Bec et Stefano Raffaele
Pour que respire le désert, par Valérie Mangin et Steven Dupré
Les Trois lois du monde, par Zhang Xiaoyu
Nourrir l’humanité, par Sylvain Runberg et Miki Monttlò
La Perfection du cercle, par Xavier Besse
Proies et prédateurs, par Jean-David Morvan et Yang WeiLin
L’Attraction de la foudre, par Thierry Robin
Le Calcul du papillon, par Dan Panosian
La Terre transpercée, par Wu Quing Song
L’Océan des rêves, par Rodolfo Santullo et Jok
Brouillage intégral, par Marko Stojanovic et Maza
Au-delà des montagnes, par Eduardo Torrents et Ruben Pellejero
L’Humanité invisible, par Liu Wei
L’ère des anges, par Sylvain Runberg et Ma Yi
Les Migrants du temps, par Sylvain Runberg et Serge Pellé

Jim

Un aperçu de l’intérieur :

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Preview :

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Donc, à l’autre bout de la galaxie, c’est la guerre entre une fédération et un empire, entre des êtres carbonés et des êtres de silicium. Ces derniers, on ne les verra que comme une menace lointaine et terrible. On aura l’occasion de croiser les créatures de carbone, qui à force de sauter de soleil en soleil, se rapproche de la zone spatiale où se trouve… la Terre.

Sur Terre, justement, dans la Chine d’aujourd’hui (un aujourd’hui assez vague, qui ressemble surtout au XXe siècle, mais qui pourrait très bien être aujourd’hui), dans un petit village montagneux isolé et sans le sou, un professeur méritant continue à enseigner les sciences à une poignée d’étudiants qui vivent dans l’école aux carreaux brisés. La présentation de ce petit groupe de personnage a quelque chose d’aussi caricatural qu’il semble intemporel, à la merci de la pingrerie et de l’inculture des villageois voisins, tout aussi démunis mais nettement plus égoïste.

Si l’album est encore assez épais (une centaine de pages), il est bien décompressé, l’auteur accordant aux forces cosmiques en guerre beaucoup de place. De la place qu’il aurait peut-être été intéressant de consacrer aux élèves qui, somme toute, à part quelques anecdotes accordées par la voix du narrateur, n’ont pas beaucoup d’existence. C’est peut-être voulu, également, tant l’enseignement est mis en scène autour de récitations automatiques, et non de compréhension, dans un élan collectif et non individuel. Tout le contraire de Pour que respire le désert, en somme.

Ce groupe d’élève qui fait corps face à l’adversité est considéré par les extraterrestres comme un tout. Ceux-ci cherchent à créer une « zone d’exclusion » en détruisant des étoiles afin d’empêcher les adversaires de s’en servir dans leurs déplacements. Mais avant, ils cherchent à identifier des civilisations avancées et à évaluer leurs avancées afin de les épargner dans ce vaste chantier cosmique. Et bien entendu, leur sonde aléatoire les met en contact avec les enfants dont les connaissances apprises par cœur (mais comprises ?) sauvent notre petite et modeste planète.

Le récit, hymne à la mission des professeurs, joue également sur l’absurde : ce n’est qu’après avoir identifié le degré de connaissance des enfants que les extraterrestres découvrent que l’humanité a construit des villes, maîtrisé l’atome ou marché sur la Lune. C’est donc les connaissances peu maîtrisées des plus modestes qui valident l’existence de la planète. Étrange morale où le collectif est mis en avant, sans que la personnalité des gamins soit creusée.

Le dessin est spectaculaire, les grandes cases et les images dépliantes font leur office, mais il manque clairement quelque chose, peut-être justement un peu d’humanité.

Jim